‹ Contribution à l'étude du traitement de la conjonctivite granuleuse: ScarificationsChapitre 10 sur 24 · PEN · texte numérisé non relu

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L'expression des granulations, ou traitement mécanique, a eu uninstant de vogue. Le but cherché est le même que celuidu brossage, mais pour l’obtenir, on se sert. de moyens mécaniques, à savoir les lamelles de caoutchouc, le « Roller forceps ». Nous ne parlerons pas du procédé grossier qui consiste à se servir de l’ongle. Delagory-Mocrievitch, (arch. opht. p. 569) fait usa ge d’un crayon en caoutchouc, ou de lamelles de même substance : cette opération, pour l'auteur, se fait très facilement en introduisant le crayon sous la paupière, en frottant avec ce crayon, en malaxant avec lés lamelles : elle serait très-bien supportée par la conjonctive. Knapp (arch. d’opht. p. 328, Société amér d'opht. 91) a fait construire des forceps pinces pour libérer la conjonctive de toute infiltration trachomateuse ; un peu plus tard 1l cherche le même but avec le « Roller forceps » ou forceps roulant. Cette opération ne peut se faire que sous anesthésie générale. Cette méthode par expression peut encore s'appeler par écrasement, comme l'ont fait certains médecins.

Nous allons décrire maintenant les opérations qui nécessitent un instrument tranchant ; la plus simple est certainement celle préconisée par Armaignac, qui en 1893, a conseillé le tatouage médicamenteux ; ce procédé consiste à tatouer profondément le tissu morbide au moyen d’un faisceau d’aiguilles, à laver ensuite soit avec du sublimé à 2 pour 0[00, soit avec du pétrole dans lequel sont incorporéesdiverses essences. (Soczété Médec. et de chirurg. de Bordeaux, 1893). Mariano conseille le « piquage », opération qui a pour but de piquer la granulation sans intéresser le cartilage tarse.

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Un peu plus chirurgicaux sont les procédés par excision et abrasion des granulations. Ce traitement est très ancien, et il est en usage depuis une époque fort reculée, mais comme il a été inspiré par les scarifications, nous nous réservons d'en parler au chapitre suivant. Néanmoins certains médecins, comme Peltz, Lagrange, ont fait de l’excision une méthode spéciale. Peltz (Fischer’s buchandlung, 1891) excisait les granulations, et en expulsait le contenu. Lagrange (Annales de la policir. de Bordeaux, 1893) emploie la petite curette de Volkmann à bords tranchants ; cette curette enlève l’extrémité saillante de toutes les granulations, et lorsque les conjonctives sont nivelées on utilise le dos, la surface convexe de la curette qui est pourvue de dents, un peu comme une lime. La forme convexe et le petit volume de cette lime permettent de la promener dans les culs de sac ; ce procédé encore appelé par son auteur « hersage » a pour but d’aller trouver les granulations jusque dans les culs de sac. Galezowski a préconisé une interventionencore plus radicale (Voukchevitch. Thèse, Paris, 1884) : il pratique l’abrasion superficielle des granulations au moyen de ciseaux courbes, et quand le cul de sac est envahi, il l’enlève. Cette excision du cul de sac conjonctival a même été vantée comme opération primordiale et radicale, « elle guérit les granulations les plus anciennes. » Pratiquée avec la pince à deux mors de Galezowski, ellese fait soit avec, soit sans incision préalable de la commissure externe des paupiéres, selon les procédés de Galezowski ou de Richet, Ottawa a même guéri un cas invétéré de trachome par la simple incision du cul de sac.

Enfin Lutens a proposé d'enlever une portion considérable de la conjonctive et le plus près possible des paupières. (Bull. Thérap. 1859). Et Hoppe prétend avoir obtenu des succès étonnants, dans la conjonctivite trachomateuse, par la résection de la conjonctive et du cartilage tarse (Soc. opht., Paris, 1898). Le remède est héroïque, on le voit, mais on nous dispensera de le discuter.

Citerons-nous à la fin de ce chapitre l’occlusion des paupières comme méthode de traitement des granulations. Mais en prêtant de l’attention aux observations de Forget. (Ann. Ocul. 1852), il semble que si ce moyen thérapeutique a eu du succès, ce fut surtout dans les cas de complications cornéennes. |

En tête de toutes ces diverses interventions, toutes plus ou moins plausibles, il faut placer les scarifications c’est l’opération la première en date, celle qui a été le plus souvent préconisée. Pour pouvoir plus facilement grouper les différents modes opératoires, en indiquer

- les ressemblances et les différences, nous en avons ré-

servé la description dans un chapitre spécial que nous allons traiter maintenant.

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