‹ Contribution à l'étude du traitement de la tuberculose par une méthode d'autosérothérapieChapitre 8 sur 23 · MODE D'ACTION · texte numérisé non relu

MODE D'ACTION

IL peut sembler extraordinaire que l'injection sous la peau d’un malade d’un liquide exsudé dans un vésicatoire puisse produire des effets jcurateurs; aussi plusieurs théories ont essayé de déterminer le mécanisme de ce curieux phénomène et il nous semble qu’on peut les grouper sous trois chefs

a) Tout d’abord le sérum agissant comme dans un shock peut exciter les moyens de défense des leucocytes;

b) Mais plutôt la sérosité contient des antitoxines qui neutralisent les poisons circulants, d'autant plus facilement qu'elles ont été sécrétées par le malade lui-même;

ec) Enfin, nous verrons le rôle que semble jouer la peau dans la transformation de ces antitoxines. | …. 4° C’est Gilbert qui, le premier, expliqua le mécanisme de la guérison au moyen de l’autosérothérapie par une exagération du processus défensif de nos humeurs. Cette médicalion, qui n'aurait rien de spécifique, agirait « en créant un appel leucocytaire et en augmentant les moyens de défense naturels de l'organisme ». C’est la même idée que défendent MM. Arnozan et Carles en enseignant que l’autosérothérapie est un traitement anti-infectieux général dont les effets sont comparables à une injection de peptone. Tout corps étranger brusquement introduit dans l’organisme produit en effet une réaction violente (shock), qui met en action ses moyens de défense. Cette théorie se ressent un peu du vague qui entoure encore l’immunité et l’anaphylaxie, On peut cependant lui objecter que les injec-

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tions sont parfaitement tolérées et qu’elles ne produisent jamais la réaction humorale caractéristique du shock. D'ailleurs ici On n'introduit aucune substance étrangère susceptible de créer une perturbation organique : le sérum injecté vient du malade que l’on traite.

2° Aussi une deuxième explication paraît plus séduisante. Le sérum de-la vésicule est un liquide riche en anticorps produits par le malade même : nous avons donc un liquide spécifique particulièrement apte à combattre l'agent pathogène et remarquablement adapté à l'organisme où on l’injecte.

a) Courmont avait remarqué, en 1898, l’augmentation de ces substances défensives, agelutinantes et bactéricides dans la plèvre, au moment de la guérison des pleurésies, légitimant ainsi l’injection de ce liquide si riche en anticorps.

b) En outre, Modinos pouvait, dans une fièvre typhoïde, agglutiner le bacille d’Eberth avec le sérum d’un vésicatoire et celui de Bruce dans une fièvre de Malte. Il mettait ainsi en évidence la richesse du plasma exsudé en produits de défense contre la maladie causale.

e) Ce sont surtout les recherches expérimentales de Lassablière qui nous montrent l’importance de cette sérosité qui contient un nombre considérable d’antitoxines tuberculeuses.

À quatre cobayes, il injecte 2 cc. de la sérosité d’un vésicatoire appliqué sur un tuberculeux : quinze jours après, ces quatre cobayes (groupe A) et deux animaux témoins (groupe B) sont inoculés avec des crachats contenant du bacille de Koch. Or il remarque les faits suivants

1. les deux animaux témoins (B; meurent en vingt-deux jours (en moyenne) et on trouve à l’autopsie des lésions tuberculeuses généralisées (foie, poumon, rate);

2. les animaux réinjectés présentent des lésions localisées (abcès, adénopathie); mais deux survivent longtemps, et les deux autres meurent avec une survie moyenne de quarante-huit jours.

Les sérosités injectées ont donc immunisé deux cobayes et

ont déterminé chez les deux autres une modification dans

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