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aseptique. On évitera surtout, comme le recommande M. Tédenat, « d'employer pour le lavage de la plaie des solutions antiseptiques concentrées et irritantes, capables de coaguler les albumines, de nécroser les tissus, de provoquer des exsudations malencontreuses, toutes conditions capables de gêner la réunion immédiate (1). »
= b) TEMPS DE SUTURE. — Il s’agit de favoriser maintenant un bon accolement des surfaces cruentées. Pour céla, il faudra . opérer une véritable dessiccation de la plaie; sans cela il est facile de comprendre que les tissus profonds se tendent et que, sous Paction dela pression intérieure, les lèvres de la plaie s’écartent et suppriment ainsi l'affrontement exact des surfaces. Cet affrontement exact sera obtenu par les sutures. Dans le cas le plus simple, celui d’une petite fistule sous-cutanée, on se contente généralement de faire plusieurs sutures périnéales, à points séparés, et on emploie le plus ordinairement des fils d'argent. Le choix de Paiguille est indifférent ; - on se sert assez couramment de l'aiguille de Hagedorn. Comme il s’agit d'obtenir un affrontement exact des lèvres de la plaie et qu’il importe avant tout d'effacer toute cavité, on ne doit pas se contenter de passer de simples points d’une lèvre à l’autre. On doit, comme le conseille M. Quénu, « conduire Pai- | guille dans un plan parallèle et sous-jacent à la surface cruentée; jamais on ne doit voir l'aiguille dans la plaie même, elle doit ressortir à travers l’autre lèvre sans s'être montrée. En un mot, on applique tous les points de suture comme les points profonds d’une périnéorrhaphie.'» Au moment de serrer les fils, il est bon, comme le conseillent MM. Forgue et Reclus, d'éverser légèrement les bords de la plaie en se gardant de les « entropionner » dans la suture. Pour éviter cette inversion
(1) Tédenat, Montpellier médical, 2 décembre 1893.
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des téguments, M Tédenat fait pénétrer et ressortir l'aiguille à un ou deux millimètres de leur bord dans les parties avivées. Nous lui avons vu appliquer ce mode de suture avec des résultats parfaits dans plusieurs cas de périnéorrhaphie et d’uréthroplastie. Le catgut ordinaire se résorbant trop facilement, on l’a avantageusement remplacé par du catgut au sublimé, et mieux encore par du cateut à Pacide chromique, qui se résorbent beaucoup plus lentement. M. Tédenat emploie le fil métallique pour les points extérieurs, et le catgut préparé à la Doderlein (chaleur sèche à 130° et solution chromique à 1/3000) pour les points intra-anaux,
Quand la fistule remonte un peu haut dans le rectum sans que lincision ait pourtant intéressé toute l'épaisseur des sphincters, on devra faire avant la suture périnéale une suture anorectale au catgut chromique. Pour faciliter cette suture, le doigt d’un aide introduit dans le rectum fera saillir l’extrémité supérieure de la plaie, et on devra, dans ce cas, commencer la suture par la partie supérieure de la plaie. Dans le cas de fistule extra-sphinctérienne, ayant nécessité pour son large avivement l’incision complète des sphincters, il sera tout indiqué d’opérer avant tout la reconstitution de ces sphincters. Une bonne suture doit en effet réunir toutes les parties similaires divisées, muscle à muscle, tissu cellulaire à tissu cellulaire, bords à bords. On réunira doncÎes deux bouts du sphincter incisé par plusieurs points profonds et séparés, en se servant soit de catgut (1), soit de fils d'argent (2), et, si la suture a été soigneusement faite, le sphincter ne tardera pas à récupérer ses fonctions et l’incontinence sera évitée. Notre observation III est très instructive à ce point de vue. Nous reviendrons d’ailleurs sur ce sujet à propos des indications et des contre-indications.
(1) Thèse de Surel, Observation XXXII:
(2) Obs. du docteur Balton Bangs, même thèse.
ÉTAT ee