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LES MODALITÉS D'ASSOCIATION DE LA CHIRURGIE ET DES RADIATIONS

On a employé les radiations après l’opération, pendant l’opération, ou avant l'opération.

Nous éliminerons immédiatement ici l’irradiation pendant l'opération; car si en laisse du radium dans

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la plaie, c’est en réalité une irradiation post-opérataire; si, au contraire, on emploie le procédé de Costes : relèvement d’un lambeau cutané et irradiation du sein à feu nu, c’est une. irradiation pré-opératoire, l’ablation réelle du sein étant, renvoyée à quelques semaines plus tard.

a) {rradiation post-opéraloire.

Ce procédé a semblé à première vue le plus logique : l’opération extirpe le mal le plus largement possible et on laisse aux rayons le soin de détruire les cellules cancéreuses restantes :

Tantôt on a eu recours au radium. Lee et Pack mettaient des tubes de radium dans. l’aisselle; Handiey mettait également'des tubes en dedans de la veine sous-clavière et à l’extrémité interne des espaces intercostaux. Ce procédé a été rapidement abandonné; les applications de radium post-opératoires n’ont jamais eu d’effet heureux sur les tissus dévitalisés où les cellules cancéreuses ont perdu leur sensibilité.

La plupart des auteurs ont utilisé les rayons X pérétrants en traitement intensif pratiqué en une ou plusieurs séances.après l'opération. (Wintz, Perthes, Gunsett etc.) Les résultats. de cette façon de faire ont été déplorables; les récidives ont été plus fréquentes et plus rapides que chez.les opérées qui n’avaient pas été irradices. Beclère a très bien, exposé les raisons de ces:mauvais. résultats. :

À priori, dit-il, il semble paradoxal de voir échouer

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«“e fortes doses de rayons X sur des cellules cancéreuses résiduelles et même favoriser les récidives, alors qu’à doses plus. faibles les mêmes rayons X agissent sur des nodules. cancéreux. cliniquement évidents. Hi est probable qu'après l’opération, la vie des cellules cancéreuses résiduelles. est considérablement modifiée : les expériences de Jolly et de Ferroux ont montré que des cellules néoplasiques privées de leurs connexions.vasculaires normales, vivent d’une vie latente, mais qu’en même temps, leur radio-sensibilité est considérablement diminuée, ces cellules étant d'autant plus radio-sensibles qu’elles vivent d’une vie active. Sion .irradie des cellules cancéreuses. dans cet état de vie ralentie.et de non radio-sensibilité, de fortes doses de rayons X ne les. détruisent plus. Par contre, ces, rayons modifient considérablement la résistance et la vitalité du tissu conjonctif. Or, le tissu conjonctif, lorsqu'il est resté intact, peut sans doute arrêter plus ou moins longtemps le réveil des cellules cancéreuses résiduelles, peut-être même l’empêcher quelquefois. Au contraire, quand lirradiation a blessé le-tissu conjonctif, celui-ci ne remplit plus son rôle et des récidives néoplasiques peuvent alors se révéler dans des conditions anormales de rapidité et -de violence.

11 faut donc complètement abandonner l'espoir de détruire les cellules cancéreuses restantes en utilisant les notions classiques: de différence de radio-sensibilité entre la cellule cancéreuse et les tissus sains.

Les radiologistes ont alors cherché à baser leurs

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thérapeutiques sur des hypothèses entièrement nouvelles et qui ne sont utilisées comme base de travail dans le traitement d’aucun autre cancer.

Se rappelant qu'avant l’apparition de la radiothérapie pénétrante l’utilisation prolongée post-opératoire de rayons X peu pénétrants utilisés à doses faibles, par séances espacées sur un temps très long, avait semblé améliorer les résultats post-opératcires (Anschutz, Gunsett), les auteurs ont cherché à reprendre une méthode analogue avec dès appareils plus puissants : radiothérapie sous 200.000 volts, utilisés à doses faibles, mais répétées, de telle sorte que la dose totale étalée sur un temps trés long (plusieurs mois, plusieurs années) finisse par être considérable.

Cependant, on comprend mal de prime akord quel peut être l’effet utile d’une irradiation faible étalée sur un temps très long. Si nous nous rappelons, en effet, les notions classiques qui concernent les cancers malpighiens : cancers de la face, de la langue, du col utérin, etc. on sait que les irradiations faibles ct prolongées, loin d’avoir sur ces cancers un effet utile et destructeur, immunisent les cellules cancéreuses contre les irradiations nouvelles, pendant que les tissus généraux (tissu conjonctif et vasculaire) sont de plus en plus radio-sensibilisés. De telle sorte que si la destruction des cellules cancéreuses n’a pas été obtenue par un premier traitement, un deuxième, même plus puissant, ne les détruit plus, mais provoque de très grosses nécroses de la peau, du tissu conjonctif, des os.

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