A. — ABCÈS PAR CONGESTION
Obs. CCL (inédite). — Abcès par congestion. — Incision. — Injection de naphtol camphré. — Guérison. (Observation communiquée par mon excellent collègue et ami Répin.)
Henriette B..., 33 ans, entre en novembre 1889, à l’hôpital Lariboisière, service de M. le Dr Périer.
Pas d’antécédents tuberculeux chez les parents.
Adénites cervicales dans l’enfance. Il y a un an, ayant fait une chute, la région lombaire porta sur une balustrade de fer. Depuis ce temps la malade éprouva toujours des douleurs dans cette région.
Au mois d’août, apparition d’une tumeur au-dessous de la crête iliaque gauche, en arrière. Cette tumeur d’abord dure, devint fluctuante ; elle a actuellement le volume d’une noix . Pas de points douloureux très nets sur la colonne vertébrale ou la crête iliaque.
Le 18 novembre: incision longitudinale de l’abcès, évacuation du pus, il contient des grumeaux. Pas de grattage, injection de naphtol camphré. Malaxation des parois, suture. Pas de drain. Pansement au collodion.
Le 3e jour, on constate un épanchement sanguin dans lapoche de l’abcès, on évacue une quantité de caillots. Même pansement.
Quinze jours après on enlève les points de suture.
Guérison complète au bout d’un mois de traitement.
Obs. CCLI (inédite). — Mal de Pott . — Abcès par congestion. — Incision. — Injection de naphtol camphré. (Note communiquée par mon ami Cocquelet.)
F..., Eugénie, 17 ans, entre le 6 janvier 1890, à l’hôpital Lariboisière, service de M. le Dr Périer, salle Gosselin, 2.
Mal de Pott : abcès par congestion de la région lombaire gauche.
Le 6, ouverture spontanée ; il s’écoule environ 250 gr. de pus mal lié. grumeleux, contenant de la poussière osseuse.
17 janvier. Incision large, grattage des parois, injection de naphtol camphré. Pansement au salol.
Le 27. Peu de suppuration.
Le 28. Température normale depuis l’opération. Etat général assez bon.
(On a trouvé des traces de naphtol dans les urines pendant les huit jours qui ont suivi l’opération.)
Obs. CCLII (personnelle). — Abcès tuberculeux pèrinéphrétique. —
Naphtol camphré. — Guérison. (Pouillot. Th. doct. Paris, 1889.)
P..., Édouard, menuisier, 44 ans, entre le 16 octobre 1888, à Phôpital Lariboisière, salle Ambroise-Paré, 30, service de M. le Dr Périer.
Ce malade est envoyé d’un service de médecine où il a été soigné pour une tuberculose pulmonaire avec pleurésie droite ; il est adressé pour un abcès périnéphrétique ayant débuté, il y a trois mois, sans cause apparente.
On constate, en effet, un volumineux abcès périnéphrétique, adroite, déformant la fosse lombaire et se prolongeant dans la fosse iliaque. Pas de pus dans l’urine.
16 octobre. M. Périer m’ayant confié le malade, je fais avec le thermocautère, dans la région lombaire droite, une incision verticale de 10 à 12 centim. Il s’écoule environ trois litres de pus infect. Après lavage abondant du foyer avec la solution de sublimé au millième et avoir placé dans les prolongements de Pabcès trois drains longs et gros, j’injecte par ces drains 50 gr. de naphtol camphré. Pansement au salol, maintenu par une couche d’ouate de tourbe.
Le 18. Pansement : les drains sont laissés en place.
Je bourre l’orifice de l’abcès avec de la gaze au salol imbibée de naphtol camphré, même pansement superficiel.
2 novembre. Les drains sont raccourcis, injection de 20 gr. de naphtol camphré.
Le 10. Suppression des drains, même pansement.
Le 28. La suppuration a beaucoup diminué. Il ne reste plus qu’une surface bourgeonnante. Petit pansement au salol maintenu par du collodion.
9 décembre. Guérison absolue. L’état général est excellent. Exeat.
Obs. CCLIII (personnelle, inédite). — Abcès froid ossifluent de la
fosse iliaque droite. — Incision. — Injection de naphtol camphré. —
Guérison.
