‹ Contribution à l'Étude du Traitement de la Pulpe Dentaire ExposéeChapitre 21 sur 25 · CAEN · texte numérisé non relu

CAEN

BCE car les microbes pathogènes se trouvent non seulement dans Ja chambre et les canaux pulpaires, mais encore dans les canalicules de la dentine. On doit enlever dans la chambre pulpaire, au moyen des excavateurs ou des curettes, la pulpe désorganisée, et aucune partie en retrait ne doit pouvoir retenir les débris infectés.

Il est souvent difficile de vider les canaux des dents à pulpe détruite et remplis de pus. Il faut nettoyer d’abord l’extrémite du canal et approcher graduellement du sommet ; puis quand on porte les médicaments sur des broches, on doit faire agir celles-ci par un mouvement rotatoire et non par un mouvement de va et vient. Gette opération sera exécutée d’une manière très lente et le sommet de la racine ne doit pas être atteint de prime abord de peur de refouler les matières septiques au delà de l'apex.

Quelques auteurs ont proposé de se servir d’une seringue pour retirer les matières septiques des canaux radi-. culaires. Cette opération ne peut être que superficielle et jamais l’on n’a pu vider les canaux par ce moyen-là.

Tous les antiseptiques connus ont été proposés pour désinfecter les canaux. :

Le bichlorure et le biiodure de mercure, l'acide phénique, l'acide salicylique, l’acide benzoïque, l'acide thymique, le sulfate de cuivre, l'essence de girofles, l’eugénol, le chlorure de zinc, la résorcine, l'acide boracique, le chlorure de chaux, liodol, la teinture d’iode, l’eau oxygénée, l’eau chloroformée, l’aristol, le formol, le di-iodoforme, l’iodoforme, le boro-borax, le peroxyde d’hydrogène, les composés de sodium et de potassium, l’acide sulfurique, etc., etc.

LEE CE hrs is

D ee Examinons quelques-unes de ces substances et la manière dont leurs auteurs les appliquent.

M. Miller, de Berlin, se sert de tablettes contenant chacun

Snblimé a 000, our + 70 er: 0075 HONOR Me 0 ET 0075

Après avoir nettoyé aussi complètement que possible la chambre pulpaire et les canaux radiculaires, il tasse avec un fouloir uie de ces tablettes, il couvre ensuite avec une couche d’étain en feuille et fait une obturation provisoire en ciment qu’il remplace plus tard par de l’or ou par un plombage si aucun accident ne survient. M. Andrieux cite dans son ouvrage plusieurs procédés proposés dans ces dernières années. Voici les principaux :

Procédé de Stoohkwell. — Le canal débarrassé de tout débris pulpaire, la digue est mise en place. On fait une injection de peroxyde d'hydrogène ; on dessèche et on recommence l'injection jusqu’à ce qu’il nese produise plus d’effervescence. On dessèche de nouveau, on fait une injection de bichlorure de mercure au 1/1000 et on badigeonne les canaux avec de l’iodoforme mélangé à l’eucalyptol.

Procédé d’Abboit. — Le canal nettoyé, on porte à son extrémité une solution de bichlorure de mercure au 20/0, puis on tasse à l’entrée des canaux une boulette imprégnée du même médicament par-dessus laquelle on introduit un tampon de cire. On recommence jusqu’à la désinfection complète.

Procédé de Perry. — Le canal nettoyé et séché, on introduit dans les canaux un petit rouleau de papier buvard

= 682 trempé dans la créosote, puis on recouvre le tout d'un tampon contentif.

Procédé de O. Rogers. — Get auteur se sert d’un fil rouge ou de l’anse galvano-caustique qu’il fait pénétrer à plusieurs reprises dans les canaux.

Procédé de Davis. — La chambre et les canaux pulpaires sont nettoyés avec de l’eau azotée et traités à différentes reprises par leucalyptol. Quand on juge la désinfection complète, on remplace l’eucalyptol par de l’iodo-forme mélangé à l’huile de cannelle. ;

Le boro-borax peut remplacer avantageusement le sublimé chez les personnes où l’on peut craindre une intoxication mercurielle.

L'eau oxygénée a été employée comme désinfectant.Elle est absolument inoffensive, sans action chimique sur la structure de la dent et n’irrite pas les tissus de la bouche.

M. E. Balding a proposé ! comme pansement des canaux un mélange d’eucalyptol et d’iodoforme. Cette composition serait préférable à celle de l’acide phénique avec l’iodoforme parce que leucalyptol dissout l’iodoforme et eu raison de sa grande volatilité se diffuse dans les espaces laissés libres. | :

Le D'J. W. Back propose de traiter les canaux avec

Acide phénique, 27 5. MS parties Essence de cassia . , . ,. , 2 parties.

