ÉPOUSER
toute tentative opératoire, qu’elle considére comme impos- Sible, ou inutile et dangereuse : tout au plus permet-elle « d'attirer le placenta lorsqu'il est détaché et qu’il se pré- « sente à l’orifice ramolli et bien ouvert : deux doigts suf- | « fisent pour cette opération. »
Madame Boivin (1) n’admet une intervention, même timide, que lorsqu'on a la main forcée : elle conseille de « laisser sortir l’œnf entier, si c’est possible ; si les mem- « branes se rompent, et qu'il survienne une hémorrhagie, « ce qui est normal, appliquer un tampon. Si l’hémorrha- « gie devient inquiétante, extraire le placenta, mais avec « les doigts. »
Capuron (2) formule une opinion beaucoup trop optimiste : « dans aucun cas, dit-il, le salut des femmes n’est « désespéré parce que le délivre est retenu. »
Le professeur Moreau (3) résumait toute sa doctrine thérapeutique dans ces trois mots :
« J’ai su attendre. »
Jacquemier (4) conseille la dilatation mécanique de l'orifice interne du col, afin de laisser sortir le délivre.
Chailly (5) est interventionniste convaincu ; pour lui, on doit recourir sans hésiter au seigle ergoté et à la curette de Récamier, quand les injections waginales ne suffisent pas à enraver la résorption putride.
(Li Madame Boivin. Mémorial des accouchements, 1856.
(2) Capuron. — Cours théorique et nratique d’accouch. 1828. :
(3) Moreau. — Traité pratique des accouchements. 1846.
(4) Jacquemier. — Manuel des accouchements. Paris 1846. Tome I. page 487.
(5) Chailly. — Traité pratique de l’art des accouchements. 1861.
Cazeaux (1) met en doute l'efficacité du seigle ergoté dont Velpeau vante les bons effets :
« C’est, en effet dit-il, un moyen auquel il faut avoir «recours, mais sur lequel il ne faut pas trop compter. » S'il n'y à pas de danger urgent, il est d'avis d’ «attendre, et « bien se garder de vouloir l’extraire (le placenta) immédia- « tement, » à
Guéniot (2) conseille l'extraction manuelle du placenta ou délivrance artificielle, le rectum et la vessie étant préalablement vidés ; mais il condamne absolument les méthodes d'intervention active, qu’il considère comme «beaucoup » plus dangereuses et plus incertaines quele doigt prudem- » ment dirigé. »
Pour lui on doit toujours employer les injections intrautérines ; elles ont une action mécanique efficace en entrainant hors de l'utérus les débris du placenta : de plus quand elles sont faites très chaudes, elles excitent la matrice à se contracter et expulser le corps étranger qu’elle contient.
La dilatation avec l'éponge préparée ou un ballon de caoutchouc fait l’orifice de tampon, arrête l’hémorrhagie et sollicite les contractions utérines. | :
Somme toute, Guéniot conseille les injections intrautérines, la dilatation et le décollement digital. Ce n’est que dans des cas rares et difficiles qu’il a recours à une opération instrumentale.
Guéniot conseille donc la pratique la plus généralement
(1) Cazeaux. — Traité de l’art des accoucheurs, revu par J'arnier. Paris 1878.
(2) Guéniot, — Balletin de thérapeutique. 1861, page 305. De la
délivrance dans l'avortement.
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admise en France à cette époque (1867) ; mais depuis quelques années déjà, les chirurgiens allemands, mettant à profit l'invention de Récamier (1) s’ingéniaient à débarrasser l’utérus de son contenu par tous les moyens y compris Je raclage de la muqueuse utérine.
E. Martin (2) avait déjà proposé en 1859 l'intervention active dans lés cas de rétention des annexes.
Osiander (1) et Scanzoni (2) partagèrent son avis ; J. Veit (3) allait même plus loin et terminait toujours l’opération par une injection inlra-utérine de perchlorure de fer.
Pendant que cette doctrine s’enracinait en Allemagne, les accoucheurs anglais restaient sur la réserve. Aussi: dans la discussion du 1% mai 1861 à la société obstétricale de Londres, Priestley (4) déclarait que la question était encore à l’étude ; mais qu’à son avis, l’intervention, sans être la règle, pouvait être employée sans trop d’inconvénients.
Burns cependant préfère les injections intra-utérines aux tentatives trop promptes et trop brusques.
A partir dece moment, la question sera clairement posée : les accoucheurs adopteront une conduite variable, . mais qui ne sortira pas de deux alternatives :
4° Ou ils feront de l’expectation armée avec des injections intra-utérines antiseptiques. |
(1) Récamier. — Annales de thérapeutique. Août 1846. (2) E. Martin. — Monatschrift. Bd XIV.
(3) Osiander. — Ursachen und Ulfanzeigen, etc. {4} Scanzoni. — Geburtshülfe, 1855.
(5) Veit. — Der thérapie der Verhalting der Eiresten, etc.
(6) Priestley. — Transact: of the Obstetric Sociéty-London 1861. Hamon 4