L..., Henri, 19 ans, cultivateur, entré le 24 octobre 1888, à l’hôpital Lariboisière, salle Ambroise-Paré, n° 18, service de M. le Dr Périer.
Abcès froid de la fosse iliaque droite. Point douloureux, par la per-
cussion de l’os iliaque ; 2 orifices fistuleux, depuis un mois, bords décollés, empâtement. Peau rouge, amincie.
1er novembre. Incision, évacuation du pus, injection de naphtol camphré, drain. Pansement au salol.
Le 8. Suppression du drain, disparition de l’empâtement.
Le 12. Pansement. Pas de pus.
Le 25. Exeat, guérison.
Obs. CCLIV (personnelle, inédite). — Volumineux abcès par congestion des régions dorso-lomb aire et sacrée. — Incision. — Lavage
et drainage au naphtol camphré. — Guérison rapide.
Gr.., Jean, 35 ans, mécanicien, entre le 24 novembrë 1888, à l’hôpital Lariboisière, service de M. le Dr Périer, salle Ambroise-Paré, n° 22, pour un vaste abcès par congestion de la région lombaire et de la fesse droite.
Cet abcès s’étend de la partie moyenne de la région dorsale (en ce point la percussion détermine un point douloureux), descend dans la région lombaire et au niveau du sacrum se divise en deux lobes, l’un petit, atteint la crête iliaque gauche, l’autre, beaucoup plus développé, arrive vers la région trochantérienne droite.
Pas de gibbosité ; pas de collection purulente dans l’aine.
6 janvier (M. Périer ayant eu la bonté de me. confier ce malade), je fais une incision de 10 centim. dans la région lombaire ; ii s’écoule une grande quantité de pus grumuleux, mal lié et contenant un peu de poussière osseuse. L’abcès évacué et lavé au sublimé, j’injecte dans la cavité, environ 100 gr. de naphtol camphré; j’introduis ensuite dans chaque prolongement de la poche, une mèche de gaze au salol fortement imbibée de naphtol camphré.
Pansement avec la gaze et l’ouate au salol.
Le 8. Pansement. Je retire les mèches de gaze et j’injecte environ 30 gr. de naphtol camphré. Pansement à plat.
Le 20. Les parois de l’abcès sont accolées et déprimées, la ligne d’incision n’est plus marquée que par une traînée granuleuse.
Le 25. Guérison ; le malade se lève, marche sans douleurs.
Le 30. Exeat.
Obs. CCLV (personnelle, inédite). — Abcès froid de Vavant-bras. —
Dénudation du cubitus. — Incision, grattage, naphtol camphré. —
Guérison rapide.
Pr..., François, 34 ans, employé, entré le 7 janvier 1889, à l’hôpital Lariboisière, salle Ambroise-Paré, 6 bis , service de M. le Dr Périer.
Il y a 4 ans, contusion de la partie interne du coude droit, depuis un an, tuméfaction de la partie supérieure du cubitus droit. A son entrée:
abcès froid situé dans la région postéro-interne du tiers supérieur de l’avant-bras droit. Bourrelet dur et épais sur le cubitus. Rien au radius. Les mouvements et la sensibilité ne sont pas altérés à l’avantbras et à la main ; douleurs spontanées, surtout nocturnes au niveau de l’abcès froid.
17 janvier. Incision, grattage de la poche de l’abcès et du cubitus dénudé. Lavage au naphtol camphré. Suture. Pas de drain. Pansement au salol.
Le 24. Pansement. Réunion absolue. Levée des sutures.
Le 30. Exeat. Guérison. La région a l’aspect normal.
Obs. CCLVI (personnelle, inédite). — Tuberculose des trois dernières
côtes. — Résections partielles. — Tuberculose rénale et abcès pèri-
néphrétique. — Néphrectomie. — Naphtol camphré. — Guérison.
C..., Virginie, 33 ans, couturière, entre le 11 janvier 1889, à l’hôpital Beaujon, salle Laugier, n° 16, service de M. le Dr Labbé.
En 1885. Métrite et cystite douloureuse.
En 1886. Cystite douloureuse persiste : dilatation de l’urèthre, instillation de nitrate d’argent. Urines purulentes.
En juin 1888. Pneumonie.
