À) LES SIGNES LOCAUX
la douleur,
l’impotence fonctionnelle,
les attitudes vicieuses,
les signes cutanés péri-articularres.
a) La douleur. — Ce signe subjectif précoce et important, résultant autant de la distension synoviale que de l’ensemble des réactions « fluxionnaires » locales de pan-arthrite, est le premier à être nettement amélioré par la ponction évacuatrice. |
C’est là un résultat net, que nous retrouvons à peu près dans toutes les observations relatées.
Le malade de notre observation princeps accuse «un grand soulagement », après une première ponction qui évacue une quantité relativement minime de pus, 20 cc.
Dans l’observation de HEYDENRICH, il est noté «qu'au lendemain de la ponction, le malade ne ressent aucune douleur ».
Dans l'observation XI de Raymond GRÉGOIRE, « le genou peut être allongé et immobilisé », ce qui laisse supposer aussi une diminution, sinon une suppression de la douleur locale.
Aucun élément à ce sujet ne nous est fourni par les observations de guerre, citées par R. GRÉGOIRE. Mais nous faisons remarquer que la plupart des blessés étaient porteurs de lésions osseuses ou autres, coexistant sur le membre inférieur, plus ou moins loin du genou ; par ailleurs, les observations sont des observations résumées.
Par ailleurs, Henri OBERTHUR, dans l’observation rapportée à la Société nationale de Chirurgie, le 25 janvier 1933, à propos « d’une arthrite suppurée du coude à streptocoques guérie par trois ponctions », note « qu’à la suite d’une première ponction, évacuant 8 cc. de pus, le malade est soulagé, souffre moins, et passe une bonne nuit ».
Donc, la cessation, ou du moins l’atténuation des phénomènes douloureux dès la première ponction, est un
à Tia
fait nettement établi ; il rassure et le malade et le médecin, puisque cette douleur est intimement liée à deux autres signes autrement importants : l’impotence fonctionnelle et sa résultante, les attitudes vicieuses du membre. +
b) L’impotence fonctionnelle et les attitudes vicieuses. — Volontairement ou non, le malade qui ne souffre plus ou qui souffre moins, aura moins tendance à adopter les attitudes de maximum de capacité articulaire et de relâchement de l'appareil ligamenteux ; au plus grand bien de son avenir fonctionnel, il vient suppléer de luimême, et ce à un degré plus ou moins accentué mais toujours appréciable, «la vigilance musculaire que HUN- TER appelait la sympathie des muscles avec l’article malade ».
Moins de tendances dès le début du traitement, à mettre le genou en demi-flexion, moins de tendances donc à distendre les ligaments, avec comme résultats, prédisposition moins nette aux raideurs articulaires et à l’ankylose fibreuse.
c) Les signes cutanés locaux. — Au niveau de l’arti- ‘culation elle-même, la ponction amène très rapidement la disparition des phénomènes locaux ; en un mot, l’aspect phlegmoneux de l'articulation tend à disparaître ou à s’estomper : la rougeur, la fluctuation, avec comme conséquences l’ulcération spontanée, cessent, puisque l'évacuation de la collection purulente a été faite, en temps et en lieu opportuns.
La seule complication notée quelquefois — et le terme semble en vérité trop pessimiste — est la fistulisation
temporaire, qu’on peut observer au niveau des orifices des trajets de ponction.
Dans notre observation princeps, le fait est noté : mais par ailleurs, ces mêmes trajets sont asséchés ie jours après ; nous le retrouvons encore dans l’observation n° 2 de R. GRÉGOIRE, mais ce n’est là qu'un phénomène tout à fait passager, et dans toutes les observations on remarque que l’assèchement des trajets est très vite obtenu.