‹ Contribution à l'Étude du Traitement de l'Épididymite BlennorrhagiqueChapitre 24 sur 31 · HU ER · texte numérisé non relu

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croyons pas qu'elle puisse expliquer à elle seule la cessation des douleurs.

Nous croyons bien plutôt que le stypage agit en irritant les extrémités nerveuses des nerfs cutanés (Debove). Cette irritation aurait pour résultat la disparition de la douleur profonde par inhibition, phénomène dont le mécanisme est encore mystérieux, mais dont on retrouve nombre d'exemples en physiologie et qui, pour Claude Bernard, résulterait d'actionsnerveuses plus ou moins semblables à celles que présenté la lumière dans le phénomène desinterférences.

Il nous reste maintenant à étudier par quel mécanisme agit le stypage en hâtant la résolution des phénomènes inflammatoires. Nous pensons que son action est double. Tout d'abord, il agit comme révulsif. En déterminant un afflux de sang dans les capillaires cutanés et sous-cutanés, il décongestionne les vaisseaux profonds. Cette ischémie des parties profondes pourrait se produire également par un autre mécanisme bien mis ep lumière par François Franck. Cet auteur a montré que les excitations cutanées influençaient l'appareil circulatoire dans deux sens différents, les vaisseaux profonds se resserrent, les vaisseaux superficiels 8e dilatent, cette double action se produirait grâce à un reflexe sur les centres vaso-moteurs.

Si le stypage, par l’action révulsive qu'il exerce a une influence incontestable sur la résolution du processus inflammatoire de l'épididymite blennorrhagique, nous pensons qu'il agit aussi par un autre mécanisme sur lequel les auteurs ont jusqu'à présent peu insisté.

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Nous voulons parler de son action sur la contraction des fibres musculaires lisses du sac dartoïque et peutêtre aussi du crémaster. Sous l'influence du froid, en effet, le dartos se contracte facilement et c'est un fait d'expérience vulgaire que les bourses deviennent alors plus fermes et diminuent considérablement de volume. Lorsqu'on pratique le stypage, il se passè quelque chose d'’identique. On voit toute la partie touchée avec le pinceau se rétracter sous les yeux; les rides apparaissent, preuve évidente d’une contraction énergique des fibres musculaires lisses du dartos ; les téguments s'appliquent étroitement sur le testicule dont ils prennent la forme. Dans nombre de cas, cette rétraction du scrotum était telle du côté malade que le côté sain, qui restait non modifié, apparaissait à un œ1} non prévenu, comme étant le siège du processus pathologique. Nous avons cherché à savoir quelle était la durée de ce phénomène, Nous l'avons trouvée très variable, suivant les malades. Dans quelques cas, le scrotum reprenait son volume normal après une demi-heure ou une heure. Dans d’autres cas, la rétraction persistait jusqu'à deux heures. Dans deux cas, nous avons noté une durée beaucoup plus grande, puisque 24 heures après le phénomène était encore très apparent. Les bourses du côté malade, bien que l'orchite fut à gauche, descendaient moins bas que du côté sain ; de plus, du côté malade, on observait des rides, alors que du côté opposé la peau était absolument lisse. Nous attribuons une grande importance à cette rétraction du scrotum. Elle agirait en produisant sur

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l'épididyme, le testicule et la vaginale enflammée une compression modérée, mais très efficace, car elle agit sur toute leur suriace. Nous voyons là une action véritablement spécifique du stypage, et nous lui attribuons plus encore qu’à l'effet révulsifconcomitantuneinfluence heureuse sur la résolution des phénomènes inflammatoires.

Nous n'avons pas, jusqu'à présent, distingué le chlorure de méthyle et le chlorure d'éthyle au point de vue de leur action physiologique. C'est que nous croyons que celle-ci est sensiblement la même.

Bien que le froid développé par l'évaporation du chlorure de méthyle soit bien moindre que celui produit par le chlorure d’éthyle dans les mêmes conditions, nous n'avons noté aucune différence bien sensible dans les résultats obtenus avec l'un et l'autre corps. D'ailleurs, nous pensons que le froid agit d’une façon toujours identique, qu'il s'agisse du stypage au chlorure de méthyle ou &éthyle, ou des applications de glace, méthode dont nous aurons à parler dans le chapitre suivant, en comparant le stypage aux divers traitements qui ont été proposés pour l'épididymite blennorrhagique.

COMPARAISON DU STYPAGE

Le traitement de l'épididymite blennorrhagique a de tout temps préoccupé beaucoup les médecins et les chirurgiens, ainsi sont nées d'innombrables méthodes que nous nous garderons bien de discuter toutes ici.

Nous nous bornerons à rappeler que certains auteurs disent avoir obtenu d'excellents résultats du salicylate de soude donné à l'intérieur à la dose de deux à six grammes. Cette méthode préconisée par Henderson a donné des succès entre les mains de M. Chauffard Les courants continus (Lorain) auraient fait merveille dans les dix cas publiés par Lorain dans sa thèse, tout signe d'inflammation aurait disparu le quatrième jour. Nous ne pouvons discuter ces faits n'ayant pas été à même de les observer mais nous doutons fort que cette méthode se répande beaucoup dans la pratique.

Nous ne citerons que pour mémoire de nombreuses méthodes tombées aujourd’hui à juste titre dans l’oubli : Les badigeonnages de teinture d'iode sur les bourses; les applications de chloroforme (Bouisson) ou de nitrate d'argent, les pommades à l'iodure de potassium où à l'iodure de plomb. Les pulvérisations phéniquées méritent plus qu'une mention. Elles agissent à la fois comme antiseptique, analgésique .et résolutif (Fhiéry). Mais en dehors de l'hôpital leur emploi est peu pratique. Le traitement chirurgical de lépididymite blennoragique est aujourd'hui condamné, qu'il s'agisse des ponctions de Ia vaginale proposées par Velpeau, ou des mouchetures de l'albuginée imaginées par Vidal de Cassis. Ces deux procédés étaient destinés a diminuer la douleur en s’opposant à la compression du testicule par l'albuginée ou l’épanchement intravaginal. Les mouchetures et les ponctions exposent à l’inoculation de produits septiques, avec toutes leurs conséquences, si les précautions antiseptiques les plus minutieuses n'ont pas été prises. On a signalé mème la fonte purulente du testicule ainsi que Demarquay en a : observé deux cas.

Les seules méthodes que nous puissions à l'heure actuelle mettre en parallèle avec le stypage sont : La méthode dite antiphlogistique, les applications de glace sur les bourses, les badigeonnages de gaiacol enfin la compression ouatée.

Méthode antiphlogistique. — Elle cst encore à l'heure actuelle très employée. Elle asurvécu aux théories qui

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