Août 1888. Phlegmon périnéphrétique à gauche. La malade entre à l’hôpital : incision du phlegmon, au niveau des dernières côtes gauches. Pus abondant.
La malade sort de l’hôpital, trois mois après l’opération, avec une fistule.
11 janvier 1889. La malade entre à l’hôpital Beaujon pour de violentes douleurs dans les régions lombaire et hypogastrique ; orifice fistuleux à la partie moyenne de la dernière côte gauche. Les urines contiennent du pus, parfois en grande abondance.
12 février. Incision parallèle au bord inférieur de la 12e côte, puis incision verticale perpendiculaire.
Les trois dernières côtes sont dénudées et cariées dans une étendue de trois à quatre centimètres. Résection des parties osseuses malades. Grattage avec la curette de Volkmann, du trajet fistuleux, des anfractuosités et des os. Une mèche de gaze de salol imbibée de naphtol camphré est introduite au fond de la plaie entre les extrémités des côtes et fait l’office de drain. Sutures profondes et superficielles au crin de Florence.
Pansement au salol.
Le 17. Réunion avancée. Suppression de la mèche. Drain.
Le 24. Bon état.
Le 30. L’orifice du drain est bourgeonnant. Amélioration de l’état général.
20 mars. Le pus qui avait complètement disparu dans les urines reparaît. Tuméfaction de la région lombaire.
2 avril. Opération par M. Labbé. Incision sur l’ancien trajet fistuleux. Sur le bord externe du carré lombaire, on voit un petit orifice fistuleux. La pression fait sourdre du pus à odeur urineuse. On agrandit l’incision et l’on arrive profondément sur une collection purulente ; après l’évacuation du pus, on voit le rein déformé, manifestement altéré. Excision du rein au thermocautère, après ligature élastique du pédicule. Irrigation au sublimé au 1000e. La plaie est bourrée de gaze imbibée de naphtol camphré.
Pansement superficiel au salol. Compression,
Le soir, la malade est affaiblie, pouls petit, irrégulier, dyspnée légère, céphalalgie. Un peu d’urine sanguinolente avec faible dépôt purulent.
Le 3. La malade est bien. Urines 800 grammes. Pas de pus.
Le 4. Pansement, pas de suppuration. Pansement au naphtol camphré.
La quantité d’urine augmente progressivement de 800 à 2200 grammes. Température normale. La plaie se comble peu à peu. La malade souffre toujours de la vessie : instillations de naphtol camphré.
Le 17. Chute du bourgeon rénal. Pansement au naphtol camphré.
Le 25. Bourgeonnement actif avec fort peu de suppuration, de toute l’étendue de la plaie. Pansement au salol.
Le 15. La plaie a beaucoup diminué d’étendue. Pansement au salol maintenu par du collodion.
Le 30. Guérison. Cicatrisation complète. La malade a reprisses forces. Les urines ne contiennent plus de pus. Les douleurs vésicales, si prononcées pendant la miction, ont à peu près complètement disparu.
Le rein enlevé est infiltré de granulations tuberculeuses, surtout nombreuses dans la substance corticale, qui était d’ailleurs fortement réduite par places. Les calices et le bassinet sont distendus par du pus grumeleux, verdâtre, à odeur urineuse, la muqueuse qui les tapisse est fongueuse.
Obs. CCLVII (personnelle, inédite). — Abcès froids d’origine osseuse.
— Naphtol camphré. — Envoie de guérison. — Amélioration de
l’état général.
B..., Alphonse, 33 ans, cocher, entre le 18 mars 1889, à l’hôpital Beaujon, service de M. le Dr Labbé, salle Blandin, 6, pour une ostéo-arthrite tuberculeuse suppurée du genou ; amputation de cuisse au tiers moyen le 7 mai : suppuration, réunion secondaire par bourgeonnement.
Le 1er août, nous voyons le malade : mauvais état général, tuberculose pulmonaire : craquements humides au sommet droit. L’extrémité du moignon présente une fistule conduisant dans une collection purulente ; la cicatrice adhère à l’os, en dedans.
Sur l’avant-bras gauche, trois abcès froids.
Abcès froid volumineux du coude droit, et descendant sur les faces interne et postérieure de l’avant-bras.
Abcès froid très étendu du moignon de l’épaule gauche.
