ET DU NAPHTOL CAMPHRE
1. Intoxication. — Les chirurgiens qui se sont servis du naphtol (3 dans le pansement des plaies n’ont jamais observé de phénomènes d’intoxication, et nous n’en avons jamais constaté quoiqu’ ayant dans certains cas injecté jusqu’à cinquante et cent grammes.
2. Accidents locaux. — Le Dr Girard, de Berne, quia employé le naphtol (3 en poudre, comme antiseptique, y a renoncé à cause de l’irritation produite sur la peau. M. Re ver din n’a jamais vu le naphtol (3 donner lieu à l’irritation de la peau ; cet agent ne détermine de douleur que quand la poudre ou la gaze sont placées sur une plaie ouverte. M. Nie ai se n’a pas constaté d’irritation de la peau, mais seulement de la douleur quand le naphtol était déposé sur une plaie, aussi engage t-il à ajouter à la gaze naphtolée un peu de glycérine.
Avec le naphtol camphré employé en injections interstitielles ou intracavitaires et dans les pansements des plaies, nous n’avons jamais constaté de douleur ; toutefois, quelques malades ont accusé une sensation de picotement et de brûlure superficielle. Cette sensation, très légère d’ailleurs, durait quelques minutes seulement et ne se produisait, d’après les faits que nous avons observés, que lorsque la peau était largement imprégnée de naphtol camphré. La muqueuse oculaire est particulièrement sensible à cet agent, le moindre contact du doigt trempé dans le liquide, provoque une sensation désagréable de fourmillements, du larmoiement, et cependant, les applications du naphtol camphré sur la muqueuse buccale, la langue, les amygdales, ne sont ni caustiques, ni irritantes; on ne perçoit que le goût du camphre, un peu trop prononcé, il est vrai.
Chez quelques malades, et en particulier chez des femmes à peau line etfacilemént irritable, nous avons observé de petites plaques d’érythème qui disparaissaient rapidement, et très rarement de la vésication. Pour éviter cet accident il suffît d’enduire la peau de vaseline boriquée ou bicarbonatée. Après les injections interstitielles de naphtol camphré, nous n’avons jamais vu de sphacèle des tissus profonds ou de la peau, mais en pratiquant des injections interstitielles très superficielles dans les petites tumeurs d'un néoplasme diffus cutané de la région dorsale, j’ai noté, après chaque piqûre, une petite plaque blanche qui se mortifiait et laissait à sa place une ulcération. Dans ce cas particulier j’ai obtenu en provoquant ces ulcérations des résultats bien meilleurs et plus rapides que lorsque je me contentais d’appliquer le naphtol camphré à la surface de ces tumeurs.
Nous n’avons jamais observé après l’emploi du naphtol camphré d’éruption siégeant à la face interne des cuisses et sur le scrotum, comme cela a été signalé après l’absorption du naphtol à l’intérieur à la dose de 2 gr. 50.
Mon cher collègue et ami Couder a constaté une éruption rubéoliforme généralisée, surunejeune malade atteinte d’ostéo-arthrite tuberculeuse tibio-tarsienne et pansée au naphtol camphré. « A la suite d’un pansement (v. observation), la malade a présenté sur tout le corps une éruption papuleuse rubéoliforme ne s’accompagnant d’aucune fièvre et qui a disparu en deux jours. Comme elle ne prenait aucun médicament à l’intérieur, il est probable que c’est le naphtol camphré qui est en cause. »
Dans aucun cas, ces accidents (démangeaisons, picotements, érythème, vésication) n'ont empêché la réunion primitive ; et, il ne nous semble pas que l’on puisse être tenté de renoncer pour cela aux bons résultats fournis par le naphtol camphré.