OBSERVATION XVI
(Clinique chirurgicale du Professeur BÉéGouIx.)
C... (Proserpine), 75 ans, est admise d’urgence salle 8, le 4 mars 1930, pour fracture de cuisse consécutive à une chute dans les escaliers.
Radiographie. — Fracture sous-trochantérienne.
Jl s’agit d’une malade âgée, présentant des signes de bronchite
qui tousse un peu et présente de la tendance aux
aux deux bases, escarres.
Devant ce mauvais état général, on applique tout d’abord une extension cutanée avec du francoplaste, et la malade est immobilisée par un appareil de Tillaux, en plaçant le membre en abduction. Cet appareil ne permet pas de corriger le déplacement, il persiste un raccoureissement de 4 centimètres. On décide alors de pratiquer une extension avec une broche.
Pose de la broche sous rachianesthésie, le 26 mars 1930, soit douze jours après la fracture. La malade est immobilisée dans un appareil de fortune constitué par une attelle de Thomas eoudé. La malade supporte bien l'extension, et dès les premiers jours, on
DER pres
commence la mobilisation du genou, en plaçant la jambe tantôt en flexion, tantôt en extension. La broche est parfaitement tolérée, on l’enlève le 5 mai, soit quarante jours après; il n'y a pas la moindre infection, la malade à un bon état général, mais 11 persiste des signes de bronchite aux deux bases.
On sent très nettement à la palpation un volumineux cal de la srosseur du poing. La malade présente une petite escarre sacrée.
Le 9 juin, alors que la fracture est parfaitement consolidée, la malade présente une fièvre à 38 degrés, l’état général a décliné, la langue est sèche. Au niveau des orifices d’entrée et de sortie de la broche, qui ne sont pas encore cicatrisés, persiste une lymphangite, surtout accentuée du côté externe, et l'exploration au stylet conduit sur un contact osseux. Cette infection locale s'étend le jour suivant, la fièvre est marquée, la malade délire, et, le 2 juillet, le Docteur Magendie incise un vaste abcès de la loge postérieure de la cuisse.
Décès le 8 juillet.
OBSERVATION XVIL
(Clinique chirurgicale du Professeur BéGounx.)
B... (Antoine), âgé de 67 ans, exerçant la profession de cocher, tombe du 2*étage d’une maison sur le côté droit. Relevé et amené à l'hôpital, le 16 février 1931, il est admis: salle 17. On constate une fracture de l’extrémité supérieure du fémur.
La radiographie précise qu'il s’agit d’une fracture sous-trochantérienne à trois fragments. Il existe un déplacement important, le fragment supérieur est en abduction et rotation externe, il comprend la tête, le col du fémur et le grand trochanter. Le fragment diaphysaire fait un angle d'environ 30 degrés avec le fragment supérieur. Le fragment intermédiaire est constitué par une grande esquille comprenant le petit trochanter et une grande lame de la face interne de la diaphyse.
A son entrée à l'hôpital, le malade est choqué; pendant les trois premiers jours il présente de l'agitation et du délire, ce qui nécessite l'administration de bromure.
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Le 20 février 1931, soit quatre jours après la fracture, on place une broche de Steinmann sous rachianesthésie. Le malade étant toujours sous l'effet de la rachianesthésie, on l’immobilise dans un appareil de Rouvillois, la cuisse étant en abduction de 30 degrés et légèrement fléchie sur le bassin, La jambe est placée tantôt en flexion, Lantôt en extension pour mobiliser le genou.
La traction est portée en quelques jours à 12 kilos, elle est très bien supportée, le malade va bien, l’état général est parfait, la température se maintient aux environs de 37 degrés.
Le 16 mars 1931, soit un mois plus tard, le malade présente brusquement une poussée de température à 38°8. L'examen du membre ne permet pas d'expliquer cette température, il n'y a pas de trace d'infection au niveau de la broche et après avoir défait le pansement, on constate qu'il n’y a pas de suppuration. Il n’y à pas de signe d’arthrite suppurée du genou, la mobilisation de la jambe n’est pas douloureuse; au niveau du foyer de fracture, on sent nettement la présence d’un gros cal. La température restant élevée les jours suivants, dans le doute on enlève l'appareil le 18 mars 1931.
L'examen complet du malade montre qu'il s’agit d’une affection pulmonaire, gros foyers avec gros souffles et râles crépitants que le traitement médical aussitôt instauré n’améliore pas, et le malade meurt le 23 mars 1931.
En résumé, il s’agit d’une fracture sous-trochantérienne à trois fragments, avec gros déplacement, qui avait été très bien réduite et avait consolidé en un mois à la suite de l’appareillage par une broche; le malade a été emporté par une affection pulmonaire complètement indépendante de sa fracture.
Ce décès est en somme accidentel, mais il faut se rappeler que l’on avait affaire à un malade âgé, éthylhique probable, avec état général assez délicient, et le décubitus dorsal nécessaire pour l’appareillage n'a fait que faciliter cette complication pulmonaire.