‹ Contribution à l'Étude du Traitement de la Septicémie méningococciqueChapitre 26 sur 31 · I. — L'Endoprotéine méningococcique · texte numérisé non relu

I. — L'Endoprotéine méningococcique

Luton, dans sa thèse, inspirée par Reilly, en a précisé le mode de préparation et les caractères physico-

chimiques.

A. MODE DE PRÉPARATION. — Les méningocoques sont cultivés sur gélose ascite dans des boites de Roux et laissés à l’étuve pendant trois jours. On recueille les méningocoques ainsi obtenus par râclage, dans du sérum physiologique, on les isole par centrifugation

et on les dessèche ensuite dans le vide pendant

24 heures. Ils sont alors broyés, pendant une heure au

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moins, dans un mortier d’agate avec une quantité de NaCIl égale à 40 % du poids des microbes secs recueillis. Il est utile de se rendre compte, de temps à autre, sur une lame, du degré dela destruction microbienne. Lorsqu'on a une poudre impalpable, on la reprend par l'eau distillée de façon à obtenir une solution isotonique à 8 p. 1000. Après avoir laissé le liquide 24 heures dans la glacière, on enlève les corps microbiens par centrifugation et on décante le liquide absolument limpide qui surnage, et qui contient une grande partie des albumines microbiennes. Il est nécessaire de le conserver par la suite dans la gla-

cière.

B. CARACTÈRES PHYSICO-CHIMIQUES. — Le liquide ainsi obtenu devient très légèrement opalescent quand on le chauffe à 56° pour le stériliser.

Les albumines qu'il contient sont coagulées à une température supérieure à 1000, Elles sont précipitées en partie par l’acide acétique. Si on débarrasse le liquide du précipité ainsi obtenu on peut, en y ajoutant de l'acide trichloracétique, précipiter les albumines acétosolubles. Ces protéines rappellent donc celles qu’on obtient en traitant les streptobacilles de Ducrey et le melitococcus par la même méthode (Cf. Cambessédès et Garnier : « Nouvelles recherches sur la vaccinothérapie au cours de la Fièvre de Malte », p. 9). La quantité d’albumine contenue dans l’endo-

protéine après broyage d’une heure est en moyenne de 1 gramme par litre.

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C. CARACTÈRES BIOLOGIQUES. — De ses expérimentations sur l'animal, Luton tirait les conclusions sui-

vantes :

— toxicité nulle de l’endoprotéine ;

— le sérum des animaux ayant reçu l’endoprotéine par injection contient des anticorps (sensibilisatrices et précipitines) mais paraît n'avoir aucun pouvoir bactéricide ;

— ces anticorps sont spécifiques du méningocoque ; mais l’antigène contenu dans l’endoprotéine est

commun au trois groupes À. B. C.

D'autre part, de son emploi dans diverses formes de méningococcémies et de M. C.S., le même auteur retenait l’heureuse influence des injections d’endoprotéine sur l’évolution des infections à méningocoques rebelles au sérum et insistait sur leur parfaite tolérance.

Pourtant, il reconnaissait la difficulté de déterminer la dose optima — essentiellement variable suivant les individus — difficulté qui rendait la méthode d’application délicate. Il déclarait qu'on ne pouvait fixer une dose optima convenable pour tous les malades mais qu'il fallait déterminer par tâtonnements la quantité nécessaire pour arrêter l'infection méningococcique. « La dose injectée, écrivait-il, doit déclencher une réaction générale caractérisée par une élévation thermique précédée de frisson. » Et il admet que la fréquence des rechutes constatées dans ses premières observations tenait à l'insuffisance des doses injectées.

Par leurs travaux ultérieurs portant à la fois sur la

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fièvre ondulante et sur la méningococcémie, Reilly et ses élèves se sont attachés à codifier le mode d’application thérapeutique des endoprotéines microbiennes de façon à obtenir le maximum d'action dans les limites imposées par la prudence, quoique la sensibilité vis-à-vis des endoprotéines méningococciques des sujets atteints de méningococcie soit beaucoup moins grande que celle des malades de la Fièvre de Malte

vis-à-vis de l’endoprotéine mélitococcique.

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