ORNE
Un point mérite également d'être précisé, c'est que les diversès
ponctions sternales, qui ont été faites avec le plus grand soin, ont permis à chaque fois de parvenir dans la cavité médullaire Sternale, mais qu'à aucun niveau l’on n'a trouvé de moelle.
Quant à la ponction de la rate, le malade saignait trop pour que l'on ait pensé un instant pouvoir la faire pour y chercher des
cellules souches.
En résumé : nous voyons donc que dès son retour à l'hôpital le malade présentait :
1° de nouvelles hémorragies (cependant il faut remarquer que les hématuries ont complètement manqué cette fois-ci, de même que les ecchymoses aux points de piqûres, alors que les unes et les autres étaient très marquées lors du premier séjour du malade à l’hôpital) ;
2° une numération globulaire alarmante (2.100.000 G. R. et 320.000 G. B.) et que malgré des transfusions régulières nous avons vu cette fois
— le nombre des hématies diminuer inexorablement (le melœna continu expliquant très largement cette baïsse) ;
— le nombre des leucocytes s'élever, et de 112.000 où il était le 28 février avant la sortie du malade, passer à 320.000 à sa rentrée, puis à 400.000, 500.000 et 600.000 le 20 avril.
Cliniquement, l’état général était très précaire et donnait quotidiennement l'impression d’une fin proche.
Les transfusions ont dans l’ensemble été supportées de facon satisfaisante, puisque les quelques chocs constatés n’ont à aucun moment dû faire suspendre ce traitement. :
Les hémorragies (épistaxis, gingivorragies) variaient d’un jour à l’autre, semblant s’atténuer pendant une dizaine de jours pour reprendre ensuite de plus belle.
On peut cependant à ce sujet enregistrer une nette action favorable de la vitamine P (arrêt des hémorragies nasales et buccales de dix jours le 2 avril, après huit jours de prise quotidienne de huit comprimés d’Escosyl — et nouvelle pause le 28 avril, le sixième jour d’un traitement plus intense par trois ampoules intra-veineuses quotidiennes d’Esculoside).
La fièvre, traductrice d’une infection qui était à redouter, a pu à deux reprises être rapidement jugulée par la pénicillinothérapie, indispensable adjuvant.
Au total : il existe une très nette différence entre les résultats constatés pendant le premier séjour et le second. (Ce phénomène a déjà été constaté dans d’autres essais de transfusion chez des leucémiques.)