REP
Une radiographie de face montre aussi un déplacement latéral, et le fragment diaphysaire a glissé sur la face externe de l’épiphyse.
Le 20 septembre, soit seize jours après la fracture, sous rachianesthésie, on met une broche de Steinmann au marteau et on installe le malade dans un appareil de Rouvillois, alors qu'il est encore sous l'effet de l’anesthésie. On place la cuisse en flexion de 60 degrés sur le bassin et la jambe à 90 degrés sur la cuisse; on met tout d’abord une traction de 5 kilos. Après quinze jours d'extension, la réduction n'étant pas complète, comme le montre une radiographie faite au lit du malade, on augmente la traction de 3-kilos et on la porte à 8 kilos; quinze jours plus tard, une’ nouvelle radiographie montre que la réduction a été obtenue, les fragments sont presque bout à bout, et il existe déjà un cal. On maintient l’extension pendant encore un mois et on enlève la broche au bout de soixante-dix jours. À ce moment, le malade commençait à se plaindre de sa broche, et on a constaté en l’enlevant qu'elle avait cheminé au niveau de la face interne du émur, sur une distance d'environ un centimètre. Il existe un peu de suppuration, ce qui nécessite quelques pansements, mais la guérison de la plaie due à la broche se fait sans autre incident. On commence le massage et on continue la mobilisation.
Le 15 janvier, le malade commence à se lever.
Le résultat anatomique n’est pas parfait, car on a obtenu de l’hypercorrection; les deux fragments supérieur et inférieur forment un angle ouvert en arrière, et de plus il existe une légère déviation en abduction du fragment inférieur sur le fragment supérieur.
Le genou est assez raide, sa mobilité ne dépasse pas 80 degrés, il est probable que ce malade a fait une arthrite à bas bruit sans température, arthrite qui s’est produite tardivement: la broche, ayant cheminé dans l'os, a dû atteindre le cul-de-sae de l’articuülation.
Bien que le résultat ne soit pas très bon, cette observalion est intéressante. Ce malade présentait une fracture très grave, avec un chevauchement des fragments atteignant 12 centimètres; cette méthode d'extension a permis d'obtenir
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le bout-à-bout, ce qui n'aurait jamais pu être obtenu par une autre méthode orthopédique.
L’échec dans le résultat final est la conséquence de plusieurs erreurs qui ont été commises dans la conduite du traitement :
1° On a donné à l’appare une abduction exagérée, ce qui a provoqué la consolidation avec angulation à sinus externe;
2° On à laissé la broche beaucoup trop longtemps; le malade présentait un cal depuis plus d’un mois quand on l’a retirée. C’est la présence trop prolongée de cette broche qui à été la cause de tous les accidents articulaires.