‹ Contribution à l'étude du traitement de la conjonctivite granuleuse: ScarificationsChapitre 14 sur 24 · MAGIE · texte numérisé non relu

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limité, et pour cela faut-il qu'il soit employé à haute dose, car à 1 00 à 2 ojo, il n’est qu'astringent. Dans la conjonctivite aiguë, granuleuse ou non, il est très recommandé et donne de beaux sucéès, mais dans le trachome chronique, il ne guérit pas. Quant au traitement de Wassilensko, nous n’en parlerons pas, mais si l’iodure d'argent se produisait dans ces conditions de réaction, 1l serait en tout cas encore moins caustique que le nitrate.

La cautérisation, soit avec le paquelin, soit avec le galvanocautère est une méthode à laquelle les malades doivent se soumettre difficilement. Outre les lésions fortuites que peut produire une main inexpérimentée, ce moyen thérapeutique doit toujours dépasser le but sans l’atteindre ; ce serait peut-être le procédé de choix, si l'on avait affaire à des granulations três limitées, mais sur une paupière entièrement infltrée, cette cautérisation amènerait sûrement du tissu cicatriciel rétractile avec tous ses accidents secondaires. De plus, pour intervenir, il faut penser aux susceptibilités des malades. L’électrolyse a donné de beaux résultats entre les mains de Molgat ; recueillons-les, sans les discuter. Peut-être pourrions-nous nous demander si cette décomposition de liquide organique peut donner un acide et une base bien caustiques ; en tout cas, ce n’est pas un traitement à la portée de tous les médecins.

Nous ne voulons pas faire le procès de la méthode dite substitutive. L'inoculation du pus blennorhagique a peut-être bien donné quelques résultats, mais a essuyé beaucoup de défaites et occasionné beaucoup de cécités. Le Jequirity, paraît-il, convient à certaines

HR Le formes de conjonctivites trachomateuses : Terson père, dernièrement relatait une observation où le malade fut entièrement guéri. (Ann. ocul. 1899), mais toutes les espérances fondées sur ce traitement ne semblent pas s'être réalisées.

Toutes ces méthodes dites médicales cherchent ou à calmer l’inflammation ou à en produire une nouvelle ; le sulfate de cuivre, le nitrate d'argent arrivent en effet à ce but. Seules, elles ne donnent aucun résultat bien positif, mais elles peuvent rendre des services associées au traitement chirurgical. C’est ainsi que le sulfate de cuivre et surtout le nitrate d’argent employés concurremment avec le brossage, le curettage, voire même les scarifications, produisent quelquefois de bons effets : l’épithélium enlevé, le caustique agit, et peut contribuer à la fin du traitement sanglant, à la guérison.

Nous avons reproché aux divers traitements médicaux, d’être insuffisants, longs et quelquefois douloureux ; les traitements chirurgicaux, au contraire, tombent dans l'excès opposé. Vouloir détruire rapidement les granulations, c’est fort bien mais cette destruction ne doit pas nuire au tissu sain, et ne doit laisser aucune déformation secondaire. Même en laissant de côté l'extérieur de ces interventions qui rebutent toujours le malade, nous allons voir qu'elles ne sont pas conformes aux règles que nous avons essayé d'établir au début de ce chapitre.

On peut confondre au point de vue thérapeutique, le brossage, l'expression, le massage : ces opérations ont le grand inconvénient de nécessiter, l’anesthésie complète qui effraie toujours le malade, lui crée des

obligations ennuyantes et quelquefois impossibles

séjour à l'hôpital, etc... De plus, elles provoquent une réaction très violente et très douloureuse : si le brossage est doux, les granulations ne sont pas détruites, s’il est violent, l’inflammation reçoit un coup de fouet et progresse. Il en est de même de l’opération de Knapp, et à toutes ces méthodes, on peut adresser le reproche que Bocchi adressait à l'expression par les

lamelles de caoutchouc : « L'opération détruit les”

grains du trachome qui cependant se reproduisent immédiatement. Cette opération agit en tant qu’elle produit' une inflammation réactionnelle et ensuite le tissu de cicatrice ; mais ce tissu reste la plupart du temps découvert sans revêtement épithélial, ce qui est une source continuelle de danger pour la cornée sans compter les déformations qu'il peut causer à la paupière même. » (Ann. ocul. 1896). Insistons d’une façontoute particulière sur l'irritation produite par ces interventions, irritation amenant une photophobie intense, un larmoiement intolérable, une grande douleur, tous symptômes qui rendent Îa vie très pénible. Il faut songer de plus aux déformations des paupières, trichiasis, entropion qui constituent un danger véritable.

