LE AT
» Ce moyen de traction donne des résultats variables. Il est impossible de savoir si c'est le tiers ou le quart de la force déployée qui est transmise au levier à mettre en mouvement, et par conséquent si cette partie inconnue est suffisante pour vaincre les résistances accidentelles et inévitables.
» C’est donc un moyen incertain. »
Il. — Traction sur les saillies osseuses.
La traction sur les saïllies osseuses par l'intermédiaire des parties molles est réalisée par divers appareils; dans certains cas, la traction est exercée sur le pied, c’est le cas de la bottine plâtrée d'Hennequin et du soulier d’Ombrédanne. Comme l’a dit Rouvillois, ces procédés sont excellents pour les fractures de jambe, mais pour la cuisse ils ont le gros inconvénient d’agir par l'intermédiaire des deux articulations du cou-de-pied et du genou, qui peuvent devenir le siège de graves dislocations.
La traction au niveau du genou a été réalisée par la cravate de Hennequin; c’est un bon appareil qui réalise l’extension avec le genou fléchi, mais ne permet pas d'obtenir une traction très importante.
Comme l’a dit Hennequin, toute pression pour être tolérée et inofflensive pendant longtemps, demande à être répartie sur une grande étendue.
Or, le point d'appui de la traction par la cravate est réduit à une surface minime, représentée par la partie postérosupérieure du mollet; il en résulte des compressions vasculaires et nerveuses, de l’œdème du membre, des douleurs, dès qu’on élève le poids de la traction au delà de 5 kilos.
La cravate d'Hennequin n'agit pas, comme on pourrait le supposer au premier abord, sur la saillie condylienne; en réalité, la traction s'exerce sur la face postérieure du mollet et n'agit sur le fragment inférieur du fémur que par l’intermédiaire des ligaments de l’articulation du genou.
Quant au point d'appui que l’on peut prendre sur les con dyles fémoraux avec des colliers constitués avec des bandes ou du plâtre, c’est une bonne méthode qui permet d'obtenir une traction efficace sur le fragment inférieur. Malheureusement, ces colliers sont rarement supportés; au bout de quelques jours, le malade souffre, les téguments sont altérés et on est obligé d'enlever. l'extension; le collier s’est transformé en un garot.