RÉFLEXIONS AUXQUELLES NOUS ONT CONDUIT LES RÉSULTATS OBTENUS
Ces résultats n’ont certes pas toujours été ce que nous eussions désiré, mais il faut sans doute en accuser l’époque tardive à laquelle le traitement a été appliqué.
Les quelques cas heureux que nous rapportons sent
ceux Où nous avons pu intervenir de bonne heure, et ils semblent bien confirmer notre conviction que nos résultats eussent été meilleurs, si nous avions eu des malades moins avancés.
ILest bien évident que malgré toutes les .qualités d’un médicament, on ne saurait en attendre des résultats bien intéressants dans la paralysie générale qu’autant que les cellules nerveuses du malade n’ont pas subi d’altérations graves, définitives, et sur lesquelles on ne peut plus rien.
C’est «au seuil de la paralysie générale » qu’il faut engager l’action contre elle, et cela est vrai pour le stovarsol comme pour tout autre médicament ou toute autre méthode de traitement (pyrétothérapie, impaludisation, par exemple).
C’est un principe général que tout le monde admettra sans difficultés que c’est au début de l'affection qu’on aura le plus de chances de guérison.
Or, les malades que nous voyons dans les asiles, sont, pour la plupart, arrivés à la période d’état de leur affection ; ils sont fixés.
Que peut-on espérer faire pour eux ? Simplement prolonger leur maladie en mettant leur organisme dans de meilleurs conditions de résistance, mais au point de vue mental, le seul qui nous intéresse en somme, il ne faut pas trop s'étonner de n'obtenir souvent que des résultats médiocres chez des malades dont la déchéance intellectuelle est complète.
Dépister la paralysie générale ‘au début, voilà évidemment quelle doit être la préoccupation primordiale et cela ne peut être le fait que d’une clientèle de ville. A ce sujet, Arthur Vernes donne des indications intéressantes pour dépister la syphilis nerveuse.
Il ressort de ses travaux que chez un syphilitique avéré, une sérologie précise peut éclairer le traitement et prévient de l’imminence de complications nerveuses. Si celles-ci éclatent, elle guide pour l'intensité et la durée d’un traitement à prescrire.
Il conviendrait donc de s’assurer l’étroite collaboration d’un laboratoire et de faire systématique. ment chez tous malades atteints de syphilis des ponctions lombaires répétées, afin d’instituer un traitement au stovarsol dès les premiers signes de l’envahissement par le tréponème de la sphère rerveuse.
Cette conduite est sans doute difficile à suivre dans la pratique, car elle suppose également une collabo-
ration étroite du malade et du médecin. Or, il est bien
rare d'obtenir ce résultat en clientèle...
Notre observation n° 16 nous prouve en tout cas
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combien le stovarsol donné de bonne heure peut juguler rapidement une paralysie générale au début et agir efficacement là où d’autres traitements spécifiques ont échoué.
En dehors d’une question de précocité dans le diagnostic et dans le traitement de la paralysie générale par le stovarsol, peut-être pourrait-on aussi envisagér une collaboration d’où le stovarsol tirerait une action plus puissante et plus efficace encore ?
Sans parler d'une association possible avec les méthodes pyrétothérapiques et en particulier avec l’impaludisation, hypothèse qui nous ferait sortir de notre sujet, peut-être pourrait-on songer à adjoindre au stovarsol un autre produit chimique susceptible d’aider son action ?
Les récentes expériences de M. Mutermilch rapportées par Ph. Pagniez tendent à établir que l’uroformine favorise la dialyse à travers les méninges, de produits qui, normalement, ne passent pas.
C'est ainsi qu’elle faciliterait le passage de l’arsenic dans le liquide céphalorachidien.
L'uroformine serait-elle donc un de ces produits dont nous rêvons l'alliance avec le stovarsol ?
Ce n’est là qu’une idée toute théorique.
N'ayant aucune expérience à ce sujet, nous ne faisons que poser la question, sans la résoudre.
Mais peut-être y a-t-il là une voie à tenter pour venir renforcer l'action d’un produit qui s’est déjà, dans bien des cas, montré d’une efficacité supérieure à celle de tous les autres composés arsenicaux employés jusqu'alors contre la paralysie générale.
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