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Quelques chirurgiens ont préconisé alors un second curettage. On trouve en 1898 une observation de Fieux (19) qui n’a pas hésité à introduire trois fois la curette dans la cavité utérine. Les deux premières fois l'instrument ramena des débris placentaires, la troisième fois des débris blanchâtres d'apparence sphacélée. La température après une chute de quelques dixièmes de degrés remontait subitement à la suite: de la troisième intervention elle resta à la normale. L'auteur conclut que l'ascension de la température est le témoignage certain d’une désinfection insuffisante et qu'il ne faut pas hésiter à introduire la curette à nouveau. Pinard recommande de ne pas faire plus de deux curettages, et nous croyons que pratiquer plusieurs fois cette intervention, c'est s'exposer suivant le mot de Doléris à « gratter dernière l'ennemi la place où 1l a passé ».
Pinard et Wallich en 1896 (32) préconisent les 1rrigations continues après le curettage comme le seul mode d'action contre l'infection générale. À la clinique Baudelocque on emploie la solution de bi-iodure de mercure à 1/2.000 dédoublée par l'addition d'une égale quantité d’eau chaude, ce qui fait une solution à 1/4.000°. Tarnier se servait pour ces injections intra-utérines de permanganate de potasse en solution à i/2.000°. On a préconisé l'acide phénique, aujourd’hui abandonné de presque tous les chirurgiens et les accoucheurs, à cause des phénomènes d'intoxication qu'il détermine. Le sublimé à 1/5.000!° a été délaissé pour les mêmes raisons après avoir paru quelque temps le meilleur des anti-
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septiques. Nous avons lu dans la thèse de M. Audebert soutenue à Bordeaux en 1809, plusieurs observations où les lavages intra-utérins aux solutions de sublimé fortes (1/2.000°) n'ont produit aucun abaissement dela température après le curettage. Dans les observations suivantes, plusieurs injections ont été faites, très abondantes dans la cavité utérine. Celles qui ont été pratiquées avant le curettage n'ont produit aucun résultat, celles qui ont suivi l'intervention semblent avoir contribué à la défervescence.
OBSERVATION II personnelle. — (Due à l’obligeance de M. le D' Sorel).
Fausse couche de quatre mois. Curellage. Injeclions inirautérines. Guérison.
Mr* D... Augustine, 28 ans, domestique, habitant Le Havre rue Jacques Gruchet, entre le 17 août au pavillon C, à l’hôprtal Pasteur, où elle traitée pour tuberculose pulmonaire. Elle y reste cinq jours. Chaque soir, durant ce laps de temps, sa température approcha 40°.
Le 21 août, à 8 heures du soir, elle est prise soudain d'une hémorragie utérine. et expulse un fœtus de 4 mois environ. La plus légère traction sur le cordon le sépare, le placenta étant très adhérent. L'interne de service s'abstient dès lors de toute intervention, et le lendemain 22 août, cette femme est transférée en chirurgie.
Le pouls est à 140, la température de 35°2.
La délivrance artificielle est pratiquée après la dilatation B. Ed
ne
digitale du col, et la plus grande partie du placenta retirée,
Injection intra-utérine de six litres de sublimé à o gr. 25 pour 1.000.
500 gr. de sérum artificiel. Champagne.
Piqûre de caféine et piquüre d'éther.
Dans la journée, à différentes reprises, sérum artificiel Le soir, amélioration de l’état général,
Le 23 août. — Température 3904 le matin. Un curettage jugé nécessaire est alors pratiqué après dilatation du col. Celui-ci est excorié sur tout le pourtour de son orifice utérin. De nombreux débris placentaires sont ramenés. Lavage intrautérin et injection au chlorure de zinc. Un drain est placé dans l’utérus et de l’ouate est appliquée sur la vulve.
soo gr. de sérum artificiel. Champagne et injection de sublimé.
Le 24 août. — [Le matin, injection de sublimé La température est encore élevée, 30°. Ps
L'après-midi, injection intra-utérine.
La malade a de la congestion pulmonaire.
Le 25 août. — Injection intra-utérine, 500 gr. de sérum artificiel et injection de sérum de Marmorek,
Le 30 août. — Amélioration notable.
Le $ septembre, on enlève le drain.
Le 7 Septembre. — La malade repasse en médecine pour soi-
gner sa tuberculose.
Nous présentons deux autres observations dans lesquelles, après une defervescence manifestement due au curettage, la température est remontée et a cédé ensuite aux irrigations intra-uterines.
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OBSERVATION III Personnelle. (Due à l'obligeance du docteur Sorel.)
Avortement. Curetlage, Défervescence. Nouvelle ascension thermique. Injection intra-ulérine. Guérison.
La nommée Ernestine L., 25 ans, journalière, demeurant au Havre entre le 2 août 1898, à l'hôpital Pasteur, pavillon D dans le service de M. le docteur Sorel.
Elle a toujours été régulièrement réglée depuis l'âge de 17 ans et n’accuse aucune maladie antérieure.
Il y a deux ans, elle a accouché à 6 mois et demi d'un enfant mort. Les suites de couches ont été bonnes.
