‹ Contribution à l'étude du traitement des complications de l'avortementChapitre 11 sur 25 · CARS TER · texte numérisé non relu

CARS TER

de cette situation, la sage-femme eut la bonne idée de faire en toute hâte deux isjections sous-cutanées d’éther, d'abaisser la têle de sa cliente, et de lui donner une grande injection vaginale chaude qui arrêta un instant lhémorrhagie.

Pratiquant alors le toucher, elle ramena, entouré de caillots volumineux un petit embryon réuni par un cordon grêle, filiforme, à un placenta qu'elle crut complet. Cette pièce ne fut malheureusement pas conservée, mais l'hémorrhagie qui avait cessé an instant recommença et l'état général devint si grave que la sage-femme fit solliciter mon assistance.

A mon arrivée, je trouvai la malade absolument décolorée, le pouls était filiforme, les téguments étaient froids la mort paraissait imminente. J'estimai que si la perte de sang, continuait plus longtemps, un dénouement fatal ne tarderait pas à se produire. Je procédai rapidement à une soigneuse asepsie de mes mains, pendant qu'on donnait une injection d'eau très chaude légèrement sublimte. Le vagin était obstrué de caillots que je déblayai à la hâte.

Le col était abaissé, très accessible quoique dirigé absolument en arrière et largement ouvert : le corps de l'utérus, très ramolli. remontait à quatre travers de doigt au-dessus du pubis. Saisissant fortement le corps de l’ulérus et le maintenant au travers des parois abdominales à l'aide de ma main gauche, j'introduisis aisément mon index droit dans le canal cervical béant. Je trouvai aussitôt, encore à demi-adhérent, le fragment placentaire que je mets ici sous vos yeux et le décollai en promenant mon doigt le long de la paroi antérieure de l'utérus, tout à fait à droite et en haut.

Je le ramenai au dehors et introduisant de nouveau mon doigt, je procédai à un véritable curage de l'utérus en toutes ses parties, explorant surtout avec insistance la région de la corne droite, dont je retirai de nombreux débris cotylédouaires.

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Avant d'ôter mon doigt, je pus m'assurer que l'utérus ne contenait plus ni fragments annexiels, ni caillots.

Très peu douloureuse, l'opération n'avait pas duré quatre minutes. ,

Une longue injection vaginale fut donnée, le liquide revint dehors presque elair. L’hémorrhagie avait complétement cessé.

Trois injections sous-cutanées de caféine, titrée à 20 centigrammes d'alcaloïde par seringue de Pravaz et des inhalations d'oxygène parvinrent à relever l'état général de la malade qui reprit peu à peu ses forces.

L’utérus est revenu aussitôt sur lui-même, il ne dépasse plus le pubis que de deux travers de doigt, il est globuleux rétracté. Le toucher peut également constater ce phénomene intéressant, à savoir que, aussitôt après l'intervention, le canal cervical, largement béant jusque là, reprend son calibre et sa forme physiologiques, au point que l’isthme, dès les jours sui- “vants, offre presque une certaine résistance aux injections intra-utérines, faites par mesure de prudence.

L'involution a été des plus rapides : au bout de six jours l'utérus à complètement disparu dans l'excavation pelvienne.

Dans l'observation que j'ai résumée devant vous, le curage digital a eu pour effets instantanés, l’hémostase et le retrait de l'utérus que j'ai pu voir aussitôt devenir dur et rétracté.

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OBSERVATION HI (Inédite).

(Düe à l’obligeance de M. le D" R. Sorel).

Fausse-couche de quatre mois. — Rétention placentaire partielle. — Méthorragies abondantes répétées. — Curettage. — Guérison (1).

Me A..., à Bléville, a eu onze grossesses, dont la dernière

terminée par une fausse-couche de quatre mois. Tous les accouchements se sont passés normalement, sauf le dizième, où le

‘placenta était adhérent.

Bonne santé habituelle.

La malade a fait une fausse couche de quatre mois, le vendredi 25 mai 1894, à la suite d’une frayeur, dit-elle. Elle aurait eu une perte de sang assez abondante. Le D' Gérard-Laurent,. voit la malade le lendemain matin samedi, et constate que le placenta est adhérent ; il en est expulsé environ la moitié.

Notre confrère ordonne de faire des injections chaudes et antiseptiques et attend l'expulsion naturelle. Le samedi soir et le dimanche matin, le deuxième et le troisième jour, la femme a encore eu des pertes de sang assez abondantes, et aurait encore rendu des morceaux de placenta, ce qui n'a pas été constaté par le médecin.

La-semaine s'est passée sans grandes hémorrhagies ; cependant la malade a perdu du sang tous les jours.

Le dimanche 3 juin, 10° jour, la malade a encore eu de grandes hémorrhagies, qui se sont renouvelées le lendemain lundi. Le docteur Gérard-Laurent n'a été rappelé que le mardi.

(1) 139 observ. n° 31 de la statistique du D' R. Sorel.

La malade étant anémiée par ses pertes, l'utérus restant gros, ouvert, le placenta encore adhérent, le D' Laurent pense qu'il serait utile de l'extraire, la femme étant trop faible pour pouvoir supporter de nouvelles métrorrhagies. Le D" Sorel appelé en consultation, partage l'avis de son confrère.

, Le mardi soir 5 juin, il y a encore un suintement sanguin marqué, le ventre est souple, non douloureux, mais la malade est très anémiée.

Au toucher l'orifice interne du col est encore ouvert ; l'utérus remonte à deux travers de doigts au-dessus du pubis. Dans sa cavité on sent un corps mou adhérent vers le fond. On ordonne de continuer les injections vaginales.

Le 6 juin, au matin, curettage. La malade est endormie au -chloroforme par le D' Laurent ; la vulve et les régions voisines sont lavées à la brosse et au savon, puis au sublimé. Injection vaginale de sublimé. Le D' Sorel place deux valves dans le vagin, deux pinces à traction abaissent le col jusqu'à la vulve. Curettage de la cavité avec une curette de Volkmann qui ramène des débris de placenta. Injection intra-utérine de sublimé. Un tampon de ouate hydrophile imbibé de chlorure de zinc au - 1/10 est passé dans la cavité, qui est ensuite bourrée de ouate . hydrophile. Injection vaginale, gaze iodoformée et ouate hydrophile sur la vulve* Durée, un quart d'heure. |

Les suites opératoires furent très simples. La femme n'a plus eu d'hémorrhagie, et a très bien supporté son pansement intra-utérin ; l'utérus est bien revenu sur lui-même. Guérison.

Dans cette observation, l'indication opératoire ‘a été l'apparition d’hémorrhagies assez abondantes pour ané-

mier fortement la malade. L'opération a fait cesser immé- Hamon ñ

diatement toute perte. Le pansement a pu rester huit jours

en place.

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