AVANTAGES D'UN TRAITEMENT MIXTE
Insuffisance de l’arsenic employé seul.
Au début, lorsque les arsenicaux firent leur apparition, on crut posséder enfin l’agent de la « Therapia Sterilisans Magna ».
On pensait même qu’il n’était point besoin d’une cure sévère, la guérison pouvait être obtenue au prix d’une seule injection de 606 dont la dose fut fixée à 0 gr. 60, les résultats thérapeutiques parurent justifier ces vues, certains chancres se cicatrisèrent en cinq à six jours, les plaques muqueuses en deux ou trois jours.
Presque aussitôt, de nombreuses récidives apparurent ;les malades revenaient porteurs d'accidents graves, souvent nerveux, que l’on attribua d’abord au 606, mais que l’on reconnut rapidement être d’origine syphilitique. La syphilis semblait manifestement activée par une thérapeutique incomplète très dangereuse. De plus, on constata qu’il n’était pas prudent d’injecter au malade d'emblée une semblable dose. Depuis, il est vrai, on sait administrer beaucoup plus efficacement les traitements par les arsenicaux. D’après les auteurs, partisans de larsenic seul, les échecs seraient exceptionnels si l’on
suivait strictement :
10 La loi de la progression des doses ;
20 La loi des grosses doses qui seules arrivent à détruire les foyers de tréponèmes : on devait arriver à faire 1 centigramme par kilog pour le 606, et 0 gr. 045 pour le 914;
30 Les périodes de repos entre les cures doivent être courtes.
On peut objecter qu’un tel traitement intensif est difficile à suivre ; les grosses doses sont souvent mal supportées, surtout chez les malades qui ne sont pas hospitalisés, souvent des accidents graves surviennent, c’est dans ces cas, qu'on interrompt la médication arsenicale, or l'insuffisance du traitement peut entraîner des conséquences funestes, pour l’avenir du malade.
Même dans les traitements les mieux conduits, on observe des arséno-résistances, nous avons déjà signalé ce malade qui malgré une dose totale de 4 gr. 60 de Novar, présentait des tréponèmes sur la surface de son chancre et qui après trente-trois injections de cyanure de mercure et une nouvelle série de 6 gr. 90 de Novar présentait une extension des lésions.
Depuis, de nombreuses observations d’arséno-résistance ont été signalées dans les traitements les mieux conduits.
Le Professeur Gougerot distingue les arséno-résistances complètes; les accidents syphilitiques ne sont pas influencés par l’arsenicalors que presque toujours le bismuth les guérit rapidement et complètement.
Les arséno-résistances peuvent être primitives ou apparaître secondairement, le malade ayant déjà reçu de l’arsenic.
Quelquefois, il n’y a que demi arséno-résistance, les lésions sont influencées par l’arsenic, mais incomplètement alors que quelques injections de bismuth guérissent ces accidents. C’est une forme grave, car on continue l’arsenic et on perd un temps précieux. Le malade a été blanchi deses accidents, mais quelques jours après la fin du traitement on observe des viscéro-récidives telles que :
Hépato-récidive, neuro-récidive ou des récidives cutanées ou muqueuses.
Dans d’autres cas, il y a arséno activation, l’arsenic serait non seulement inactif, mais il donnerait une nouvelle poussée à la syphilis, à chaque injection de nouvelles lésions apparaissent.
Dans tous ces cas, on emploie le traitement bismuthique secondairement, mais on perd un temps précieux et on laisse s'installer des foyers profonds.