‹ Contribution À L'Étude Du Traitement De La Péritonite Tuberculeuse Par Les Rayons Ultra-VioletsChapitre 20 sur 45 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

P..., 46 ans, chauffeur.°

Ce malade est entré à l’hôpital le 2 juillet 1924 pour une augmentation de volume de son abdomen survenue de façon relativement rapide, en cinq jours environ.

Cet état avait été précédé quelques jours auparavant par des douleurs abdominales siégeant surtout dans l’hypocondre droit, douleurs qui l’avaient obligé à cesser son travail et à s’aliter.

Après quelques jours de lit il consulte un médecin qui diagnostique une crise de colique hépatique, met le sujet à la diète et prescrit un purgatif. Cinq jours après, le malade s’apercoit peu à peu que son ventre augmente de volume, il s’en inquiète et rappelle son médecin qui

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l'envoie consulter d’abord dans le service de M. Thiery puis dans celui de M. Enriquez qui fait pratiquer un Wassermann. Ce Wassermann est négatif.

C’est alors que, sur les conseils de son médecin, le malade se décide à entrer dans le service pour avis.

Avant cet épisode le malade se trouvait dans un état de bonne santé relative, en dehors de quelques troubles digestifs tels qu’alternatives de diarrhée et de constipation, sensation de météorisme parfois avec gaz filtrant dans l’abdomen.

Il faut signaler également dans l’anamnèse quelques signes de fatigue, de l’asthénie, un très léger amaigrissement, une ascension de la température vespérale.

Mais c’est surtout l’état intestinal qui a toujours été au premier plan. Il dure depuis 1915. À cette époque le malade se plaignait déjà de douleurs dans d’hypocondre droit, douleurs assez vives se manifestant quand le malade se baïssait ou se,.levait ou à l’occasion de fortes secousses de son camion. Pas de troubles digestifs. Le malade consulte dans une ambulance du Lycée Buffon. On fait le diagnostic d’appendicite: on opère.

L'intervention montre un cœcum volumineux, très descendu, mais on ne peut rétrouver aucun renseignement sur l’état du péritoine à cette date. Fermeture par première intention sans aucune complication locale.

Le malade d’ailleurs ne paraît pas tirer un grand profit de cette intervention, car bientôt les douleurs abdominales reprennent sans quitter le malade pendant des années, jusqu’au jour où son abdomen a augmenté de volume. Comme autres antécédents pathologiques on trouve un chancre avec bubon, il y a 30 ans, soigné par le perchlorure de fer (?) En 1907 une crise d’entérite qui a duré un mois. En 1914, opéré pour hémorrhoïdes. Marié, un enfant de 12 ans bien portant. Femme bien portante,

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A l'entrée, on se trouve en présence d’un malade au faciès pèle, amaigri, mais conservant cependant un état général relativement bon. Ce qui frappe, c’est l’augmenlation de volume de l’abdomen qui apparaît distendu, offrant tout le tableau d’une ascite de moyenne abondance, sans circulation collatérale, sans œdème des membres inférieurs, sans varices.

Sous l’épanchement péritonéal le foie ‘et la rate paraissent normaux.

Mais l’auscultation des poumons montre la présence d’un épanchement bilatéral. La ponction ramène un liquide contenant quelques globules rouges, de nombreux lymphocytes, avec 65 gr. d’albumine par litre.

On ne trouve aucun autre épanchement.

Pas de signes pulmonaires sous-jacents. La recherche du bacille de Koch reste négative.

Rien d’anormal au niveau des autres appareils.

Une ponction du liquide d’ascite montre également des globules rouges, des lymphocytes, quelques placards endothéliaux, un taux d’albumine à 49,7.

L'examen des urines ne révèle aucune trace d’albumine ni de pigments.

La numération globulaire montre une forme presque normale : globules rouges : 5.080.00, globules blancs 5.200.

Le Wassermann est négatif dans le sang et le liquide d’ascite.

Cet état s'accompagne de signes généraux consistant surtout en température oscillant entre 37°5 el 385, transpiration nocturne, anorexie très accusée, asthénie et surtout un amaigrissement très marqué puisque le malade dit avoir perdu 10 kilos en un mois,

Devant ces signes, la présence des épanchements, la douleur abdominale à la pression et surtout à la décompression, on porte le diagnostic de tuberculose pleuro-

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péritonéale et on soumet immédiatement le malade au traitement par les rayons ultra-violets.

Le traitement est commencé le 11-7-24, à raison de 3 séances par semaine.

Distance : de O0 m. 75 à O0 m. 30 atteints au bout de 13 séances, mais l’apparition d’un érythème avec phlyctènes, après la 9% irradiation à cette distance, oblige à ramener à 0 m. 50 qui sera la distance définitive. Temps d’exposition : face antérieure : 2’ à 10° en 11 séances. Au moment de l’érythème descente à 5°, puis ascension progressive à 10’; face postérieure : 2° à 7’. ÿ Nombre de séances : 108.

Durée totale du traitement : 11-7-24 — 23-5-25 : plus e de dix mois (le malade est encore en traitement).

Evolution et résultats

À la quatrième séance on remarque une ascension thermique s’accompagnant d’une douleur splénique qui a persisté un mois. Pendant un mois le poids continue à descendre, mais au bout de ce temps l’état général s’améliore. La température se stabilise autour de 37°5. L’appétit revient, le malade engraisse à nouveau alors que le volume de son abdomen diminue et que l’épanchement régresse de façon notable, Le 30-12, la température est revenue à la normale. Le 17-11-25 le malade sort de lhôpital : l’ascite a complètement disparu. Il ne reste plus qu’un léger météorisme abdominal avec zône douloureuse dans la région para-ombilicale droite s'étendant à toute la fosse iliaque droite.

Le 6-3-25 on ne trouve plus qu’une légère douleur para-ombilicale.

L'augmentation du poids a été de 4 kil. 400.

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