‹ Contribution à l'étude du traitement de la tuberculose des os, des articulations et des synoviales tendineuses, de l'emploi des antiseptiques et en particulier du naphtol camphréChapitre 14 sur 32 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

DE L’EMPLOI DES ANTISEPTIQUES DANS LE TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE DES OS, DES ARTICULATIONS ET DES SYNOVIALES TENDINEUSES

Sous l’influence de la méthode de Lister, de nombreux essais ont été faits dans ces dernières années pour traiter les tuberculoses locales par les antiseptiques. Cependant, bien avant Lister, certains chirurgiens, en France, avaient obtenu de beaux résultats avec l’alcool, la teinture d’iode, les caustiques chimiques. Mais, comme ils ne connaissaient pas l’utilité des précautions antiseptiques en chirurgie et en particulier dans les opérations sur les synoviales et les os, des accidents inflammatoires et souvent de l’infection avaient compromis gravement leurs procédés de traitement. Une période de réaction suivit ces premières tentatives et l’on n’osait plus intervenir pour les abcès froids, les tumeurs blanches, les lésions osseuses de la tuberculose et les synovites chroniques. Les révulsifs, les emplâtres à base de mercure, l’immobilisation étaient les seuls modes de traitement que l’on employait sans accidents. Actuellement, grâce à la méthode antiseptique, on intervient plus activement pour le traitement de ces tuberculoses, on s’efforce d’enlever par des opérations ou de modifier et de désinfecter à l’aide des antiseptiques, les foyers tuberculeux. L’auto-infection et la récidive sont les seuls dangers. Pour les éviter, on cherche, dans la série des antiseptiques, celui qui a une action spécifique sur le bacille tuberculeux et qui est le moins toxique. L’acide phénique, l’acide salicylique, la créosote, le sublimé, l’iodoforme surtout, pour ne citer que les plus importants, ont été employés avec succès, non sans déterminer parfois des phénomènes d’intoxica-

lion. Le naphtol, sur lequel nous désirons appeler l'attention, est depuis peu de temps entré dans le domaine de la chirurgie ; c’est un antiseptique puissant et fort peu toxique, qui paraît agir très efficacement sur les lésions tuberculeuses. Dans les observations que nous rapportons dans ce travail, son emploi a été couronné de succès pour le traitement de la tuberculose des os, des articulations et des synoviales tendineuses.

En général, le chirurgien cherche à agir directement sur le foyer tuberculeux, soit à l’aide des injections antiseptiques interstitielles ou intracavitaires, soit après une opération plus ou moins importante, par les lavages, les irrigations et les pansements ; à l’exception toutefois des tuberculoses qui guérissent spontanément sous l’influence des règles hygiéniques appropriées.

L’antisepsie générale a été utilisée pour venir en aide à l’antisepsie locale.

L’emplâtre mercuriel appliqué comme topique à la surface des lésions qui nous occupent et qui avait été utilisé par Y elpeau, Boyer, etc., a été remis en honneur dans ces dernières années, et, si l’on s'en rapporte à des observations récentes, on peut le considérer comme un moyen adjuvant très important, sinon efficace dans le traitement de ces affections.

La réfrigération, paraissant agir sur la vitalité du bacille de Koch, peut rendre quelques services thérapeutiques.

Après avoir considéré ce que peut donner l’emplâtre mercuriel et la réfrigération, nous étudierons successivement les résultats fournis par les opérations dirigées contre la tuberculose des os, désarticulations et des synoviales tendineuses, à l’aide des antiseptiques et nous indiquerons, à propos de chacune de ces localisations, ce que l’on a obtenu avec le naphtol camphré.

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