‹ Contribution à l'étude du traitement de la tuberculose pulmonaire par le pneumothorax artificielChapitre 7 sur 16 · MODE D'ACTION DU PNEUMOTHORAX · texte numérisé non relu

MODE D'ACTION DU PNEUMOTHORAX

Le pneumothorax agit par mise au repos et suppression de la fonction du poumon; par modification de la cireulation sanguine et lymphatique et par accolement des parois des cavités pathologiques.

1° On a été de tout temps frappé de la différence qui existe entre la malignité de la tuberculose pulmonaire et la curabilité des autres localisations tuberculeuses. Parmi celles-ci, les tuberculoses osseuses et articulaires sont incontestablement celles qui sont traitées avec le plus de succès ; or, quel en est le traitement essentiel? L’immobilisation complète et par là-même suppression de la fonction. Appliquons done le même traitement à la tuberculose pulmonaire et immobilisons le poumon.

Dès 1867 (d’après le Bourdellès) Piorry propose de provoquer, par des poids ou par un bandage compressif, l’immobilisation du poumon.

En 1890, Carl Spengler, de Davos, introduit, pour la première fois en phtisiothérapie, une nouvelle méthode chirurgicale de « compression des cavernes, » à laquelle il donne le nom de thoracoplastie extra-pleurale.

En 1905, Stuart Tidey, de Montreux, applique dans le même but, sur le côté malade, des bandes de sparadrap régulièrement imbriquées.

Enfin Jacquerod, en 1914, prétend remplacer le pneumo-

HAUTE thorax artificiel par des bandages empêchant le plein développement du thorax et par là même immobilisant le poumon.

Mais comme le dit Stuart Tidey lui-même, ces procédés ne peuvent servir qu’en cas d’impossibilité de pratiquer le pneumothorax procédé « indubitablement le plus efficace ».

L'’immobilisation du poumon supprime sa fonction et l’on mesure de suite l’importance de cette conséquence de la méthode de Forlanimi, Le bacille de Koch, bacille aérobie, se trouve dans des conditions défavorables de vie par suite de diminution de l’apport d’oxygène; l’air extérieur, avee ses poussières septiques, point de départ des infections secondaires, ne pénètre plus dans les alvéoles et on évite ainsi les associations microbiennes si dangereuses dans toute infection; les produits pathologiques des foyers tuberculeux ne sont plus aspirés par les parties saines du poumon malade, ni par le poumon opposé, en conséquence, pas de propagation du processus infectieux.

2° Une autre action du pneumothorax est la modification de la circulation sanguine et lymphatique.

[l'est incontestable et d’ailleurs incontesté que la circulation nutritive par les artères bronchiques est respectée.

Mais les avis diffèrent pour l’interprétation des modifiations apportées à la circulation veineuse ou fonctionnelle; avens-nous, selon l’opinion de Sackur, de Sauerbruck et de Steinbach une stase veineuse? Nous nous rangerons plutôt à l’opinion de O’Bruns et de Carlstrom qui, par des expériences précises, ont démontré que la cireulation fonctionnelle est considérablement ralentie. De là deux conséquences: suppression rapide des hémoptysies même abondantes et facilité de selérose de la lésion par diminution de l’apport sanguin.

Sozno Shiugu à démontré que la circulation lymphatique

[B) est elle-même très diminuée d’où arrêt de l'extension et de la propagation des lésions tubereuleuses puisque c’est par ces lymphatiques que cette propagation se fait habituellement.

3° Mais il né suffit pas d’arrêter le processus infectieux ; il faut encore le faire rétrocéder; comment pouvons-nous arriver à la cicatrisation de la plaie pulmonaire? Mais par le procédé habituel de traitement des plaies, par le rapprochement de ses paroïs.

Malheureusement, la caverne pulmonaire n’est pas une simple plaie; c’est une plaie infectée; c’est un véritable abcès ouvert à l’extérieur par les bronches; la compression amenant l’évacuation du pus et le rappochement des parois facilite bien le processus scléreux ; quelquefois inême amène la cicatrisation complète; mais le plus souvent, il nous reste une véritable fistule, toujours suintante, toujours prête à s’infecter de nouveau.

Il ne peut être question d’un curettage de la caverne pulmonaire et si l’ablation partielle ou totale du poumon a été tentée, elle n’a donné aucun bon résultat.

Il nous faudrait pouvoir nettoyer cette plaie par un désinfectant approprié, ou injecter un liquide modificateur comme dans le traitement des abcès tuberculeux; mieux encore, il nous faudrait un sérum spécifique, dont l’action bactéricide, s’ajoutant à l’action mécanique du pneumothorax, nous donne la guérison non seulement apparente, mais vraiment définitive de la tuberculose pulmonaire.

Les « corps immunisants » (1 K) du docteur Carl Spenoler, nous apporteront-ils les résultats attendus que les différentes tuberculines ne nous ont point encore donnés ?

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