‹ Contribution à l'Étude du Traitement de l'Encéphalite Épidémique par le Salicylate de SoudeChapitre 10 sur 27 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

(Carnot et Blamoutier, Paris-Médical, 24 février 1923.)

B..., 16 ans, employé aux autobus, entre à l'hôpital Beaujon, le 25 janvier 1923, pour somnolence et asthénie.

Vers la mi-décembre, ce garçon, plein de santé jusque-là, devient apathique, s'endort au cours de son travail. Le 22 décembre. il présente une légère parésie du bras droit. Vers la mi-janvier, il a des vertiges, se plaint de céphalée ; le 21, on note du ptosis gauche, le malade voit trouble, il ne peut plus lire son journal; la faiblesse, la somnolence s’accentuent. C’est dans ces conditions qu'il est amené à l'hôpital.

Le 26 janvier, il présente un aspect classique de mésocéphalite léthargique. Couché dans le décubitus dorsal, il reste indifférent à tout ce qui l'entoure ; réveillé, il ne répond que par monosyllabes aux questions qu'on lui pose, puis se rendort. Il est apathique, prostré, le masque entièrement figé. On constate un ptosis double, une parésie de la convergence des"globes oculaires, une paralysie de l’accommodation : le malade ne reconnaît même pas les gros caractères d'imprimerie. Les pupilles égales, en mydriase, réagissent bien à la iumière.

Au niveau du grand pectoral gauche, on remarque des fibrillations incessantes. Dans les tiers internes des troisièmes espaces intercostaux, près du sternum, les muscles intercostaux paraissent paralysés et sont profilés par une

sorte d'expansion thoracique localisée. La température est

de 38 degrés.

DO

Ponction lombaire : albumine : o gr. 35. Cytologie : 5,6 lymphocytes ; glycose : 1 gr. or. Liquide clair, hypertendu.

Nous pratiquons chez lui dés injections intraveineuses quotidiennes de salicylate de soude : du 6 janvier au 3 février il en reçoit 50 grammes (solution à 50 0/0 d’abord puis à 10 o/0o).

L'emploi des solutions concentrées a provoqué chez ce malade les mêmes réactions sclérosantes que chez Je premier ; plusieurs veines se transformèrent en cordons rigides et nous eûmes quelques difficultés à pratiquer des dernières injections.

Mais l'effet thérapeutique fut remarquable. Dès lors le 28 janvier, la température tomba à 370 2, le malade se réveilla, reconnut son entourage. Le 29, il demandait à manger, les fibriilations musculaires disparaissaient. Le 30, il pouvait lire les grosses lettres d'un journal. Le 31, plus de ptosis, le facies est entièrement modifié, le malade nous sourit et s'éveille, il veut même se lever..Le 2 février, nous le trouvons debout : il s'était habillé seul et lisait aisément les plus petits caractères d'imprimerie de son journal. Dès ce jour, plus de vertiges, disparition de la céphaîée ; surtout, fait intéressant, crise urinaire manifeste.: la quantité quotidienne des urines monta de un litre à trois litres et s'y maintint jusqu’au 6,

Du 4 au 8, le malade prend chaque jour 6 grammes de salcylate per os. )

IL sort le 8 février en excellent état, n'ayant plus du tout le facies parkinsonien du début ; il accuse un bien-être, une

joie de vivre, tel un individu relevant d’une pyrexie grave

et prolongée.

: Nous l'avons revu, depuis, en très bon état, très éveillé et reconnaissant. Néanmoins, mis en défiance par la rechute de notre premier cas, nous nous proposons de continuer de temps entemps les injections intraveineuses de salicylate, en raison de la rapidité avec laquelle ce sel disparaît de l’organisme.

En résumé, mésocéphalite avec somnolence et paralysies oculaires, guérie très brusquement à la suite d’injections intraveineuses de salicylate de soude (5o grammes). À sa sortie de l'hôpital, douze jours après son arrivée, ce jeune

bomme ne présente plus aucun symptôme morbide, d

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