‹ Contribution à l'étude du traitement de la conjonctivite granuleuse: ScarificationsChapitre 8 sur 24 · BRU PRE · texte numérisé non relu

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Jusqu'ici nous n’avons vu que les traitements soit psychologiques, soit dirigés contre l'élément infectieux, il était tout naturel de penseraux agents modificateurs, astringents, révulsifs, caustiques, c’est ce que beaucoup de médecins ontfait. Nous allons essayerpour la commodité de l’exposition de décrire ces diverses méthodes en les classant, mais nous savons combien cette classification sera arbitraire, telle substances ayant à la foi plusieurs actions.

Les astringents eurent un moment beaucoup de faveur, et leur succès s'explique toujours par la confusion de l'interprétation du terme trachome. On a employé successivement l’alun, le tannin (Hairion 1851), l’acétate de plomb, la teinture d’iode, il faut parler aussi du nitrate d'argent à faible dose qui agit comme astringent. En 1838, Buys, rebuté du nitrate d'argent à cause de ses inconvénients eut recours à l'acétate de plomb : il se servait d’acétate de plomb neutre et réduit en poudre qu’il fixait à la conjonctive à l’aide d’une couche d'huile (Cunier, Gaz. méd., Paris, 1849). Cet attouchement, outre une douleur horrible -était presque toujours suivi de gonflement et d’œdème de la paupière. Fallot se servait d’un collyre à l’acétate de plomb chargé de teinture d’'opium. Galezowski (Voukchevitch, Zhése, Paris, 1884) emploie encore quelquefois cet agent dans les cas d’insuccès du nitrate d'argent, il se sert de la solution à 50 °/,. Mais depuis longtemps déjà on avait essayé cet agent médicamenteux associé au nitrate d'argent, et Guthrie en 1831, appelait « unguentum ophtalmicum magicum, une pommade composée de:

ARONTeMEULTE ra ne ren LÉSTOE Nitrate d’argent cristallisé.. ....: 6 à 10 grains. Sous-acétate de plomb... XV g.

Desmarres (Ann. ocul. et Gaz. Hopit., 1842), désirant obtenir seulement une action astringente employait le nitrate d'argent à la dose de o gr. 40 pour 10. Nesmanoff, en 1898, préconise des solutions iodées au titre de o pr. 3 à 3 gr. °. (Arch. opht. 1898),

D'autres médecins ont demandé à la révulsion la guérison du trachome : vésicatoire, nitrate d’argent à face externe des paupières, pulvérisation ont été tour à tour vantés. Demarquay et Cyr surtout ont préconisé la pulvérisation qu'ils faisaient avec des solutions de tannin, de nitrate d'argent, de sublimé. Tillot emploie les eaux de St-Cristan, avec un appareil Mathieu (A. ocul. 1866).

Tous ces traitements sont applicables à toutes les conjonctivites inflammatoires et doivent toujours faire merveille dans les cas de conjonctivites simples, catarrhales, phlycténulaires, etc. Mais ils ne sont pas suffisants dans les cas de granulations : les médecins l'ont bien compris, aussi ont-ils demandé aux caustiques une méthode thérapeutique rationnelle. Aujourd’hui, la plupart des oculistes commencent à traiter le trachome par les cautérisations au sulfate de cuivre, au nitrate d'argent. Hippocrateemployait laflueur decuivre, dont il faisait une « onction » après avoir scarifié les paupières. Le sulfate de cuivre s'emploie en cristal, en solution, en pommade. |

De Wecker, L:andolt, Panas, Trousseau et avec eux presque tous les oculistes lyonnais, se montrent parti-

Ro tente

sans de cet agent médicamenteux : ou ils font des attouchements légers, « ils promènent la pointe du cristal sur les plis hérissésdes granulations» (De Wecker) ou bien ils font sous anesthésie générale, un véritable brossage de la surface granulée. Trousseau emploie une solution glycérinée à 1 de sulfate de cuivre pour 15 de glycérine neutre (Press. méd., 1898). L'attouchement au sulfate de cuivre que Fuchs n’'emploie que dans les cas chroniques, a été préconisé beaucoup à l’époque de l’ophtalmie belge, où on l’employait alternativement avec le nitrate d'argent, car les médecins d'alors suivaient déjà les conseils de De Wecker, « varier» le traitement. Ces cautérisations devaient se renouveler dès que l’inflammation causée par la précédente était disparue. Il en était de même du nitrate d'argent : le nitrate d'argent employé par Græffe et Walther en 1826, fut le remède héroïque dont se sont servi presque tous les médecins militaires à l’époque de la contagion. La pommade, la solution, le crayon pur ou mélangé au nitrate acide de soude sont tour à tour employés : on a même essayé de faire agir l’iodure d'argent naissant. Grœæffe usait d’une pommade à $ gr. pour 15 (Gaz. Hop. 1842) Hairion (ann. ocul. 1840) se servait soit de la solu-

tion :

