‹ Contribution à l'étude du traitement de l'infection puerperaleChapitre 10 sur 21 · DEN · texte numérisé non relu

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ration est un tonique parce qu'elle active le renouvellement de l'air dans les vésicules, parce qu'elle augmente l'oxygénation du sang (Quinquand) ; elle est un diurétique pouvant élever la quantité de l'urine jusqu'à trois ou quatre litres en 24 heures.

Les résultats obtenus par le professeur Vincent ont été magnifiques. puisque sur 28 observations de femmes traitées suivant sa méthode de réfrigération, il n'accuse qu'un seul cas de mortalité. Et cependant il a appliqué la balnéation aux cas les plus divers et les plus graves d'infection puerpérale. C’est ainsi qu'il cite deux cas de phlegmons des ligaments larges, qui tous deux à la suite des bains se sont terminés par résolution, ce que nous considérons comme l'eftet d'un heureux hasard qui servit M. le professeur Vincent.

Nous partageons les conclusions de ce chirurgien en faisant les restrictions suivantes.

Il est préférable de ne pas attendre que la malade ait 40° de température pour appliquer les bains froids. La réfrigération ici comme dans la fièvre typhoide est utile dès le début de l'affection : elle a beaucoup plus de chances de réussir avant que tout l'organisme soit gravement infecté;

2° ]l est inutile de perdre un temps très précieux à employer l'alcool et la quinine qui ne peuventêtre que dangereux.

30 Grâce aux progrès de la chirurgie, il est indiqué dans la plupart des cas de phlegmons des ligaments larges ou d'autres collections purulentes d'intervenir directement.

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Lors de l'épidémie de la Maternité de Lyon en 1884. Le traitement par les bains froids fut établi systématiquement pour tous les cas. La statistique de Vincent est si belle, qu'ilest difficile de savoir quelles sont les formes d'infection puerpérale qui se sont montrées le plus sensibles à cette médication. Ce chirurgien aconclu seulement que la péritonite généralisée ne retire aucun avantage de l'emploi des bains froids.

C'est aussi l'opinion de Brehier (6), qui dans sa thèse inaugurale en 1890, cite un certain nombre de cas d'infection puerpérale traités par la balneation. L'auteur ajoute que le froid donne les meilleurs résultats dans l'infection généralisée. Il constitue alors avec le sérum artificiel le traitement unique de l'affection. Dans les infections localisées, c'est un bon adjuvant des irrigations et du curettage qui prennent alors la première place.

Nous croyons aussi que la réfrigération est surtout indiquée dans cette forme de maladie post-puerpérale ou l’état général est très grave, la température très élevée, les symptômes nerveux prédominants et où le curettage ramène peu où même pas du tout de débris placentaires.

Dans ces cas, Pinard est d'avis de pratiquer le curettage, alors même que l'instrument ne fait rien sortir de la cavité utérine. Il est certain que l'utérus étant le point de départ de l'infection, il semble qu'il y ait avantage à agir localement. Mais il est possible aussi que dans ces formes graves d'infection puerpérale le processus soit si rapide qu'il ne détermine que des

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lésions très légères de la muqueuse utérine et envahisse au contraire avec violence l'état général. L'infection se comporte alors comme les septicémies chirurgicales qui peuvent éclater, où demeurer longtemps très graves, après l'opération qui supprime radicalement la cause de tous les phénomènes. Nous avons vu dansle service du docteur Sorel un homme, qui avait subi l'amputation du bras'à la suite d’un traumatisme, présenter pendant plusieurs jours du délire, une température de 40°, un état général très mauvais : cependant la plaie opératoire était très belle et la réunion se fit par première intention. Ce malade fut traité par le froid et alors que toute médication était impuissante à calmer son délire et à faire baisser la température, les lotions froides produisirent un effet excellent.

Nous relatons ici l'observation d’une femme qui entra dans le service du docteur Sorel pour des phénomènes très graÿes d'infection puerpérale. Toutes les médications essayées le furent sans résultat : le drap mouillé amena une guérison sur laquelle on n'osait plus compter.

OBSERVATION VII personnelle. — (Due à l'obligeance du Dr Sorel).

Accouchement. Résultals nuls des divers traitements. Drap mouillé. Guérison.

Mie H... Marie, quai de Saône, 25 ans, primipare, entre à l'hôpital Pasteur, au pavillon D, service de M. le docteur Sorel, le 24 septembre 1900.

