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OBsERvATION IL.
Pleurésie séro-fibrineuse.
H... (Pierre), employé de bureau, âgé de 23 ans, entre à l'hôpital le 4 mai avec le diagnostic de typhoïde. Il présentait en effet une prostration extrème, de la diarrhée, de la fièvre (38°).
Le début, au 20 avril, avait été assez violent : un frisson, une élévation de température et un ensemble de signes nerveux : céphalée, somnolence, fatigue, photophobie, existaient avec des troubles gastro-intestinaux (vomissemenis, diarrhée). A l'examen, on est frappé par le décubitus latéral droit que présente le malade; la toux sèche et quinteuse, une douleur violente du côté droit exacerbée par la respiration et une polypnée énorme (à 60) orientent le diagnostic vers une atteinte de la plèvre. D'ailleurs, il n’y à aucune expectoration, le malade présente des quintes de toux au moindre mouvement, mais surtout il donne l’aspect d’un grand infecté, avec pâleur, amaigrissement, fatigue extrême. A l’auscultation, on constate tous les signes d’un très volumineux épanchement de la plèvre droite : la matité est absolue sur toute l'étendue de l’hémithorax droit; le foie est abaissé de trois travers de doigt, le cœur est déjeté vers la gauche, la mensuration du thorax indique une augmentation de 3 centimètres du côté atteint.
Une ponction exploratrice permet de retirer du liquide citrin où une analyse montre « une forte réaction cellulaire avec deux tiers de lymphocytes et l’absence de toute flore microbienne ».
Une analyse d'urine faite lors de son entrée à la salle 25 indique l'absence de tout élément étranger, mais une rétention chlorurée abondante : le taux des chlorures y est seulement de 2,1, l’urée 11,8, les phosphates 1,15.
Evolution. — A son entrée, le pronostic le plus défavorable avait été porté : le mauvais état général, avec un amaigrissement rapide, l'abondance de l’épanchement qui entraînait une dyspnée énorme ét de la cyanose du visage, l'existence de phénomènes digestifs, indiquaient évidemment une atteinte sérieuse qui inspirait beaucoup d’in-
quiétude au médecin traitant.
ER ART Ps
Après une période d’hésitation, comme la fièvre augmentait et que les phénomènes locaux ne s’amélioraient pas, on se décide, le onzième jour (13 mai), à poser un vésicatoire dont le contenu est injecté le lendemain. |
La fièvre cesse d'augmenter, et, après deux jours de plateau, descend en trois jours à 37 degrés. En même temps, l’état général se relève à tel point que, dans son entourage, on parle d’une véritable résurrection. Le liquide se résorbe rapidement tandis qu'apparaît une diurèse abondante avec une élimination importante de chlorures. Une seconde injection pratiquée le 26 exagère cette bonne évolution.
Le malade sort de l'hôpital au début de juillet; à ce moment, on note encore la présence d’une petite quantité de liquide à la base, cependant on ne trouvait aucun signe pulmonaire : le sommet droit était un peu soufflant, mais ne présentait aucun bruit surajouté. Une radio pratiquée montrait l'intégrité du parenchyme.
Conclusion. — Chez un malade jeune atteint d’une pleurésie très abondante avec un très mauvais état général, un traitement de vésiculothérapie arrête aussitôt la marche de l'affection, et, sans qu'aucune ponction n'ait été faite, l’épanchement commence à se résorber, mais surtout la fièvre tombe et l’état du malade se relève rapidement; celui-ci est parti fortement amélioré de cette affection, qui avait fait porter pour lui le pronostic le plus mauvais.
N. B. — Nous regrettons de ne pouvoir joindre à notre observation le graphique de la température; on y voit que
1° la fièvre, irrégulière du % au A0 mai, monte progressivement
tous les jours jusqu'au 15, où elle atteint 39; ce jour-là, on pose un vésicatoire dont le contenu est injecté;
2° Le soir même, la fièvre tombe à 38, et ne dépasse par 3895 les
trois jours suivants, où elle reste en plateau:
3° Le 20, la température atteint une première fois 37 degrés, où
elle se fixe définitivement le 23, montrant ainsi l'influence heu-
reuse de la méthode sur les phénomènes généraux de la maladie.
He) CE