‹ Contribution à l'étude du traitement de la tuberculose des os, des articulations et des synoviales tendineuses, de l'emploi des antiseptiques et en particulier du naphtol camphréChapitre 16 sur 32 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De la réfrigération dans le traitement de la tuberculose des os, des articulations et des synoviales tendineuses.

La réfrigération employée par Volkmann, Kœnig, Esmarch a donné de bons résultats dans le traitement de la tuberculose des os, des articulations et des synoviales tendineuses.

Gers ter, dans une étude sur le traitement moderne de la tuberculose articulaire (Annals of Surgery, YIl,p. 241, 1888), insiste sur son utilité : « La glace procure beaucoup de soulagement au malade, surtout dans les arthrites chaudes et douloureuses; la marche de la maladie est ralentie ou même complètement arrêtée par la réfrigération sèche combinée avec l’immobilité de l’articulation (coude, genou). Cet effet de la glace sur l’évolution de la tuberculose a une explication rationnelle. D’après les expériences de Koch, les bacilles de la tuberculose ont une impressionnabilité excessive aux légères variations de la température du terrain dans lequel ils se développent. Une dépression de 2° centigrades au-dessous de la température normale dans le terrain de culture, a été suffisante à chaque fois pour arrêter le développement du bacille. Il faut ajouter à ce propos que cet abaissement de température ne détruit pas les spores ou les germes des fongosités ; il ne fait qu’arrêter la propagation ultérieure, c’est-à-dire qu’il produit un arrêt de développement. Pendant cet arrêt de l’élément nuisible on gagne du temps et l’on peut apporter à l’économie une plus grande force de résistance par une thérapeutique et une médication convenables, et, les tissus sains peuvent ainsi étendre autour du foyer malade un mur protecteur, soit en bourgeonnant ou en encapsulant ou finalement en produisant du tissu connectif dense. »

Cette hypothèse de Gerster nous paraît absolument admissible. Tout récemment nous avons employé avec succès la réfrigération

dans un cas de synovite tuberculeuse du genou; sous l’influence de ce moyen, les douleurs et le gonflement ont rapidement disparu. Nous pensons que pour en obtenir quelques résultats, il ne suffit pas de suspendre le sac de glace à un cerceau au-dessus de la région malade ; il faut l’appliquer, suivant le procédé que nous a appris notre cher maître, M. L. Labbé et qui rend de si grands services dans les cas de péritonite au début; au bout d’un et au plus deux jours, la température tombe, le ballonnement disparaît, l’état général s’améliore. Après avoir recouvert la peau d’une compresse de flanelle, on applique directement et sans les suspendre, deux ou trois vessies de glace ; deux bourrelets d’ouate placés de chaque côté et un bandage de flanelle les maintiennent parfaitement en contact avec la région à traiter, malgré les mouvements du malade. Nous remercions M. Labbé de nous avoir fait connaître cette méthode de réfrigération, qui ne peut qu’être utile.

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