Le 21. Les abcès froids sont ponctionnés, puis lavés au naphtol camphré. Pansement occlusif et compressif. Pas de douleurs après ces injections, le malade éprouve seulement une sensation de chaleur très supportable pendant quelques minutes.
1er octobre. Nouvelle ponction de l’abcès froid du coude ; liquide café au lait; injection de naphtol camphré. Ponction et lavage de la collection purulente de Pépaule.
Les abcès froids de l’avant-bras sont guéris.
Le 10. Les abcès froids du coude et de l’épaule ont beaucoup diminué de volume. L’état général est très amélioré, plus de fièvre, bon appétit.
Le 15. Résection de trois centim. du fémur droit. Grattage de la poche tapissée de fongosités tuberculeuses. Drainage avec la gaze imbibée de naphtol camphré. Pansement ouvert.
15 décembre. La plaie de résection est à peu près complètement fermée, par bourgeonnement.
31 janvier. Nous quittons le service. L’abcès froid de l’épaule a beaucoup diminué de volume, celui du coude est guéri ; il ne reste plus qu’une petite traînée granuleuse sur la plaie de résection. Amélioration considérable de l’état général, le malade se lève ; il a repris ses forces et de l’embonpoint.
B. — OSTÉITES TUBERCULEUSES
Obs. CCLVIII (inédite). — (Service de M. Périer, hôp. Lariboisière.)
Mme Th..., 43 ans, consultation externe, novembre 1888.
Carie du sternum. Le 6 novembre, incision, grattage, évidement de toute l’épaisseur de l’os. Pansement au naphtol camphré.
24 novembre. Guérison complète.
Obs. CCLIX (personnelle, inédite). — Tuberculose de la 7e côte et
de la partie inférieure du sternum. — Résection costale, grattage
du sternum et des fistules. — Naphtol camphré. — Guérison.
L..., Pierre, 52 ans, sans profession, entré le 10 septembre 1888, à l’hôpital Lariboisière, salle Ambr.-Paré, n° 28, service de M.le Dr Périer, suppléé par M. le Dr Nélaton.
Le malade entre à l’hôpital pour une fistule dans la région costale inférieure droite, ayant débuté, il y a environ 9 mois, après l’ouverture d’un petit abcès; depuis un an et demi, il souffrait d’un point douloureux siégeant à la partie moyenne de la 7e côte.
A son entrée. La région costale inférieure droite est empâtée, douloureuse ; on voit un orifice fistuleux donnant peu de pus ; le trajet fistuleux, d’environ 12 centim., se dirige obliquement en dedans, en arrière et en bas ; on sent la 7e côte dénudée ; légers signes d’induration du sommet du poumon droit.
24 septembre. Opération. Incision suivant le trajet de la fistule ; la 7e côte est dénudée et cariée ; résection de 6 cent, de la côte malade ; grattage des deux extrémités. La fistule se continue en haut, vers la partie inférieure du sternum ; grattage, irrigation au naphtol camphré, 2 drains ; un dans chaque trajet. Sutures. Pansement au salol.
10 octobre. On diminue le volume et la longueur des drains, injection de naphtol camphré. Même pansement.
Le 30. Suppression des drains, ils sont remplacés par des mèches de gaze au salol imbibées de naphtol camphré.
7 novembre. Pansement au salol maintenu par du collodion.
9 janvier 1889. Exeat. Guérison complète.
Obs. CCLX (inédite). — (Service de M. Périer, hôp. Lariboisière.)
G..., Marianne, ménagère, entre le 23 mars 1889, salle Gosselin, 46 bis. Carie costale. Résection de la partie malade de la côte, grattage. Pansement ouvert au naphtol camphré ; le 31 mars, guérison.
Obs. CCLXI (personnelle, inédite). — Ostéite tuberculeuse de la 8e côte droite. — Résection. — Naphtol camphré. — - Guérison.
F..., Auguste, âgé de 65 ans, matelassier, entre le 11 septembre 1889 à Thopital Beaujon, service de M. le Dr L. Labbé, salle Blandin, n° 13.
18 février 1887. Le malade était entré à l’hôpital Bichat, pour abcès froid de la région costale inférieure droite ; incision, grattage. Pansement iodoformé. Le malade sort de Thopital avec une fistule.
