OBSERVATIONS
Obs. 1. — Louis R.…., né le 6 juillet 1899.
Entré le 20 janvier dans le service du Professeur Yves Bureau.
Il y a environ trois mois, le malade a contracté une blennorragie. Dans la nuit du 24 au 25 décembre 1931, il a ressenti de violentes douleurs dans son genou droit.
A son arrivée, le malade présentait une mono-arthrite pseudo-phlegmoneuse, avec grosse hydarthrose du genou droit.
Les 21 et 22 janvier 1932, il lui est fait une piqûre de vaccin de l’Institut Pasteur. Ces injections sont faites par la voie d’entrée dans la fossette naviculaire ; elles ne donnent lieu à aucune réaction.
Le 23 janvier, il lui est fait 80 centimètres cubes de sérum antigonococcique (40 cc. en injection sous-cutanée et 40 cc. en injection intramusculaire).
Dès le lendemain on note une grosse amélioration : les mouvements d'extension de la jambe sont plus accusés, la palpation est moins douloureuse.
Le 24 janvier, on lui injecte, comme la veille, 80 centimètres cubes de sérum antigonococcique.
L'amélioration continue.
HU
La dose totale de sérum injectée a été de 160 centimètres cubes.
Le malade sort de l'hôpital quinze jours plus tard, complètement guéri et avec une articulation souple.
Obs. 2. Pierre L.., né le 12 mai 1907.
Entré dans le service le 5 février 1932, sorti le 27 février 1932.
Ce malade a contracté une blennorragie il y a un
mois. Il présente une polyarthrite gonococcique qui a débuté huit jours après le commencement de l’écoulement. Tout d’abord, prise du coude gauche, puis du genou gauche, puis du genou droit, enfin de l’articulation métatarso-phalangienne du gros orteil gauche.
Actuellement, ces quatre articulations sont atteintes et présentent une forme hydarthrosique surtout marquée aux genoux qui sont douloureux avec légère impotence fonctionnelle. Il y a de l’atrophie de la cuisse et une petite adénopathie inguinale.
Jamais les articulations sterno-claviculaires ou les temporo-maxillaires n’ont été atteintes.
Le malade ne présente plus d'écoulement. Il n’a jamais fait ni orchite, ni funiculite, ni cystite.
L'examen complet ne nous montre rien d’anormal ; en particulier, aucune lésion cardiaque.
Le 5 février 1932, on lui injecte 80 centimètres cubes de sérum antigonococcique (40 cc. en injection sous-cutanée et 40 cc. en injection intramusculaire).
Il ne lui est pas fait d’autre sérum.
Le 11 février 1932, éruption sérique généralisée,
puis apparaît une arthrite très marquée du genou gauche en flexion.
L’éruption et larthrite disparaissent en même temps. Il persiste alors une légère hydarthrose des deux genoux et des douleurs dans l’épaule droite sans signes cliniques. Le gros orteil et le coude sont très améliorés.
Le 16 février 1932, on fait du vaccin au malade. Il lui est fait 8 injections de vaccin antigonococcique.
Le 22 février, le malade accuse une impossibilité d'élever le bras droit et de le porter en avant et en arrière ; il se plaint de violentes douleurs au niveau de l'insertion deltoïdienne. Cependant ni le deltoïde ni le sus-épineux, ni le sous-épineux ne sont atrophiés. Lorsqu'on élève passivement le bras, le deltoïde se contracte sous la main ; le deltoïde n’est sûrement pas atteint.
Le 25 février, le malade fait une synovite.
Le 27 février, il quitte le service incomplètement guéri.
Obs. 3. - Pierre B.., né le 9 août 1898.
Entré à l’Hôtel-Dieu de Nantes le 13 juillet 1933, sorti le 1° août 1933.
Ce malade a été soigné il y a un mois pour blennorragie. Il présente actuellement une arthrite du genou gauche, qui est globuleux et douloureux. Le choc rotulien est très marqué ; l’impotence fonctionnelle est complète. Il y a une légère atrophie du membre inférieur gauche qui est immobilisé en recti-