OBSERVATION IV
(D: Borel, de Chabeuil, in Lyon medical 10 nov. 1889, et archives detocologie 1890, ?, p. 89-95.)
Fausse-couche. — Hémorrhagie consécutive. — Pas d'infection. — Curettage. — Guérison.
M"e J.., de Montélier, (Drôme), multipare, 32 ans, habituellement très bien portante, me fait appeler le 28 Octobre 1888. Elle me raconte qu'elle a perdu des caillots de sang, il y a deux mois environ, à la suite d’une suspensi5n de règles de huit semaines. La cause de cette hémorrhagie serait d'avoir marché pieds nus sur les dalles froides.
Depuis lors, elle perd constamment, surtout la nuit au lit, n'a pas d’appétit, point de force, et se traîne péniblement d'une chaise à l’autre toute la journée.
Traitée par un confrère, elle emploie inutilement depuis. quinze jours, les injections chaudes, l'ergotinne Tanret, etc... Je lui propose le curettage, et le même jour, à quatre heures de l'après-midi, je pratique l'opération. Le col n'est pas largement ouvert, il faut faire une bonne dilatation. Toujours sans endormir, je fais le curettage, qui ne détermine pas la moindre dou-. leur. Je ne retire cette fois que des débris de muqueuse ou de matières de sécrétion d'aspect gommeux. Je replace la malade. au lit. =
Le lendemain à ma visite je fus fort surpris de trouver ma malade levée, et vaquant aux travaux de son ménage. Je lui
MT des
reprochai son imprudence ; elle me répondit qu'elle ne perdait plus de sang, qu'elle était soulagée, et que son ouvrage étant en retard, il lui était impossible de se reposer plus longtemps.
J'ai suivi attentivement cette malade, et sa guérison ne s’est pas démentie, Je dois dire qu’elle n'avait pas de fièvre avant l'opération.
OBSERVATION V (Inédite) (Düûe à l’obligeance de M. le D'R. Sorel)
Métrorrhagies consécutives à une fausse-couche de deux mois. Curettage. — Guérison.
La dame Georgine’ Let..…., âgée de 29 ans, journalière, demeurant au Hâvre, eutre le 24 Septembre 1895, à l'Hospice général, salle Mallard, lit n° 5, dans le service de M. le Docteur Lecesne, alors suppléé par M. le Docteur Sorel.
Au point de vue de ses entécédents héréditaires, elle raconte que son pére est mort à quarante-cinq ans, d'affection du cœur, sa mère est vivante et bien portante ; elle a deux frères également bien portants. |
Elle a été réglée à quinze ans régulièrement, et n'a jamais eù de pertes blanches. Elle a eu cinq grossesses. À 21 ans, elle a eu une première grossesse qui S’est terminée par un avortement de six mois et demi ; l'enfant était mort.
Sa deuxième grossesse à été menée à terme, l'enfant est mort à seize mois d'une méningite.
Troisième grossesse, accouchement à terme, enfant mort à six mois de méningite.
ENRUNES N
Quatrième grossesse, à terme, enfant vivant. avant actuellement quatre ans et demi, bien portant.
Cinquième grossesse, accouchement à terme, enfant mort à cinq jours.
Cette femme, n'ayant pas eu la syphilis, ne toussant pas, a quelques habitudes d’éthylisme. Le mari est journalier et bien portant.
La malade entre à l'hôpital pour des hémorrhagies abondantes qui se répètent depuis cinq jours.
Après son dernier accouchement, c'est-à-dire il y a environ un an, ses règles étaient revenues comme d'habitude tous les vinst-neuf jours et duraient deux ou trois jours. Puis elles ont
-été deux mois sans revenir et le 20 septembre pendant la nuit. la malade a eu eu une hémorrhagie abondante qui a déterminé la syncope ; depuis ce jour, les hémorrhagies se répêtent continuellement. |
Au moment de son entrée, la femme est pâle, anémiée, sans force et incapable de marcher.
Elle ne souffre pas,n'a pas de fièvre mais se plaint d ètre constamment dans le sang;l'examen du ventre le montre indolore et souple ; au toucher, le col est gros, ramolli. entr'ouvert.rempli de caillots.L’utérus est en antéfiexion légère, il est mobile et un peu augmenté de volume, il n’est pas douloureux. Les culs-desac sont sains.
Le poumon gauche présente de l'induration à son sommet ; les autres organes sont normaux ; pas d'albumine dans les urines. ;
Le 25 septembre, curettage sans anesthésie.
On abaisse lécérement l'utérus avec une pince de Museux qui le fixe,et sans dilatation préalable, on introduit une curette qui ramène des caillots, des fongosités et des débris de caduqueet de placenta.
Lavage intra-utérin avec une solution de sublimé au 1/4000 ; puis tamponnement intra-utérin et vaginal avec de la gaze iodoformée.
L'hémorrhagie s’est arrêtée immédiatement après le curettage. ;
Le soir de l'opération et les jours suivants, la malade n'a pas souffert, n'a pas eu de température, et les hémorrhagies ne se sont pas reproduites.
Le 3 octobre, on enlève les mèches iodoformées ; on donne une injection vaginale, et on bourre de nouveau le vagin seulement de gaze iodoforimée.
Le 6 octobre, on enlève la gaze vaginale et la femme prend deux injections vaginales par jour.
Les forces de la malade sont reparues sous l'influence d'un régime reconstituant.
La malade sort le 15 octobre, ses règles ne sont pas reve-
nues.
téflexions. — L’indication opératoire a été l'abondance de l’hémorrhagie qui devenait inquiétante pour la vie de la femme. Le curettage a pleinement réussi, puisque les métrorrhagies se sont arrêtés aussitôt après l’opé-
ration.
OBSERVATION VI (D' Borel de Chabreuil, in loc. cit.) Fausse-couche. — Endométrite hémorrhagique. — Pas d'infection. —
Curettage. — Guérison.
Madame G..., quartier des Martins (Chabeuil), 33 ans, mul- tipare, suppression des règles depuis le 29 juillet 4888. Perte