24 mai 1889. F... entre à l’hôpital Beaujon. Grattage de la 8e côte. Pansement iodoformé.
En août. Un abcès froid se développe à la partie inférieure droite du sternum.
11 septembre. Etat actuel : Fistule à la partie moyenne de la région costale inférieure droite, un stylet introduit dans le trajet arrive à la 8e côte dénudée et ramollie. Abcès froid du volume d’un œuf de pigeon sur la partie droite de l’extrémité inférieure dn sternum.
Le 17. Opération. Incision suivant le trajet de la fistule; la 8e côte est dénudée et cariée dans une étendue de 2 centimètres. Résection de la partie malade, grattage avec la curette de Volkmann des deux extrémités de la côte ; grattage et excision du trajet fistuleux.
Une mèche de gaze au salol imbibée de naphtol camphré est introduite entre les extrémités de la côte et sert de drain.
Réunion partielle à l’aide de sutures au crin de Florence.
Pansement au salol : poudre, gaze, ouate.
Le 22. On retire la mèche de gaze imbibée de naphtol camphré.
Injection de naphtol camphré.
11 novembre. Guérison absolue ; cicatrisation par bourgeonnement.
fi
Obs. CCLXII (inédite). — (Service de M. Périeb, hôp. Lariboisière.)
O..., Pierre, 40 ans, sans profession, entré le 2 octobre 1889, salle Ambr.-Paré, 40. Carie costale tuberculeuse. Grattage. Cavité bourrée avec la gaze imbibée de naphtol camphré. Pansement au collodion. Le 3 novembre, exeat. Guérison.
Obs. CCLXIII (personnelle, inédite). — Ostéite tuberculeuse de Vos iliaque et du sacrum. — Naphtol camphré. — Guérison.
M..., Léonie, 16 ans, entre le 8 avril 1889 à l’hôpital Beaujon, service de M. L. Labbé, salle Laugier, 20.
En juin 1887, la malade était entrée à l’hôpital Beaujon pour un volumineuxabcès froid de la région fessière et de la partie supérieure de la cuisse. On lit une ponction et une injection d’éther iodoformé. La collection s’étant reproduite, on incisa l’abcès et l’on fit un grattage du grand trochanter. Pansement iodolormé.
Au mois de mars 1889, l’abcès de la fesse s’est reformé, s’ouvre spontanément et une fistule se produit et persiste.
La malade entre de nouveau à l’hôpital le 8 avril. A la partie moyenne de la fesse se trouve un orifice fistuleux ; un stylet introduit dans la fistule, arrive d’une part vers la crête iliaque et d’autre part vers le sacrum.
La malade est une scrofuleuse type. Lèvres épaisses, adénopathies cervicales ; dans sa jeunesse, blépharite et conjonctivite, otorrhée. Elle est pâle, anémique ; un peu d’œdème des membres inférieurs, légère albuminurie ; je la soumets au régime lacté partiel.
23 avril. Opération. Incision du trajet fistuleux jusqu’à l’épine iliaque postérieure et supérieure, grattage de l’os et du trajet, deuxième incision suivant le trajet delà fistule sacrée, excision de la paroi fistuleuse, grattage du sacrum. Les cavités opératoires sont bourrées de gaze imbibée de naphtol camphré. Réunion partielle de l’incision. Pansement au salol.
7 juillet. La plaie est complètement cicatrisée. Exeat.
Obs. CCLXIV (personnelle, inédite). — Ostéite tuberculeuse de V olécrane. — Naphtol camphré. — Guérison. \
B..., Blanche, 12 ans 1/2, entre le 3 juillet 1889 à l’hôpital Beaujon, service de M. leD1' Labbé, salle Laugier, 6, pour une ostéite tuberculeuse de l’extrémité supérieure du cubitus gauche avec abcès froid.
10 juillet. Incision de l’abcès, grattage de la poche, curage de l’olécrâne; lavage au naphtol camphré. Une mèche de gaze imbibée de naphtol est introduite dans la cavité osseuse. Réunion partielle de l’incision, à l’aidede sutures au crin de Florence. Pansement au salol. Compression ouatée, immobilisation ; 2 jours après, je retire la mèche de gaze, bourgeonnement. Lavage au naphtol camphré. Pansement au salol.
