CHAPITRE II
Traitement conservateur
Cette méthode de traitement consiste dans la conservation de l’organe pulpaire en totalité; en le traitant pour le ramener à l’état sain, s’il y a lieu, et en restituant la couche protectrice de dentine détruite accidentellement. ou par la carie.
Autrefois, la cavité de la carie était soigneusement nettoyée et débarrassée de toutes les substances étrangères alimentaires où autres qui recouvraient la surface pulpaire. Puis, comme la pulpe exposée était toujours plus ou moins irritée et enflammée, on cherchait par des pansements calmants contenant du laudanum, du chloroforme ou de l’essence de girofle, etc., à calmer l’irritation de l'organe. Alors, au moyen de substances appropriées, on tendait à provoquer, de la part de la pulpe, la sécrétion d’une paroi de dentine qui fermait l’ortfice de communication existant entre la cavité de la
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carie et la chambre pulpaire. On s’est servi de l’alun calciné et du tanin réduits en poudre et portés au moyen d’une boulette de coton que l’on appliquait sur la pulpe. L’acide phénique, soit seul, soit associé à la teinture de benjoin ou de sandaraque était également employé. Mais le médicament qui rencontrait le plus de partisans était le chlorure de zinc dont certains praticiens se servent encore aujourd’hui. |
Cependant ce procédé, sans réussir toujours, durait de longs mois avant que la reconstitution d’une paroi de dentine soit suffisante pour permettre une obturation défi nitive au-dessus d'elle ; aussi quelques auteurs ont-ils proposé de remplacer var une paroi artificielle cette couche de dentine qui était si difficile à obtenir. C’est ce que l’on a appelé le coiffage ou l’encapage de la pulpe, et, c’est cette méthode de traitement que le D' Cruet a comparé avec raison au pansement par occlusion ?.
Le coiffage ou lencapage de la pulpe consiste donc à remplacer la paroi d'ivoire qui manque à cet organe par une paroi artificielle au-dessus de laquelle on pourra pratiquer une obturation définitive.
Deux cas peuvent se présenter ; ou bien la pulpe exposée est saine; ou bien elle est enflammée.
Dans le premier cas, il s’agira simplement de remplacer la couche de dentine détruite, tandis que dans-le second, cette reconstitution devra être précédée d’un trai-
1 Dr Ludger Cruet, Des caries dentaires compliquées considérées principalement au point de vue de leur traitement, Th. de Paris, 1879, p. 32.
— 20 — 6 tement approprié qui tende à ramener la pulpe à son état normal.
Voyons d’abord quels sont les moyens à notre disposition pour atteindre ce dernier but ; car, ceci fait, nous retombons dans le premier cas qui est celui d’une pulpe saine découverte. Disons tout d’abord qu'il n’est guère possible d'obtenir ce résultat d’une façon parfaite, car l’inflammation à fait subir à la pulpe de profondes modifications qui lui permettent difficilement de revenir à un état sain. De plus, la pulpe qui a subi une première irritation est sujette à des récidivés ‘fréquentes ; cependant, certains auteurs prétendent obtenir des résultats excellents par l’usage de différentes substances.
Les agents thérapeutiques dont on s’est servi dans ces cas, peuvent être divisés en trois classes :
1° Agents analgésiques;
2° Agents antiseptiques ;
3° Agents caustiques.
Parmi les premiers, on peut citer les sels de morphine, l'essence de girotle, l’eugénol, le menthol, etc. Ces corps sont surtout employés pour calmer les grandes douleurs qui accompagnent l’exposition de la pulpe.
Voici une excellente formule :
Acétate’de morphine +1: .1:, 0 gr, 30 Essence de clou de girofle, . . 8 gr. 75
L’eugénol recommandé par certains auteurs est de l’essence de clous de girofle rectifiée.
Voici une formule dans laquelle il rentre :
Chlorhydrate de cocaïne, : . . O0 gr. 25 .
— de morphine. . , O0 gr. 25
ef re
Acide benzoïque . . . . . . 9 gr.
DUPCROR BAM RS TMS net DT AlCO0Habenlu in, ist ie OÛ'gre
Le menthol, le chloral, le camphre ont également été employés.
Voici quelques formules :
CaMphTS Re Lire cs Hydrate de chloral . . . . É aû5 parties.
Chlorh. de cocaïne , . . . . 1 partie.
(Gsell-Fels).
Ou bien :
MÉRITE LT TT, | Hydrate de chloral aà 10 gr Camphrer,:..., Ou bien :
Menthol: 2. Ur un 40 pr. 30 Essence de clou de girofle . . . 3 gr. 75
(Viau).
Les substances antiseptiques employées soit en poudres,
soit en solutions, sont les suivantes : le bichlorurede mer-
-cure et le bi-iodure de mercure, l’acide salicylique, l'acide -phénique, l'acide thymique, la résorcine, etc.
Les solutions de ces composés sont :
Le bichlorure de mercure au 1/1500, le bi-iodure de mercure au 1 /20.000, l’acide salicylique à 1 0/0, l'acide thymique à 3 0/0, la résorcine à 4 0/0.
Parmi les caustiques employés, nous pouvons citer le chlorure de zinc, l’arsenic, le nitrate d’argent, l’acide azotique et l’acide chlorydrique.
OST Mais de tous ces agents, c'est la créosote qui a été le
plus en faveur.
Voici quelques formules dans la composition desquelles
rentre ce dernier corps.
Créosote.! 1 77,2, uNTI gouttes
Téinture” diode ire rer ce ES Ce. 00 Solution d’acétate de plomb. . . 3 gr. 50 Chloroforme "557 NE MAD ET.
Teinture d’opium. , . . . . 15 gr.
(Dental World).
Ou bien :
Chloroforme.s, #40 200% | * Laudanum . . SRE CT ; Orévspte RE AR ER \ Teinture de benjoin épaisse. . . 6 gr.
(Liqueur de Magitot).