‹ Contribution à l'étude du traitement des cancers du seinChapitre 19 sur 57 · LETTRES · texte numérisé non relu

LETTRES

Ces considérations valent probablement pour le cancer du sein lui-même et ses métastases Iymphatiques proches tant que le cancer n’a pas été opéré, mais il est possible qu’elles ne jouent plus lorsqu’on considère des cellules cancéreuses profondes, disséminées à distance du foyer principal, foyers cancéreux lointains très rares dans les cancers malpighiens, mais beaucoup plus fréquents dans le cancer du sein.

On sait, en effet, que le cancer du sein essaime à distance des cellules cancéreuses qui semblent vivre une vie latente pour se réveiller au bout de temps très prolongé, un, deux, trois, cinq ans et plus, et donner des métastases très éloignées, ce qu’on ne remarque presque jamais dans l’évolution des cancers malpighiens. Il est possible que ces cellules cancéreuses latentes aient des propriétés biologiques spéciales, par suite de leur vie ralentie, prolongée: elles ont probablement aussi, vis-à-vis des trradiations, des réactions toutes spéciales.

Pour apprécier les réactions biologiques de ces cellules cancéreuses latentes, on a étudié expérimentalement les réactions de certains tissus qui semblent eux aussi vivre d’une vie latente : graines sèches (Guilleminot, Jungling) cultures microbiennes vieillies, etc. Ces expériences ont mis en évidence des propriétés radio-biologiques semblant répondre à cette notion de latence. La première propriété est celle d’une radio-résistance poussée au maximum; il faut donner des doses considérables de rayons pour provoquer des troubles dans l’évolution ultérieure de

ces graines, lorsqu'elles seront mises ensiite dans des conditions normalesde germination. La deuxtërte propriété: est:da manière particulière de twmuüler les irradiations fractiornées. Cette dèuxième propriété est très curieuse et très différente de ceHes des tissus adultes en: état de vie active manifste., En effet, ces derniers ne présentent pas les mêmes réactions si une même dose de'ravonnenent leur est’ donnée en plusieurs séances'ou en üne seule : ‘si cétte dôse est donnée en plusieurs foïs, le fractiônnement de la dose”s’accompagne invariablèment' d’une perte dans les réactions’ biologiques. Par èxemple, pour obtenir les nrêmes réactions éeutanées, la some des doses fractionnées doit être plus: forte’ que la dose donnée en une seule fois. Au contraire, les cellules en ‘état de. ie latente cuwmulent: sans 'perte les doses successives qui leur sont données,‘si fractionnées et'si espätées soient ces doses.

Si on applique ces notions au traitement post-opératoire du cancer'du'seïn, ôn devra :

1° Atteindre par séances successives la dose de rayonnement loujours très élevée, nécessaire pour tuer ces métastases latentes.

2° Fractionner suffisamment: celte -dose el établir des intervalles -süffisamment prolongés pour que, dune irradiation à Fautre, il'y ait: dans la peau ‘une perte de cumulassez considéräble pour“éviter ‘sa nécrose.

‘Dans: ees' condtions, les: cellules: cancéreusés avant

Page 1