31 juillet. La plaie réunie dans la partie suturée, est à peu près complètement cicatrisée ; il ne reste plus qu’une traînée granuleuse.
10 août. Guérison absolue. Exeat.
Obs. CCLXY (personnelle, inédite). —Carie du calcanéum. — Grattage. — Naphtol camphré. — Guérison.
S..., Marcellin, 17 ans, fondeur, entre le8 novembre 1888 à l’hôpital Lariboisière, service de M. le Dr Périer, salle Ambroise-Paré, 31 bis, pour une carie du calcanéum ayant débuté trois ans auparavant.
La région du talon est tuméfiée et douloureuse ; à la face externe se trouve une fistule qui pénètre dans le calcanéum. Rien à l’articulation.
9 novembre. Grattage du calcanéum, ablation d’un séquestre, lacavité est lavée avec le naphtol camphré, puis remplie de poudre de salol. Pansement au salol, compressif.
Le 20. La cavité osseuse a beaucoup diminué et bourgeonne activement. 25 décembre. Le malade sort, incomplètement guéri; il reste une petite surface granuleuse.
25 avril 1889. Le malade revient à l’hôpital ; on voit une petite fistule au niveau de la plaie opératoire.
M. Nélaton craignant une récidive ou un séquestre, pratique la résection sous-périostée des 2/3 postérieurs du calcanéum avec la curette. Pas de lésions tuberculeuses, sauf un petit séquestre en voie d’élimination. M. Nélaton nous a dit regretter d’être intervenu une seconde fois ; à son avis le petit séquestre aurait été éliminé fa cilement.
Même pansement. Guérison rapide.
Obs. CGLXVI (inédite). — Carie du calcanéum. — Evidement. — Naphtol camphré. (Note communiquée par mon ami Cocquelet.)
PaulM.... 46 ans, soudeur, entre le 5 décembre 1889 à l’hôpital Lariboisière, service de M. Périer, salle Ambroise-Paré, 4.
Carie du calcanéum avec trajet fistuleux à la partie interne du talon droit. Évidement, injection de naphtol campnré le 16 décembre. La cavité est bourrée de gaze imbibée de naphtol camphré. Pansement au salol, compression ouatée.
28 janvier. La cavité, presque comblée, bourgeonne activement.
(Chez ce malade on a constaté la présence du naphtol dans les urines, pendant 8 jours, après l’opération et chaque pansement.)
Obs. CCLXVII (personnelle, inédite). — Spina-ventosa du pouce. — Injections de naphtol camphré. — Guérison.
Fr..., Adélina, 17 ans, brodeuse, entre le 9 avril 1889 à l’hôpital Beaujon, service de M. L. Labbé, salle Laugier, 4.
C’est une jeune fille pâle, anémique, elle a eu dans son enfance de la conjonctivite et de l’otite purulente. Actuellement quelques petits ganglions cervicaux. Abcès froid à la face antérieure de la jambe ; le 20 avril, ponction, évacuation du pus grumeleux et mal lié, injection de naphtol camphré ; le 1er juin, guérison de l’abcès, les tissus sont redevenus souples.
La malade présente en outre un spina-ventosa de la 2e phalange du pouce gauche. Cette affection aurait débuté il y a environ un an. Le pouce a une forme de massue, la 2e phalange est globuleuse; quelques douleurs surtout nocturnes et gêne considérable dans les mouvements.
Le 15. Je fais dans la phalange une ponction avec une seringue de Pravaz, pourvue d’une aiguille de gros calibre ; issue de pus grumeleux, mal lié, injection d’un 1/4 de seringue de naphtol camphré. Pansement au salol, maintenu par du collodion. A la suite de cette injection, la malade accuse pendant quelques minutes une sensation de fourmillements, mais pas de douleurs.
Ces injections interstitielles de naphtol camphré dans la phalange, furent répétées tous les 10 jours, en diminuant chaque fois la quantité de liquide injecté.
Sous l’influence de la première injection, la phalange se tuméfia un peu, puis diminua progressivement de volume.
Après deux mois de traitement, la phalange du pouce avait repris son volume normal, mais elle était un peu déformée. Plus de douleurs, plus de gêne dans les mouvements.
Au commencement de juillet, la malade sort de l’hôpital : l’abcès froid et le spina-ventosa sont guéris.
