‹ Contribution à l'étude du traitement de la syphilis par le bismuth et l'arsenicChapitre 49 sur 51 · ACTION STÉRILISANTE DE L’'ARSENOBI · texte numérisé non relu

ACTION STÉRILISANTE DE L’'ARSENOBI

L’arsenobi (As Bi) exerce une action profonde et durable sur les lésions syphilitiques, il peut même stériliser l’organisme, ainsi qu’en témoigne l'observation suivante d’une malade qui avait été traitée par 23 piqûres d’As Bi et 13 piqûres d’arséno intramusculaire. A la fin du traitement les réactions étaient négatives. La malade est revenue 6 semaines après présentant de nouveau un chancre syphilitique ; il s’agissait de réinfection.

OBSERVATION

B... Marguerite, 24 ans. Policlinique Hillairet. No 23465.

Le 10-12-29, la malade présente une éruption maculeuse apparue il ya quatre jours environ sur le tronc; on constate également quelques éléments de roséole sur les avant-bras,

Plaques-papulo-érosives vulvaires prédominant sur les grandes lèvres.

Adénopathie inguinale bilatérale, surtout à gauche, à caractères spécifiques. Adénopathie cervicale postérieure.

Wassermann et Hecht positifs.

La malade est mise à l'As Bi

La roséole disparaît après six piqûres, les lésions vul-

Vaires après sept piqûres.

Le 28-12-30, après 20 piqûres Às Bi, le Wassermann est négatif, le Hecht est partiellement positif.

La malade reste trois semaines sans traitement, elle revient le 23-3-30, le Wassermann et le ILecht sont partiellement positifs.

Traitement par l'As Bi; la malade reçoit trois piqûres, on cesse le traitement en raison des réactions locales au niveau de la piqûre.

Traitement par l’arséno intramusculaire, treize piqûres d’arséno.

Le 27-6-30, le Wassermann et le Hecht sont négatits.

Le 19-9-30, la malade revient pour une érosion de la face interne de la petite lèvre droite, non douloureuse, indurée, de la dimension d’un pois, datant de huit jours ; cette érosion a tous les caractères d’un accident primitif. Adénopathie inguinale droite à caractères spécifiques.

. Wassermann et Hecht positifs.

La malade est traitée par l’Olbia.

Après 2 piqûres d'Olbia le chancre est cicatrisé.

La malade reçoit 4 piqûres et elle abandonne son traite-

ment.

Action sur la sérologie.

L’arsenobi a exercé une action rapide sur les réactions sérologiques.

Les malades qui présentaient un Wassermann et un Hecht négatifs au début du traitement sont restés négatifs pendant toute la durée du traitement,

à aucun moment nous n’avons observé d’ascension

dans la courbe du Wassermann.

Si les réactions étaient positives au début, après une série de douze piqtres d’arsenobi, elles se sont toujours montrées négatives. Dans l’observation n° 24142, il a fallu quinze piqres.

Au cours de la période secondaire, l’action de l’arsenobi est plus lente, il n’est pas raré de constater que le Wassermann et le Hecht sont encore positifs ou partiellement positifs après une série de douze piqûres d’arsenobi.

Souvent cependant, les réactions ont été négativées après douze piqûres.

Gette étude permet d'affirmer la supériorité de l'action thérapeutique de l’arsénobi sur celle de l’arséno seul ou de l’'Olbia seul et même des arsénos trivalents couramment employés.

Le dérivé arsenical a été toléré. dans des cas où d'autres arsénos trivalents étaient mal supportés.

Des malades qui se montraient intolérants à diffé. rents sels d’arsenic trivalents ont été traités par ce dérivé arsenical sans présenter aucun trouble ainsi qu'en témoigne l’observation suivante :

F... L. Policlinique Hillairet, 56 ans, n° 20915.

Cette malade est venue consulter le 26-4-99, présentant du ptosis bilatéral, de l'inégalité puüpillaire. Le signe d’Ar gyll-Robertson existe. Les réflexes rotuliens et achilléens sont abolis.

Au cœur, on entend un gros soufile sJonaus aortique.

La malade se plaint de dyspnée.

On fait quinze piqûres de benzo-bismuth.

Du 20-6-29 au 28-7-29, la malade recoit sept piqûres de curaluès.

Le 2-8-29, deux piqûres de Muthanol, on abandonne ce traitement, la malade présentant une stomatite légère.

La nelade ést traitée par Le sulfarsénol intramusculaire, on ne dépasse pas la dose de o gr. 18, après chaque piqûre on constate une poussée congestive à la face, suivie de vomissements et d’élévation de température. ï

Devant cette intolérance,on fait huit piqûres d'acétylarsan que l’on est également obligé d'abandonner, les trois dernières piqûres s’accompagnaient de vomissements et de diarrhée.

Le 31-1-30, aucune amélioration dans l’état de la malade.

A droite, on constatait une parésie de la troisième paire s'accompagnant de myosis et de signe d’Argyll-Robertson,

A gauche, parésie du droit supérieur avec atrophie papillairelégère et signe d'Argyll-Robertson.

Le 21-3-39, on commence un traitement par l’arséno.

On injecte o gr. 20, puis o gr. 40, on pratique cette dose deux fois par semaine sans la dépasser.

Du 21-3-30 au 11-4-30 on faitsept piqûres d’arséno. Celles: ci ont été très bien supportées.

La malade abandonne son traitement, car elle ne présente

pas d'amélioration apparente.

Nous ferons remarquer ici que cette malade qui ne supportait ni le sulfarsénol, ni l’acétylarsan, à pu

suivre un traitement par l’arséno.

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