Nbre d'arpontr in Len re 40 grains PA AE Ne Ford arc 1 once

il préférait cette solution au crayon qui donne une .escharre plus profonde, une inflammation plus grande.

Desmarres employait le crayon de nitrate d'argent « dans le cas d'épaisses granulations, comme coup de fouet donné à l’inflammation ou plutôt à l’hypérémie passive », (Ann. ocul. 1842). Pour Galezowski, le nitrate d'argent est le seul agent à employer. Enfin, récemment Vassilenko (Arch. opht. 1898), a proposé de faire usage de l’iodure d’argent à l’état naissant ; voici brièvement son manuel opératoire : après avoir retourné la paupière, il y verse d’abord trois gouttes de la solution :

Iodure de potassium.......... | 6 gt

PAU AS DR nt aPRe ue (

(Givcénine.: sur anreemees 12 gr puis trois gouttes d’une seconde :

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GhiGenne er An ee At 12 gr.

Il mélange ces deux solutions surla muqueuse à l’aide d’un pinceau, et laisse agir une ou une demi-minute; de l'iodure d'argent se formerait ; il lave ensuite à l'eau boriquée.

A côté du sulfate de cuivre et du nitrate d'argent, dont nous discuterons la valeur dans un chapitre suivant d’autres médecins ont cherché dans la thermocautérisation (Mourruau, 7hèse, Paris 1887) dans la galvano-cautérisation (Burckart), dans l'application d'acide chromique monohydraté (Serres, société de chirurgie, Paris 1866, Darier, in Soulier) des moyens plus actifs et plus rapides. Enfin, nous rangerons dans : la classe des caustiques l’électrolyse. En effet, en décomposant les liquides organiques, l’électrolyse doit pro-

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duire un acide et une base qui agissent alors comme caustiques. Ce traitement préconisé par Molgat en 1806 (Ann. ocul.) a guéri, au dire de l’auteur douze mal::des en douze ou quinze séances : il se sert d’une machine de Gaiffe à courant continu ; le pôle positif est placé sur le bras, le pôle négatif communique avec une aiguille en acier que l’on applique pendant quelques secondes sur chaque granulation. Après chaque séance l’œil rougit, se congestionne, mais au bout d’un quart à une demi-heure tout rentre dans l’ordre.

Parlerons-nous à la fin des traitements médicaux, de la méthode qui a pour but de substituer à la conjonctivite granuleuse une autie conjonctivite plus intense, mais plus facile à guérir. Ce moyen thérapeutique dont l'idée est venue de la dermatologie semble si peu conforme aux règles qui doivent présider toute intervention médicale que nous ne l’indiquerons que pour tacher d'être complet. Mackensie a essayé d'inoculer aux conjonctivites granuleuses du pus blennorhagique, il provoquait ainsi une conjonctivite inflammatoire intense, il est permis de douter des résuitats que lui et ses imitateurs ont obtenus. Des médecins modernes effrayés par le danger que faisait courir au granuleux cette inoculation du gonocoque, ont demandé au jéquirity ou à ses principes la cause d’une ophtalmie qui guérirait, selon de Wecker, Chanzeix, Carette, le trachome et surtout le trachome avec pannus cornéen.

La diversité de ces traitements que nous n’avons pas la prétention d’avoir tous décrits, prouve bien que les traitements médicaux sont incapables à eux seuls de guérir le trachome, qu'il faut une intervention chirurgi-

HORDE cale. Dans un chapitresuivant, nousen dirons les raisons probables. Mais dans la description de ces interventions, nous allons voir combien sont nombreuses encore les divergences et combien ces opérations s'éloignent du but que l’on doit chercher. (1)

‘1° Nous apprenons au dernier moment qu'une thèse sur le traitement de l’ophtalmie granuleuse a été soutenue cette année par M. Istria, devant la Faculté de Montpellier. Il nous a été impossible d'en prendre conraissance,

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