La malade a eu ses dernières règles du 26 avril au 3 mai.
Le 27 juillet à la suite d’un effort elle fit une perte très abondante, garda le lit durant deux jours, après quoi elle reprit ses occupations, le 29 l’hémorragie recommence pour ne plus disparaitre et le 2 août elle entre à l'hôpital sans avoir vu un médecin.
A son entrée, température 40°, pouls petit et rapide ; douleurs de ventre et pertes de sang par suintement. Au toucher on trouve le col ouvert, l'utérus un peu gros, mobile les annexes libres.
On pratique de grandes injections chaudes de sublimé.
Le $ août, on fait prendre à la malade un grand b.in et on lui donne un purgatif.
Le 6 août, on administre le chloroforme et on fait un currettage, après quoi un drain est laissé à demeure. À son réveil,
la malade se trouve bien. Le 6 au soir, la température tombe
Le 7 août à la mème heure, elle n’est plus que de 37,5.
Le 8 août, la température étant plus élevée on ordonne des injections intra-utérines que l’on renouvelle chaque jour.
Le 13 août, la température est encore à 390.
Le 1$ août, le drain est expulsé de l'utérus. Injections intrautérines au moyen de la sonde de Doléris.
Le 18 août, la température descend, on continue les injections intra-utérines.
Le 24, la malade n'a plus de température, son état général est bon, lavages intra-utérins avec la sonde de Doléris.
Le 26, la fièvre disparait complètement, température 36,3. Injections intra-utérines.
Le 29, la malade sort guérie après avoir pris sa dernière
njection intra-utérine.
OBSERVATION IV personnelle. — (Due à l'obligeance de M. le docteur Sorel.)
Fausse couche de troismois. Curetlage. Defervescence. Nouvelle ascension thermique. Injection intra-ulérine. Guérison.
Le 10 novembre 1897 à 4 heures de l’après-midi, on vient demander au docteur Sorel de se rendre auprès de madame P. 22 ans, qui fait une fausse couche de 3 mois environ. Le fœtus est bien expulsé, le cordon pend entre les jambes, mais le placenta reste dans l’utérus et aucune douleur ne se reproduit. À 7h. du soir l’utérus est inerte. La malade a perdu peu de sang.
Le docteur Sorel après ‘avoir fait désinfecter la vulve administre une injection vaginale de sublimé à 1 p. 2000.
mr]
Le 11, bon état, mais l'utérus reste inerte, température normale, deux fois dans la journée lavages vulvaires, et injections vaginales, de plus, lavement à la glycérine
Le 11 ausoir, la température monte, la malade a un frisson et le docteur constate la fétidité des lochies. Il propose alors le curettage ; la malade et son entourage refusant pour le soir même, l'opération est remise au lendemain matin.
Le 12, le curettage est pratiqué sans anesthésie. Injection intra utérine, lavage de l'utérus au chlorure de zinc, drain intra-utérin, mèche vaginale. Le soir, la température est tombée à Ja normale, mais la malade accuse de la céphalalgie.
Le 13, le matin, la température atteint 38°. Purgation, la mèche vaginale est retirée, et deux fois dans la journée on fait des lavages et injections. Le soir, température 38°.9.
Le 14, M. Sorel pratique le matin une injection intra-utérine, le soir on fait une injection vaginale, température 39°,2.
Le 1$, comme la veille, injection intra-utérine dans la matinée.
Le 16, la fièvre persiste le matin avec céphalalgie intense. Dans la journée la température commence à baisser. Le soir, température, 38°,2
Le 17, température normale, l'utérus est petit et rétracté, la malade a encore expulsé quelques caillots.
Le 18, même état.
Le 19, la malade a une hémorragie assez abondante.
Le 20, plus de pertes de sang, très bon état général. Le soir Le 27, du 20 au 27, température normale, très bon état.
Guérison
Dans l'observation Il, les injections intra-utérines ont été faites à une solution faible de sublimé ; dans l'observation III, le docteur Sorel a fait pratiquer les irrigations à l'eau stérilisée. D'après le résultat obtenu et suivant sa pratique générale, dans toutes les infections, ce chirurgien pense que les injections agissent seulement par action mécanique. Ceci peut expliquer comment elles n'abaissent la température que dans les infections légères ou à la suite d'un curettage, c'est-àdire dans les cas où la fièvre est due à de la rétention.
Dans le même but de drainage, nous avons vu dans le service du docteur Sorel, faire suivre tous les curettages de l'établissement du drain qui doit rester dans le col jusqu'a la disparition complète des symptômes d'infection.
Au point de. vue du procédé opératoire, nous trouvons simple et complet celui qui est exposé dans la thèse de Hamon. Nous croyons seulement contre l'avis de cet auteur, qu'il est préférable d'endormir la malade. L'anesthésie générale nous parait indiquée dans une opération qui nécessite une grande immobilité de l'opérée, et quant au reproche formulé par M. Pinard à la narcose, de produire des hémorragies plus abondantes, Il ne nous semble pas de nature à nous faire changer d'opinion d après les faits observés.
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