‹ Contribution à l'étude du traitement de la syphilis: par les injections de cyanure de mercureChapitre 10 sur 30 · NUE · texte numérisé non relu

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temps après l'injection (3 mois dans un cas) ; l'emploi de l'huile grise n'en met pas à l'abri.

Ces deux accidents ne sont pas les plus fréquents. Ce que l’on reproche surtout à la méthode, c’est la douleur. Celle-ci survient ordinairement quelques heures après l'injection et dure quelques jours. Elle est parfois accompagnée de réaction très intense au point sensible. Elle peut gêner les fonctions de la marche, la station assise. Elle s'accompagne souvent de nodi persistants, lesquels peuvent s’abcéder et suppurer.

Un autre inconvénient très grand, c'est de ne pouvoir assurer un dosage exact, précis, mathématique du composé dont on se sert. Celui-ci est confié au hasard à l'organisme, et on ne sait jamais quand il agira, et quelle quantité agira. Bien qu'il ne se produise pas toujours des accidents mortels comme ceux que nous avons relatés plus haut, on en à observé d’autres qui, bien que moins graves n'en sont pas moins préjudiciables : stomatite, néphrite, coliques, diarrhée, etc.

D'ailleurs, actuellement, les sels insolubles comptent beaucoup moins de partisans. Dans les diverses discussions de la Société de Dermatologie, on a démontré que leur efficacité n'était pas aussi réelle qu’on l'avait affirmé tout d’abord ; et le plus vanté, le calomel, a échoué contre des accidents parasyphilitiques, tabes, paralysie générale (Portalier). M. Dieupart, dans sa thèse, a étudié les plus importants et relate le résultat de ses observations. Suivant lui, le calomel produit des résultats thérapeutiques médiocres et n'empêche pas les récidives; le salicylate de mercure a une action trop lente et bien

arr

faible; les rechutes sont fréquentes, enfin l’huile grise n’a d'effet que sur les accidents peu graves.

Les sels solubles autres que le cyanure de mercure, tout en ne présentant pas les inconvénients des précédents, ne sont cependant pas à l’abride tout reproche.

Le biiodure de mercure paraît être le plus employé et celui qui compte le plus de partisans. Son action est certaine, bien que dans un cas il ait échoué ; d'autre part, suivant Prokhorow, il détermine parfois une douleur assez vive qui peut durer plusieurs Jours : sa préparation est délicate, minutieuse et n'est pas à la portée du praticien de campagne, souvent obligé de faire la pharmacie. En outre, il faut le conserver dans des flacons en verre coloré, et ne pas en préparer une trop grande quantité à l'avance. M. Rochon-Duvignaud lui-même qui a fait un long plaidoyer en sa faveur lui reconnait ces inconvénients. Enfin bien que soluble dans l'huile, ce véhicule pourrait peut-être déterminer des embolies, ainsi qu’on en a observé, après des injections d'huile créosotée.

Le sublimé est aussi beaucoup employé, mais il est très irritant pour les tissus ; il cause parfois (Lewin) de telles douleurs qu’il faut renoncer à son emploi ; et on ne peut pour les atténuer l’associer à la cocaïne. En outre il a l’inconvénient de coaguler l’albumine des tissus, ce qui n’est pas favorable à son absorption. On à enfin observé à la suite d’injections de ce sel des phénomènes d'intoxication.

Le benzoate de mercure qui a été aussi préconisé, ne

met pas à l'abri des douleurs, des lymphangites, des

les

nodi ; il est assez difficile à préparer; pour le dissoudre dans l’eau il faut l’associer à d’autres benzoates. Enfin il a une action thérapeutique inférieure à celle des précédents.

Les autres préparations solubles employées sont passibles des mêmes reproches et leurs résultats ne sont pas meilleurs.

Le cyanure de mercure est à l’abri des accidents que déterminent les sels insolubles. Son emploi ne donne lieu à aucun des inconvénients qu’on leur a reprochés.

Nous n'avons en effet observé, ni abcès, ni nodi. La douleur qu’il serait susceptible de déterminer est pour ainsi dire abolie par l’adjonction de la cocaïne. La réaction neutre ou alcaline de sa solution (Boer) doit être aussi - un facteur important de cette absence de douleur ; nous savons en effet que les liquides dont est imprégné l’organisme sont pour la plupart neutres ou alcalins : par conséquent les solutions de cyanure de mercure dont la réaction est la même seront aussi bien tolérées.

D'ailleurs cette douleur est tellement peu forte et si facilement supportable, que beaucoup de nos malades revenaient nous demander le traitement, et s’y soumettaient très volontiers.

Nous savons aussi que l’adJonction de cocaïne ne forme pas de précipité insoluble, ce qui à uue grande importance au point de vue de l'absorption du médicament.

Cette dernière se fait d’une façon certaine; elle est rapide, ainsi que nous l’ont démontré les rares accidents observés, qui se sont produits quelques heures après l’in-

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