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même du lait, que le malade refuse d'ailleurs. Il joue le rôle de lavage et facilite la désintoxication de la muqueuse gastrique en déblayant les résidus alimentaires.
Une eau minérale peu chargée, comme l'eau de Saint-Galmier ou même l'eau de Vichy, suffit pour favoriser la désintoxication des voies digestives du malade, et elle permet le repos complet de l'estomac pendant 24 ou 48 heures. Au bout de ce temps, l'appétit renait généralement et c'est alors que le lait remplit son rôle plus efficacement, en ménageant les fonctions rénales et digestives en même temps.
Je citerai encore le cas d’un collègue, étudiant en médecine, H. L., atteint de gastrite hypopeptique et de dilatation. L'abstention de tout aliment et l'ingestion d'eau minérale seule le soulage considérablement et il parvient ainsi à combattre son affection périodiquement.
Je dois dire quelques mots des autres traitements de la dyspepsie, qui réussissent quelquefois, mais dont l’action est bien incertaine et de beaucoup inférieure au traitement systématique par un régime.
L'acide chlorhydrique a été tout naturellement préconisé dans l’hypochlorhydrie, l'anachlorhydrie, dans l’atonie et dans la dilatation gastrique.
Il agit comme antiseptique dans les fermentations anormales de l'estomac. Son but est surtout de remédier au défaut de secrétion chlorhydrique des glandes atrophiées de la muqueuse. Pour avoir le plus de chances d'obtenir ce dernier résultat il est préférable de le prendre en solution très diluée (2 p. 100 d’eau) pendant ou après le repas (Lemoine.)
La pepsine (ferment soluble retiré de l'estomac du porc où du mouton) qui a la propriété de transformer les matières albuminoïdes en peptone. en présence de l'acide chlorhydrique.
Elle est prescrite le plus souvent dans l'hypopepsie et l’hypochlorhydrie, en même temps que HCTI sous forme de limonade à 2 grammes par repas, en‘cachets
AT Ve
de o, 50 ç. à 2 gr. par repas. M. Albert Robin conseille de la donner aussi dans l'hyperchlorydrie et dans les dyspepsies infantiles (Bulletin général de thérapeulique. Paris, 1897) se
La pancréatine (ou trypsine), mélange de trois ferments solubles, a la propriété de peptonifier les matières albuminoïdes, de transformer l’'amidon en glucose, de saponifier et d'émulsionner les graisses. Elle agit non en milieu acide, comme. la pepsine, mais en milieu neutre ou alcalin.
On la prescrit dans les dyspepsies atoniques avec fermentations, en cachets. vin ou élixir.
La papaïne, extrait du carica papaya, a les mêmes propriétés que la pancréatine. On la préconise pour favoriser la digestion dans la dyspepsie des chlorotiques, sous forme de cachets, Sirop, élixir.
La maltine, ou diastase, ferment soluble de l'orge germe, transformant l'amidon en maltose et dextrine, au contact de H? O.
On la prescrit, unie aux alcalins, dans l'hyperchlorhydrie pour faciliter la digestion des matières amylacées. |
La teinture de colombo, vantée comme tonique et eupeptique, surtout dans l'hypochlorhydrie; c'est un des rares amers que je possédais à bord, dans ma pharmacie. Je l'ai donné plusieurs fois au début sans grand succès, je l'avoue.
Le charbon végétal, recommandé par M. Robin dans les dyspepsies avec fermentation, associé au benzonapthol et au bicarbonate de soude, en cachets de 0,50
donne de bons résultats en diminuant les fermentations.
La belladone (0,02 d’extrait) et l’atropine 1/2 milligrammes ont été recommandées pour modérer la secrétion gastrique dans la gastrite hyperpeptique et l'hyperchlorhydrie.
La magnésie, la craie préparée, le sous nitrate de bismuth sont donnés en cachets, dans le but de neutraliser l'hyperacidité de l'estomac.
La picrotoxine, (o gr. 05), associée à l’ergotine et l'opium a été recommandée par A. Robin, dans les cas d’intolérance grave.
La morphine, la cocaïne, la stovaïne et l'hydrate de chloral sont donnés pour calmer les crises gastralgiques Le dernier de ces médicaments donne souvent des succès dans le traitement du mal de mer.
Au sujet de la médication par les alcalins et l'eau de Vichy, des opinions contradictoires ont été soutenues par les auteurs les pluséminents, Hayem, Mathieu, Huchard (voir bibliographie). On donne généralement le bicarbonate de soude à haute dose ( 8 à 10 gr. par jour) dans l'hyperchlorhydrie.
L'action et le succès thérapeutique du bicarbonate de soude dépend, d'après M. Huchard (Comment on doit prescrire le bicarbonate. Bulletin général de Thérap. Paris, 1893), à la fois de la dose ingérée et du moment de son ingestion.
À faible dose (0,50 à 1 gr.) prise avant le repas il augmente la secrétion gastrique et particulièrement celle de l'acide chlorhydrique, et il active la digestion il est donc indiqué dans la dysepepsie hypocalorhy-
drique, dans l'anachlorhydrie et dans la gastrite chronique.
A doses moyennes (2 gr. à 8 gr.) prises deu xou trois heures aprèsde repas, il sature les acides de l'estomac, diminue la secrétion gastrique et calme les douleurs chez les hyperchlorhydriques.
Le bicarbonate de soude favorise la secrétion biliaire et à ce titre il est préconisé dans la lithiase biliaire, (4 gr. à 6 gr.) l'ictère catarrhal, la cirrhose biliaire.
La médication alcaline donne des résultats appréciables dans les affections gastriques qui sont sous la dépendance de la neurasthénie.
Le bicarbonate de soude est contre-indiqué dans la tuberculose, la chlorose, les affections rénales, la gravelle phosphatique.
M. le professeur Hayem (Médecine moderne, Paris 1897) s'est éleve contre la médication systématique par les alcalins, qui favorisent souvent l'hyperchlorhydrie au lieu de la combattre. Cependant Mathieu (Les alcalins dans le traitement de la dyspepsie, Bulletin des Sociélés médicales des Hôpilaux de Paris. Paris, 1898, XV, p. 356). Huchard et la plupart des auteurs reconnaissent aux alcalins et en particulier au bicarbonate de soude le premier rang parmi les agents thérapeutiques des affections de l'estomac.
Les expériences de ma pratique à bord m'ont démontré personnellement qu'en dehors de la médication diététique, c'est l'eau de Vichy (et l'abstention de toute boisson alcoolique que j'ordonnais en même temps)
qui me donnait des résultats appréciables, en favorisant l'appétit et les phénomènes de la digestion chez des dyspeptiques sur qui les amers n'avaient aucune prise.
L'intéressante observation de mon regretté maître, M. Gingeot (Dyspepsie paradoxale. Revue générale de clinique et de thérapeutique. Paris, 1896, X, page 209) montre que le bicarbonate de soude, à dose élevée, peut fort bien convenir à un malade, chez qui le procédé chimique de Gaussbourg d'accord avec la méthode clinique (cathéterisme de l'estomac) ont révélé de l'hypochlorhydrie très accusée, presque de l'anachlorhydrie. Mieux que cela, la suppression du bicarbonate antérieurement administré fait perdre le terrain gagné, l'administration d'acide chlorhydrique ne fait qu'aggraver la douleur.
En présence de ces faits, on est donc autorisé à supposer que le bicarbonate pourrait posséder quelque propriété analgésiante sur la muqueuse gastrique, et sa place est en tout cas nettement indiquée dans les dyspepsiès accompagnées de gastralgie quelques heures après le repas sans fermentations.