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Cette femme qui a accouché le mardi 18 septembre, entre dans le service dans un état absolument comateux et ne peut donner aucun renseignement Elle a eu paraît il de la fièvre la veille et l’avant-veille. On lui fait une injection de sérum de Marmorek deo,10 cc. et 500 gr. de sérum artificiel.

M. le docteur Sorel appelé auprès de la malade, pratique un curettage qui ramène peu de débris placentaires. Le pourtour du col est excorié et on constate une déchirure de la fourchette de la vulve.

Nouvelle injection de sérum de Marmorek, et nouvelle injection de sérum de Hayem. Température 40°2.

Le soir, la malade commence à délirer. Piqûre de morphine. Le délire s'accentue jusqu’à 2 heures du matin, 25 sep-

tembre, la malade chante sans interruption.

Le 25 septembre. — Injection intra-utérine, injection de

sérum de Hayem $00 gr.

Le 26.— Injectionintra-utérine, injection de sérum dejHayem 500 gr, comme la veille. Température 41°; à 8 heures du matin. On renouvelle l'injection intra-utérine après avoir administré une injection vaginale. A $ heures de l'après-midi, on fait une application de drap mouillé pendant cinq minutes. A 7 beures, on fait une seconde application d'une durée semblable. Chaque fois la défervescence se produit. À $ heures, température 41° avant le drap mouillé, 409 après ; à 7 heures, température de 40°2 avant le drap mouillé, 3908 après. Le pouls est resté à 115; il est plutôt vibrant. Rien au cœur sauf une diminution notable du second bruit. A 10 heures du soir, la

température est de 3908. L'état mental est meilleur.

Le 27.— Le matin, température 396. On fait une application de drap mouillé après laquelle température 38°3. Le pouls est

moins fort. On continue le drap mouillé tous les quatre heures.

Après Chaque application, la température qui avait atteint 39° se maintient aux environs de 38e. La langue reste très sèche.

Le 28. — Le matin avant le drap mouillé,la température est de 39°8, après, de 39°%6. Les lotions au drap mouillé sont cor-

tinuées. La langue est plus humide.

Le 20. — La température se maintient autour de 38°, on arrête le drap mouillé. L'état général est satisfaisant.

Le 30.— Température 38° le matin, 40°2 le soir.On fait une application de drap mouillé qui fait baisser la température de 1 degré.

Le 1°" octobre.—- Le matin, température 3808, le soir 38,4. A partir de ce soir, la température baisse pourse maintenir aux environs de 37° et le 10 octobre,la malade sort complètement

guérie.

Comme on le voit, ce fut le drap mouillé qui fut employé au lieu de la balnéation préconisée par Vincént. Brehier juge ce procédé bien inférieur au bain froid. IlIrecommande toutefois le drap mouillé dans les formes moins #raves et dit de le répéter au moins pendant une demi-heure toutes les deux heures. Dans l'observation que nous avons présentée le bain froid fut au contraire écarté à cause du mauvais état général de la malade, et le drap mouillé ne fut pas pratiqué aussi fréquemment que le recommande Brehier. En présence des faits rapportés par Vincent et malgré le bon ré-

sultat obtenu par le simple enveloppement, nous n'hé- B. 3

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siterions pas en présence de phénomènes très graves à pratiquer la balnéation. Schroëder (40), dans son Manuel d'accouchements, préconise les bains froids, mais reconnait que l'on peut obtenir de tres bons effets de la réfrigération par les draps mouillés. La technique que nous avons vue employer est aussi celle qu'il recommande. Il faut avoir deux lits côte à côte, de façon à pouvoir transporter la malade de l'un dans l'autre. Cet auteur pense même que dans les cas très graves où il semblerait dangereux de mobiliser le sujet, on peut se contenter d'appliquer le froid sur un des côtés du tronc.

Schroëder vante beaucoup les résultats de ce traitement. Il reconnait que les oscillations de la température ne sont pas toujours les mêmes. « Si la température était dans sa période ascendante, on n'obtient en général qu'un abaissement passager. L'élévation de la température qui a été interrompue pendant quelque

temps reparait souvent rapidement, après où pendant

un frisson. Mais même dans ce cas on ne peut méconnaître que l'application du froid a une influence sur la marche de la fièvre. Dans les jours suivants celle-ci ne s'élève pas plus haut, devient plus fortement rémittente ou intermittente. La fréquence du pouls diminue aussi d'une façon constante, même lorsqu'on n'a fait qu’une seule application de froid. Mais ce qui prouve le plus nettement que l'emploi du froid est rationnel, c'est la modification de l'état général. La malade qui auparavant était abattue et dont l'intelligence était completement prise revient à elle, peut-être pour la première

