LL VAT
Dernièrement, le 5 mars 1920, MM. Léon Bernard et Baron présentent, à la Société médicale des hôpitaux, un homme, traité de juin 1912 à juillet 1914, par le pneumothorax artificiel et chez lequel la guérison s’est maintenue depuis ce temps, au point qu'il a pu faire quatre ans de campagne et exercer les fonctions de gardien de la paix.
Le 22 avril 1920, M. Rist présente également à la même Société, un homme qu’il a traité dans son service, en janvier 1914, pour tuberculose cavitaire de la base gauche. Son pneumothorax, difficile à établir à cause de fortes adhérences, a été entretenu jusqu’en 1917. Depuis ce temps, cet homme est capable d’accomplir sans accident, les travaux agricoles les plus pénibles.
M. Henri Vincent, dans sa thèse, publie l’observation d’un malade de M. le professeur Gaussel dont la guérison est absolument certaine, Il s’agit d’un étudiant en médecine, traité par le pneumothorax en 1911-12-13, pour tuberceulose évolutive du sommet droit (bacilles de Koch et hémoptysies). Le traitement est interrompu en 1913. Le pneumothorax se résorbe complètement et la guérison est maintenue en 1920 soit après huit ans. Après sa cure, cet étudiant n’a jamais interrompu ses études et est allé au Congo pendant la guerre.
Forlanini cite même le cas d’un de ses malades ayant un pneumothorax entretenu depuis huit ans. Le côté opposé est alors envahi par des lésions tuberculeuses; Forlanini décomprime le premier poumon; il fait un pneumothorax au second et le poumon guéri suffit à assurer l’hématose. On voit à quelle importante déduction peut amener une telle constatation; pourquoi, en cas de lésions bilatérales, n’entreprendrait-on pas consécutivement la cure des deux poumons ?
Mais des résultats aussi heureux sont bien peu nom-
breux, 1l est vrai, en comparaison du grand nombre de malades qui ont été soignés par ce traitement; celà tient à notre avis surtout à ce fait que l’on a trop longtemps réservé l’emploi de la méthode de Forlanini aux cas désespérés.