Essence de wintergreen , , , 3 —

Il dit le plus grand bien de cette préparation. Le saloliodoformé liquéfié a été aussi employé. M. Galippe ? a proposé le bétol camphré mélangé à

! Revue odontologique, septembre 1894, p. 346. ? Revue odontologique, juin 1892, p. 248.

LE 60e

Piodoforme pour retarder sa solidification.. Le bétol est un éther du naphtol 8, soluble dans l’alcool, l’éther et les huiles volatiles. Il peut être porté sur des mèches de coton et laissé en place jusqu’à désinfection complète.

M. Oscar Amœdo s’est servi dans le traitement des dents à pulpe morte de l’aristol comme succédané de l’io- . doforme !.

L’aristol est du dithymol biiodé. C’est une poudre amorphe, rouge brique, insoluble dans l’eau, soluble dans l’éther et le chloroforme. Ce corps n’a pas la mauvaise odeur de l’iodoforme, n’est pas toxique, est doué d’un pouvoir antiseptique très grand. On l’emploie en solution à 10 pour 100.

Le phénosalyl fut introduit comme désinfectant dans la pratique dentaire par M. Ed. Touvet-Fanton ?.

La composition est :

Acide phénique. . . . . . . Jegr.

Acide/salicylique :.. 2-7 ..:.."1 gr.

Acide lactique, 2250, 0 2e Ga MENEOR SRI RER EL ne D'OR 10 Essence d’eucalyptus . . . . . O0 gr. 50

- Il est très soluble dans l'alcool et dans l’eau chaude. C’est un très bon antiseptique qui ne décolore pas les dents. ü Le di-iodoforme ou bi-iodoforme a été proposé par M. Poinsot®. | C’est un iodure d’acétylène iodé, d’une couleur jaune

1 Odontologie, juin 1891, p. 210.

? Odontologie, avril 1894. + Odontologie, octobre 1894.

us TO RES

pâle et entièrement inodore. Il a toutes les propriétés de l’iodoforme et ne serait pas préférable à celui-là si on parvenait à le désodoriser d’une manière complète.

On s’en sert en pansement dans les canaux mélangé avec le salol.

La formule usité est :

SALOPE TR SE FR RU RTS Diodoforme Nes en 0 Er. 00

M. de Marion a préconisé l'emploi du formol comme antiseptique dentaire {.

Le formol est l’aldéhyde formique ou formaldéhyde et le premier terme de la série aldéhydique.

Après avoir énuméré les principaux inconvénients des antiseptiques employés jusqu’à ce jour (non-diffusibilité, formation de composés insolubles et non antiseptiques en présence des substances albumineuses et des composés ammoniacaux), M. de Marion s’arrête au formol qui pour lui semble réunir toutes les qualités de l’antiseptique idéal.

Le formol est soluble dans l’eau (10 pour 100), ila une diffusibilité extrême, les matières albumineuses sont sans action sur lui. On se débarrasse facilement des produits ammoniacaux qui s’unissent à lui au moyen de l’eau oxygénée.

M. de Marion nettoie la cavité de la carie, la déterge avec l’eau oxygénée et sèche très soigneusement. Il introduit alors dans les canaux des mèches de coton imbibées de formol en solution à 33 pour 100, il recouvre ces

! Odontologie, janvier 1895, p. 12.

| — T1 — mèches d’un tampon imbibé de la même solution et ferme la cavité au moyen de coton imbibé d’une solution alcoolique résineuse concentrée. 1

M. de Marion a réuui quarante deux observations et n’a éprouvé que six insucrés.

Le D' Schreier, de Vienne, a proposé le potassium et le sodium pour rendre le contenu ichoreux des canaux radiculaires inoffensif, par sa décomposition chimique.

Après avoir nettoyé la cavité pulpaire et exposé d’une manière parfaite l’orifice du canal, la digue est mise en place. Un tire-nerf, chargé de la préparation de potassium sodium, est alors introduit dans le canal, il se prodrit un dégagement abondant de matières grasses avec un b1. issement de bulles gazeuses. Que s'est-il passé? Les deux métaux alcalins, insérés dans le canal arrivent au contact d’un liquide aqueux et le décomposent avec dégasement de chaleur. L’oxygène se combine avec le potassium et le sodium, hydrogène est mis en liberté et la soude et la potasse s’unissent avec les corps gras pour former des savons. |

On recommence plusieurs fois de suite la même opéra-

-tion et au bout de peu de temps le contenu du canal sera transformé en une masse solide qui adhère à l’extracteur.

M. Bonnard se sert comme antiseptique de l’eau chloroformée en solution à 10 pour 1001.

Dès le début, on fait des injections nombreuses d’eau chloroformée dans les canaux radiculaires, afin de les débarrasser des parcelles de débris alimentaires et des produits de décomposition qui pourraient y exister, puis

1 Odontologie, décembre 1394.

Page 1