Nous n'avons rien à dire du tatouage médicamenteux proposé par Armaignac, sinon qu'ni ne semble pas être un traitement partique, et qu'il est permis de douter des résultats.

Les interventions vraiment chirurgicales, comme l’excision, l’abrasion, le hersage des granulutions sem blent au premier abord être le traitement dechoix. Enlever le tissu morbide comme on enlève une tumeur, tel

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paraît être l'idéal. Mais que l’on se serve de curette, de ciseaux courbes, de cuillères tranchantes, ces opérations ne doivent pas être recommandées ; le tissu enlevé doit, en effet, être remplacé par du tissu cicatriciel rétractile qui donne inévitablement des déformations des paupières. D'ailleurs, très douloureuses, elles ne’doivent pas donner le soulagement immédiat que réclame si ardemment le malade en venant consulter le médecin. Nous sommes loin d’être opposés à l’excision des culsde-sac conjonctivaux quand ils sont parsemés de granulations, les scarifications ne pouvant les atteindre dans ces replis, mais nous ne comprenons guère l’action de cette excision comme cure radicale des granulations palpébrales généralisées.

Il n’est nul besoin, dans cette discussion succincte, de parler de la résection de la conjonctive et du cartilage tarse. On doit comprendre par les lésions produites les déformations secondaires amenées par cette méthode, qui d’ailleurs jouit d’un juste oubli.

Il nous reste à parler des effets des scarifications, telles qu’elles ont été faites. Ce traitement semble le meilleur, mais si les procédés anciens sont insuffisants, les modernes sont trop chirurgicaux : on a voulu en une seule séance, détruire le tissu granuleux avec un bistouri, une curette, mais on a oublié que la transformation des cellules fusiformes en tissu connectif demande à être faite lentement sous peine d’accidents secondaires.

, Hippocrate, avec son cautère en bois, Woolhouse avec son chardon à foulon, Borelli avec son scardasso obtenaient des succèscharlataniques. Mais ces procédés

par trop primitifs ne doivent pas nous arrêter : d’ailleurs ces médecins, et tous les anciens avec eux, n’employaient les scarifications que comme temps, prémonitoire aux cautérisations au sulfate de cuivre qu'ils faisaient ensuite. Or nous savons très bien aujourd’hui, et c’est Trousseau qui nous l’apprend, que sous peine d'escarres trop étendues, il ne faut jamais employer les caustiques après les scarifications.

Le procédé de Deval fut une véritable invention ; ses scarifications superficielles des granulations, pratiquées avec une lancette ou tout instrument bien tranchant étaient une innovation. Mais nous lui reprocherons, comme au procédé décrit par Lelièvre, ses scarifications perpendiculaires les unes aux autres comme pouvant donner des déformations palpébrales, nouspouvonsencore dire que ces auteurs négligent l’antisepsie, et que leurs incisions par trop superficielles ne doivent pas assez perturber le tissu même de la granulation pour en amener la transformation.

Sattler, Abadie ajoutent un deuxième temps aux scarifications : Sattler, le curettage, Abadie le brossage. Darier ajoute les deux. Mais ces médecins veulent faire de leurs scarifications une véritable opération chirurgicale ; ils veulent en une seule séance détruire tout le tissu granuleux ; ils anesthésient donc leurs malades ce qui, malgré l’innocuité, est un grand inconvénient et nécessite un apparat non nécessaire. De plus, nous ne comprenons guère le curettage de Sattler, de Truc, qui passent une petite curette, disent-ils, par l’incision de leurs scarifications, il faut que leurs incisions soient bien larges, bien profondes,ce qui doit nuire beaucoup

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