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fois depuis plusieurs jours, et manifeste, pendant cette suppression énergique de la chaleur, les signes les plus évidents d’un état de bien-être. Dans d’autres cas, lorsque le sensorium est libre, l’état subjectif s’améliore, les douleurs de tête disparaissent, la soif ardente cesse, et l'angoisse et l'oppression font place à une sensation de bien-être. »

Malgré cet éloge pompeux, malgré les succès obtenus par Vincent, le traitement par le froid nous parait avoir été employé bien rarement par les accoucheurs et les chirurgiens, Dans une discussion à la Societé de chirurgie, de 1901 (séance du 6 mars) sur le traitement de l'infection puerpérale par l'hystérectomie, Quenu (37) dit avoir retiré de très bons eflets de l'emploi des bains froids, appliqués pour la première fois dans son service, par M. Macé, son interne. La tentative que nous avons vu faire dans le service du docteur Sorel par l'interne, M. Le Nouène, a été couronnée d'un plein succès, et nous n'oublierons pas les transformations accomplies sous nos yeux en quelques heures chez cette malade si profondément atteinte.

Le sérum artificiel est beaucoup plus employé dans les maternités et les salles de chirurgie contre les formes graves d'infection puerpérale. Ce moyen thérapeutique a rendu de si grands services dans tous Îles cas qui nécessitent une grande défense de l'organisme qu'il semble tout naturel de le mettre à contribution dans les septicémies post-partum.

Dans son livre Sérothéraphie, le professeur Lan-

douzy (26) nous dit le but des injections du sérum en général :

« Pour les cas de collapsus hémorragique, nous nous proposons par un appoint quantitatif de sérum, de remplir l'appareil circulatoire, dont le contenu répond pour une part du tissu vasculaire, lequel ne saurait ni fonctionner, ni produire la vis a tergo sil n'avait à brasser une certaine quantité de chair coulante. »

Quelques malades arrivent à l'hôpital dans un état d'adynamie très prononcée. Chez celles-là le sérum est utile pour rétablir la pression sanguine. Il est surtout indiqué quand la pression tombe subitement du fait d'une hémorragie. Dans ce cas, le sérum est d’autant plus utile que les bains froids pourraient être dangereux. Le sérum au contraire, en même temps qu'il rétablit l'état de la circulation, est peut-être, comme tendent à l’admettre les études modernes, un précieux moyen de prévenir l'hémorragie par ses propriétés de coagulation. Nous avons vu dans l'observation II l’état général de la malade se relever progressivement, à la suite de plusieurs injections de sérum artificiel. Chez cette femme tuberculeuse présentant déja de grandes ascensions thermiques avant son accouchement, ayant eu une hémorragie abondante avec état syncopal, nous croyons que le sérum a contribué dans une grande mesure à donner à l'organisme le stimulant nécessaire pour se relever. Dans la septicémie puerpérale, comme dans tous les états graves, s'accompagnant d'adynamie générale, le sérum exerce

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une action heureuse contre la dépletion vasculaire et la dépression nerveuse.

Les injections de caféine et d'éther agissent de la même façon; ce sont de précieux adjuvants du sérum qu'elles ne remplacent pas, car leur action est plus éphémère et peut être dangereuse, si elle est souvent répétée. Le sérum, au contraire, ne saurait être nocif: Hayem, Dastre et Loye, enseignent qu'il est permis d'injecter sans inconvénient des doses égales au quinzième ou au vingtième du poids du corps des animaux.

Le sérum a de plus une influence favorable sur le processus infectieux lui-même. « Pour les cas de vices humoraux, nous nous proposons de jeter chez le malade assez d'eau pour que celle-ci (charriée au taux d'une pression nouvelie remis en tension des systèmes vasculaires et nerveux) circulant autour de chacun des organites, y apporte le stimulus nécessaire à leur activité fonctionnelle, autant qu'il rétablit un va-etvient indispensable à leur dépuration. » (Landouzy). Dans la septicémie puerpérale comme dans toutes les infections, le sérum agit comme diurétique et, diluant les toxines dans une masse liquide plus considérable, il diminue leur virulence en même temps qu'il rend plus rapide leur élimination. Son emploi est indiqué particulièrement dans les cas d'infection puerpérale grave, lorsqu'il faut à la fois soutenir la malade et lutter par tous les moyens contre le poison microbien : c'est un adjuvant précieux du bain froid.

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