‹ Contribution à l'étude du traitement des cancers du seinChapitre 41 sur 57 · SUTURE · texte numérisé non relu

SUTURE

Faut-il chercher à réaliser autant que possible la suture de la brèche thoracique ainsi créée, brèche réellement très vaste quand on fait les exérèses cutanées suffisantes.

Rappelons que dans la technique primitive d’Halsted la partie inférieure de la plaie n’est pas fermée et est comblée ultérieurement par des greffes de Davis.

Il est certain, cependant, que lorsqu'on sait réaliser des décollements cutanés très étendus, jusque sous le sein opposé en dedans, jusqu’au dos en dehors, on arrive presque toujours à fermer la plaie dans des conditions satisfaisantes.

Cette suture ne sera bonne que si le décollement a été assez large pour que la suture soit facile ; si au contraire, on doit rapprocher par force des téguments tendus au maximum sur le gril costal comme chevalet, au moyen de fil de bronze ou de gros crins, le résultat sera mauvais, la peau se sphacèlera au niveau des fils qui tirent trop; il en résultera des surfaces cruentées qui se cicatriseront lentement en laïissant un épiderme mince de médiocre qualité.

Au contraire, quand le décollement a été très large, la suture est presque toujours réalisable, il faut la faire avec des points assez fins, assez rapprochés, ne prenant que l’extrême rebord de chaque lambeau pour ne pas sphacéler les tissus. C’est l'extrême multiplicité des points de suture qui répartit bien les tractions et donne une bonne cicatrice.

SR

Faut-il, quand cette suture par décollement est impossible, réaliser immédiatement une large autoplastie dans le but de fermer de suite et définitivement la plaie, nous ne le croyons pas, car ces larges autoplasties ne réussissent pas à coup sûr; créent un traumatisme nouveau assez sérieux et forment une plaie nouvelle très large lorsqu'elles ont échoué. Il est si facile de fermer la partie restant de la brèche plus tard avec des greffes de Davis qu’on voit mal pourquoi courir les risques inhérents à ces larges autoplasties.

Bien plus, le professeur Leriche est complètement opposé à la fermeture immédiate systématique des larges plaies d’amputation du sein, du moins dans leur partie moyenne la plus étendue. Les grands décollements cutanés, dit-il, sont très néfastes, ils privent d'énormes étendues de peau de leur innervation et de leur vascularisation normale; et ces peaux décollées ne se cicatrisent que dans des conditions quasi pathologiques, le chirurgien laissant derrière lui une peau mince, fragile, tendue, adhérente aux côtes, insensible, véritable carapace qui bride les côtes et modifie dans des conditions insoupçonnées le fonctionnement du thorax (véritable scléro-dermie provoquée). C’est pourquoi M. Leriche est partisan de l’emploi systématique des greffes de Davis.

Cette façon d'agir est indiscutablement la meilleure : la seule objection qu’on puisse lui faire est d'ordre purement financier, ces greffes prolongeant lhospitalisation des malades, entraînant des frais

Page 1