CHAPITRE IN
Simple exposé des divers traitements chirurgicaux préconisés dans la conjonctivite granuleuse
Le trachome doit être traité chirurgicalement, malgré le conseil de de Wecker et Landolt « tout traitement qui attaque directement les granulations est mauvais. » Aussibeaucoup de médecins interviennent-ils chirurgicalement. Dans ce chapitre, nous ne décrirons ni les scarifications, ni les opérations dont les scarifications sont le premier temps, nous réservant de les grouper dans le chapitre suivant. Mais même en laissant de côté les scarifications, nous allons voir combien d’opérations différentes ont été préconisées, toutes ou presques toutes ont pour but de traiter directement l'infiltration granuleuse ; quelques unes pensent obtenir des succès par la simple décongestion des conjonctives.
Fallot (Ann. Ocul., 1841) préconise la phlébotomie de la temporale ; Lelièvre (Thèse, Paris. 1869), indique la saignée à la partie externe de la commissure externe des paupières. Mais le moyen le plus simple est d'arriver à l’infiltration pour l’attaquer directement: le premier à indiquer est celui qui consiste à enlever l’épithélium : Manalescu eut ainsi l’idée du brossage des
conjonctives. Cette méthode, très employée après avoir scarifié les granulations, comme nous le verrons plus loin, a été pourtant, et est encore le seul temps d’une opération . Le brossage, dans ce cas, se fait soit avec une brosse à dents trés dure, soit avec de la ouate trempée dans une solution antiseptique, soit encore avec un caustique , le sulfate de cuivre ordinairement. L’antiseptique, le plus employé est le sublimé soit à dose très forte, 1 gr pour 25 comme l’'emploie Kenneth Scott (du Caire) (Société d'opht. du Royaume Unr, 1891), soit à dose faible. o gr 50 pour 0100. Le P" Roilet, chirurgien des hôpitaux de Lyon, est enchanté du résultat que lui donne dans toute Ia thérapeutique oculaire, et en particulier dansles cas de trochome, le biiodure de mercure. Le brossage est une méthode aimée des oculistes lyonnais, il doit être assez vif pour vider les follicules (Von Hippel. Société d'opht. de Heidelberg, 1891), on peut en raprocher le massage, pratiqué par Ottawa. (Ann. Ocul., 1895), qui pour cette opération emploie une spatule d'ivoire arrondie ou un peu recourbée à une de ses extrémités. Kazaurow, Adelheim (Congr. des médecins russes, 1891), suivent la même méthode, Rohmer de Nancy (Revue médicale de l'Est, 1889) s’applaudit de l'intervention du docteur Costomirisconsistant à traiter les granulations conjonctivales, après cocaïnisation, par le saupoudrement de la muqueuse renversée avec une épaisse couche d’acide borique finement pulvérisé suivi d’un massage énergique avec la pulpe du pouce, de manière à faire pénétrer la poudre d'acide borique dans le tissu même des
granulations.