‹ Contribution à l'Étude du Traitement de l'Exstrophie vésicaleChapitre 14 sur 16 · OBSERVATION PERSONNELLE · texte numérisé non relu

OBSERVATION PERSONNELLE

Due à l’obligeance de M. le D' D. Augier,chef de Clinique chirurgicale à la Faculté libre de Lille.)

Louis C..., âgé dedix-sept mois, est porteur d’une exstrophie

vésicale typique. .La surface vésicale exstrophiée est tomen-

. feuse, presque fongueuse. Au-dessous de la vessie on note la

présence d'un épispadias complet. Il existe un écartement assez considérable du pubis et une double hernie inguinale très volumineuse.

Les urines recueillies sont normales. L'enfant admirablement soigné a un excellent état général : aucune trace d'irritation ou d’excoriation cutanée autour de la vessie exstrophiée.

Sur les instances répétées des parents on se décide à tenter la cure de l’exstrophie vésicale. Celle-ci est précédée d’une double eure radicale des deux hernies inguinales qui est pratiquée le £1 février 1910 sans le moindre incident : guérison sans complications.

11 mars. — On tente la cure de l’exstrophie vésicale par le procédé de Buchanan. L'opération est faite par le D' D. Augier, chef de clinique chirurgicale. Les soins pré-opératoires ont été minutieux ; l'enfant a été constipé.

L'enfant ayant été endormi au chloroforme, on applique sur la surface vésicale des tampons imbibés d’une solution d’adré-

naline très faible.

Le cathétérisme des deux uretères est fait sans difficulté. On circonscrit alors les deux orifices urétéraux par une incision circulaire d'environ 3 centimètres, qui délimite autour de chacun d’eux une collerette de muqueuse. Saisissant ensuite les bords de cette collerette à l’aide d’une pince à griffes, on dis- Jar au bistouri el: aux ciseaux, à petits Coups, Juretère, d'abord dans la paroi, vésicale, “puis -dans. ke tissu cellulaire rétro-vésical, jusqu’à ce quon aperçoive le cul-de-sac péritonéal. Cette dissection est un peu laborieuse à cause du suintement sanguin, de la récessité de ne pas dénuder luretère | trop complètement de sa gaine celluleuse. L'uretère est ainsi isolé sur une longueur de 3 à 4 ‘centimètres de chaque - côté} Après isolement des deux’ uretères, on réunit les deux incisions eirculaires par une incisiôn transversalé de la paroi vésicale, où met ainsi à découvert tout le tissu cellulaire rétro-vésical et of refoule avec le doigt, aussi haut que possible, le cul-de-sac péritonéal. Une pince introduite dans le rectum fait bomber l&: paroi antérieure qui est incisée sur cette pince sur une étendue de 1 6m. r}2 environ. Dans les mors de la pince qui fait hernie travers l'orifice, on engage l'extrémité d'un des urétèrés) débarrassé de la sonde, et on attire ainsi doucement l’uretëré jusqu'à l’orifice anal. : À l’aide d’une seconde pince, ‘on fait dé même pour l'autre uretère, en prenant toutes les précautions pour qu'aucun des deux conduits: ne soit tordu ou coudé,

,* On fixe les deux ureières au niveau de l'anus par quelques points de catgut qui ‘unissent les bords de la collerette mu? queuse à la muqueuse anale. L'opération a duré environ une demie-heure.

Pendant les‘quelques heures qui suivent lopération rien &

signaler. Trois à quatre heures après, il y à émission, per

cou Ven l'anus, d’urines qui souillent le linge et sont reconnaissables à leur odeur caractéristique. Cependant l'enfant manifeste une agitation de mauvais augure.

Toute la nuit l'enfant est agité, il a eu à plusieurs reprises des débâcles de matières fécales mélangées d'urine, Il n’y pas de vomissements ni de fièvre, mais une agitation considérable ; le pouls est petit. L'état général de l'enfant s'aggrave dans la journée, surtout en ce qui concerne les phénomènes d’excitation. Il y a cependant dans la journée plusieurs fois encore émission de matières fécales et d’urine. L'enfant meurt dans la nuit, quarante heures ‘environ après l'intervention, sans REA présenté d’autres phénomènes qu'une agitation considérable et uue température élevée dans les dernières heures. Nous ne pouvons attribuer la mort qu’à des phénomènes d'intoxication urémique suraiguë.

L'autopsie, comme nous l’avons dit plus haut, n’a démontré aucune lésion organique pouvant expliquer la mort. Les deux uretères abouchés dans le rectum ne présentaient aucune lésion de leurs parois et n'étaient pas comprimés en apparence au niveau de la boutonnière rectale.

Les reins étaient sains.

Page 1