‹ Contribution à l'étude du traitement de la tuberculose par une méthode d'autosérothérapieChapitre 18 sur 23 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

Pleurésie séro-fibrineuse.

R... (Louise), journalière de 43 ans, a dà être hospitalisée le 7 octobre 1929 pour une grande fatigue qui l’empêche de continuer son travail. Elle a ressenti quelques jours auparavant une douleur violente au côté droit qu'elle attribue au surmenage causé par le décès de son frère mort de tuberculose un mois auparavant. Mais une fièvre à 38 degrés et une toux sèche l’obligent à s’aliter, et comme la douleur ne cède pas et que des crises d’étouffement la fatiguent énormément, elle entre salle: 25. ;

A l'examen, elle présente tous les signes d’un volumineux épanchement de la plèvre droite, confirmé par la radio. On pratique une ponction de 750 ec., et le liquide analysé manifeste une lymphocytose prédominanie. On pratique le 23 octobre une injection de sérosité vésiculaire que l’on répète à peu près tous les trente jours. A cette date, l’auscultation du poumon indique un état anormal du sommet droit : la respiration y est rude.

L'évolution est traînante, et compliquée en novembre d’un état infectieux grave avec grandes oscillations de la température, une perte de l'appétit et une grande asthénie, sans que l’examen du poumon permit de rapporter cette complication à une lésion alvéolaire : deux séro-diagnostics pratiqués à cette période sont négatifs. En décembre êt en janvier, la fièvre diminue pour osciller entre 37 et 37°8. Mais le poumon semble être plus atteint : la toux change de caractère, les crachats deviennent abondants, mais ne contiennent pas de B. K.; la respiration s'entend très mal au sommet, où elle prend un timbre plus grave tandis qu’à la base il persiste un épanchement liquidien. Une radio pratiquée à ce moment indique la présence de liquide dans le cul-de-sac costodiaphragmatique droit. En février, on note quelques filets de sang dans les erachats, mais une origine laryngée leur est attribuée. Enfin, la malade s'améliore et la convalescence commence : quand elle sort de l'hôpital, en avril, on note que la sonorité est devenue normale à droite, sauf à la base, où la submatité coexiste avec une dimi-

RC EM

nution du murmure vésiculaire, indiquant une pachypleurite, Revu à la fin du mois de mai, notre sujet présentait un état général excellent avec une augmentation du poids qui était de 4 kilos (en moins de deux mois), et en l’auscultant on.ne trouvait aucun bruit surajouté : le timbre légèrement soulflant de la respiration indiquait le côté antérieurement atteint. Cette journalière était donc très améliorée, et sa maladie semblait volatilisée.

Conclusion. — Que peut-on déduire de cette longue histoire?

1° Il semble qu'ici la thérapeutique par le vésicatoire n'ait guère agi sur l’épanchement pleurétique, qui s’est résorbé lentement.

2° Mais quelle a été son action sur la période fébrile du mois de novembre qui a été mal élucidée (typhobacillose ? septicémie ?) et sur les phénomènes pulmonaires consécutifs? Il est difficile de le dire. Cependant, l’interne qui a-suivi assidûment cette malade nous affirme que la méthode avait paru hâter la convalescence et influencer favorablement la marche de la maladie, qui, maintenant, semble

arrêtée dans son évolution. , = OBsERvATION [V. Pleurésie et tuberculose pulmonaires.

D.., Annamite de 28 ans, qui exerce le métier de coiffeur,

entre à l'hôpital le 26 avril pour une grande fatigue, la perte de l'appétit et une toux avec expectoration. À son entrée salle 25, on apprend son histoire, qui est assez curieuse : ce sujet commence sa maladie en 1918, où il rentre à l’hôpital Laënnec, à Paris, par une toux assez marquée et de la dyspnée. Ramond fait le: diagnostic de pleurésie, qui fut ponctionnée à deux reprises : après trois mois de séjour, le malade sort de l'hôpital considéré comme guéri. Malgré les conseils du médecin, il reprend à Paris son métier de coiffeur pendant une période de huit mois, au bout de laquelle il rentre à l'hôpital Cochin pour de la toux et une grande fatigue : 1à, on pratique un oléothorax, qui semble mal supporté, et ce sujet, non amélioré, sort de l’hôpital pour aller au Havre. De nouveau, il doit être hospitalisé, et, après trois mois de repos et de traitement recal-

ponte

cifiant, il désire regagner l’Indochine, et arrive à Bordeaux, où il travaille trois mois : mais derechef, se sentant malade, il entre à Saint-André dans le service de M. Micheleau.

À son entrée, on constate des signes généraux importants : une grande asthénie, une anorexie absolue, un amaigrissement très marqué, de la fièvre (38°). Il tousse beaucoup et crache surtout

le soir (plusieurs examens n’ont jamais révélé la présence du

bacille de Koch).

L'étude stéthoscopique montre l’existence de signes pleuro-pulmonaires : à gauche on trouve tous les signes d’un épanchement abondant, confirmé par la radiographie et une ponction, et au sommet des signes d'infiltration; à droite la respiration est simplement un peu rude au sommet avec quelques râles de bronchite.

Evolution. — Le malade est mis au repos, et on lui fait une médication reconstituante (jus de viande), recalcifiante (cachets de Ferrier) et tonique (adrénaline). Localement, un vésicatoire de 5/10es est appliqué tous les douze jours, dont le contenu est injecté sous la peau du flanc pendant un mois et demi.

A cette époque, le malade sortit de l'hôpital très amélioré.

L’appétit, qui, au début, était nul, était redevenu normal, le poids avait augmenté, la fièvre était tombée.

Les signes fonctionnels aussi avaient diminué d'intensité : la toux était devenue moins intense, l’expectoration moins abondante.

Enfin, l’épanchement avait nettement diminué (et la résorption en à été rapide), mais les signes pulmonaires n'avaient subi aucun changement : on trouvait toujours un souffle au sommet droit, qui

restait mat; on ne voyait aucune amorce d'amélioration du côté

parenchymateux.

En bref, voilà un sujet aux antécédents chargés, vrai pilier d’hôpital, qui, grâce au traitement, voit diminuer l'intensité de ses phénomènes généraux (surtout l’anorexie) et régresser un épanchement pleural abondant avec rapidité, mais persister une atteinte du

poumon sous-jacent.

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