La santé générale est très améliorée.
J’ai eu des nouvelles de cette malade six mois après sa sortie de l’hôpital ; la guérison des deux lésions tuberculeuses s’est maintenue ; elle a fait un séjour à la campagne, sous cette influence, l’état général est excellent. Elle a pu reprendre son travail de brodeuse.
Obs. CCLXVIII (personnelle, inédite). — Spina-ventosa, de la 2e phalange du pouce. — Injections de naphtol camphré. — Guérison.
L..., Louise, 17 ans, femme de chambre, se présente le 7 octobre 1889, à la consultation externe de l’hôpital Beaujon, service de M. L. Labbé, pour un spina-ventosa de la deuxième phalange du pouce droit.
Rien d’important dans les antécédents héréditaires.
Scrofule dans l’enfance ; la malade se plaint de l’affection qui l’amène, depuis environ un mois.
7 octobre. Avec la seringue de Pravaz ponction de la phalange, pus grumeleux, mal lié. Injections de naphtol camphré (20 gouttes). Ces injections sont répétées tous les huit jours.
12 décembre. Diminution très notable du volume de la phalange.
15 janvier. La phalange a repris son volume normal, quoiqu’un peu déformée ; plus de douleurs ; la malade a repris ses occupations sans la moindre gêne.
Obs. CCLXIX (personnelle, inédite). — Spina-ventosa du gros orteil.
— I7ijecti07i de naphtol camphré. — Guérison.
Léontine D..., 11 ans, vient à la consultation de l’hôpital Beaujon, service de M. le Dr L. Labbé, vers le milieu de novembre 1889, pour un spina-ventosa du gros orteil droit. Convulsions dans l’enfance ; pas d’antécédents tuberculeux héréditaires ou personnels.
Depuis environ 6 mois, l’enfant a remarqué une augmentation de volume du gros orteil droit; douleurs et gêne pendant la marche, il y a environ deux mois une fistule s’est produite sur le bord interne de la 2e phalange; issue continuelle de pus grumeleux, mal lié; cataplasmes, immobilisation pendant quelque temps. Cependant l’orteil est toujours volumineux et l’écoulement purulent continue.
Quand nous voyons cette petite fille pour la première fois ; le gros orteil droit est rouge, tuméfié ; les mouvements imprimés aux phalanges déterminent des craquements articulaires rudes.
Par l’orifice de la fistule situé sur le bord interne, on pénètre dans la 2e phalange qui est très volumineuse ; par une autre exploration on pénètre dans l’articulation qui unit les 2 phalanges, les os sont dénudés, ramollis. Les précautions antiseptiques étant prises, j’injecte dans la phalange et dans l’articulation du naphtol camphré (un quart de seringue pour chaque injection). Pansement au salol, maintenu par du collodion. Ces injections sont répétées tous les huit jours. 17 novembre, l’orteil diminue de volume. 22 décembre, plus de suppuration, plus de douleurs, la phalange a à peu près son volume normal. 12 janvier, la fistule est fermée, les tissus sont souples. Guérison.
Obs. CCLXX (personnelle, inédite). — Spina-ventosa du 4e 7nétacarpie7i. — I7ijecti07is de naphtol ca7nphrè. — Gué7'ison.
Marie F..., 29 ans, vient à la consultation externe de Phôpital Beaujon, service de M. L. Labbé, pour un spina-ventosa du 4e métacarpien droit, au mois de novembre 1889.
Antécédents héréditaires tuberculeux. Chez la malade, induration du sommet des deux poumons ; conjonctivite et adénites cervicales pendant l’enfance.
Depuis le mois de juin 1889, elle a remarqué une tuméfaction du 4e métacarpien droit; douleurs, surtout nocturnes. Gêne dans les mouvements.
17 novembre. Avec la seringue de Pravaz, ponction du métacarpien, on retire du pus grumeleux, mal lié ; injection d’un quart de seringue de naphtol camphré. Pas de douleurs après l’injection.
Ces injections sont répétées tous les huit jours, en diminuant la quantité de liquide.
Le 15 décembre, diminution considérable du volume du métacarpien.
Les douleurs ont disparu, les mouvements de la main et des doigts ne sont plus gênés, la malade a repris son travail.