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jection : cette rapidité est due à la solubilité du cyanure à sa décomposition au contact des chlorures liquides de l'organisme, et aussi à la propriété qu'il possède de ne pas coaguler l’albumine, c’est-à-dire de ne pas former d’albuminates de mercure insolubles.
Par l'introduction répétée et fréquente d’une petite dose de composé, l'organisme est toujours sous l’action du médicament. Il est inutile de revenir ici sur son action thérapeutique que nous avons déjà exposée antérieurement. Cette petite dose place aussi, malgré la toxicité du cyanure, le malade à l’abri des phénomènes d'empoisonnement.
La préparation facile de la solution la met à la portée de tous les praticiens obligés de faire eux-mêmes leurs manipulations pharmaceutiques: en outre, comme elle ne se décompose pas à la lumière, sa conservation est ainsi assurée. De plus l’emploi de l’eau comme véhicule rend impossibles les accidents que déterminent les solutions huileuses, même quand elles dissolvent parfaitement le médicament.
Enfin, en dernier lieu, rappelons la parfaite tolérance du rein pour le cyanure; l’observation de Berger, concernant un malade atteint de néphrite provoquée par les frictions mercurielles, et que les injections de cyanure n’ont pas aggravée est particulièrement instructive.Nousmême n'avons Jamais remarqué non plus chez nos syphilitiques d’albuminurie consécutive aux injections.
Reproches que l’on pourrait faire
aux injections de cyanure de mercure.
Ces reproches sont, les uns d’un ordre général et s’appliquent à toutes les préparations solubles, les autres sont particuliers au cyanure de mercure.
Le premier inconvénient de la méthode, c’est de déter-
miner un renouvellement fréquent de la piqûre, et d’être
onéreuse pour le malade. Dans le cas particulier où nous
__ avons fait nos injections, ce reproche ne peut nous être
adressé.
Il est vrai que les malades étaient obligés de venir fréquemment à l'hôpital ce qui occasionnait pour eux une perte de temps; d'autre part, l'introduction de l'aiguille dans la peau, répétée tous les deux jours, rendait fréquente la douleur de la piqüre ; nous ne parlerons pas de la douleur causée par la solution, attendu qu’elle n'existe pour ainsi dire pas.
Nous admettons et reconnaissons volontiers ces inconvénients, mais NOUS croyons avec M. Abadie, qu'il vaut mieux les accepter plutôt que de s’exposer à des accidents parfois mortels, ainsi qu'on l’a démontré.