RESULTATS
Tous ceux qui ont employé la broche de Steinmann sont unanimes à reconnaître qu’elle est d'habitude bien tolérée et qu’elle ne provoque que des douleurs très supportables, tout au moins si l’on n’exagère pas la traction et si on ne dépasse pas le poids de 12 kilos. Cette méthode d'extension est beaucoup mieux supportée que l’appareil de Thomas ou la cravate d'Hennequin. Elle permet d'obtenir une meilleure réduction du chevauchement et, dans la plupart des cas, si le malade a été bien surveillé, on peut obtenir le bout-à-bout. En tout cas, dans aucune de nos observations, on ne note de raccourcissement important du membre; le plus souvent, il est de 1 à 2 centimètres, ce qui est en somme négligeable.
Nous avons classé nos résultats suivant trois types de fractures qu’on observe le plus fréquemment au niveau du fémur :
4° Les fractures diaphysaires; 2° Les fractures sus-condyliennes; 3° Les fractures sous-trochantériennes.
1° FRACTURES DE LA DIAPHYSE. — Dans les nombreux cas de fractures diaphysaires où nous avons eu recours à cette méthode (onze observations), nous avons presque toujours obtenu un excellent résultat anatomique et fonctionnel. La correction du déplacement a été satisfaisante dans la majorité des cas, et même quelquefois le bout-à-bout a été obtenu.
Or
Nos malades ont toujours guéri avec un raccourcissement minime de l’ordre de 4 à 2 centimètres. Dans un cas (obs. IT), la Consolidation a été obtenue avec angulation à sinus externe : il s'agissait d’une fracture de la partie basse de la diaphyse avec déplacement en abduction du fragment supérieur.
Pour corriger cette déviation, on a placé le membre en abduction, mais on a obtenu l'hypercorrection. Il y aurait intérêt dans les fractures basses de la diaphyse à ne pas donner d’abduction à l'appareil de Rouvillois pour éviter cet accident.
Quant à la récupération de l'articulation du genou, elle a été excellente dans la majorité des cas. Le malade ne conserve d'habitude qu’une très légère diminution de la flexion, et quelques-uns sont capables de s’accronpir touchant leurs talons avec les fesses.
Nous n'avons eu qu'un échec (obs. VI), il s’agit d’une arthrite suppurée du genou qui s’est terminée par ankylose.
2° FRACTURES SUS-CONDYLIENNES. — Dans nos quatre observations de fractures sus-condyliennes, nos résultats ne font que confirmer ceux qui ont été obtenus par Fresson pendant la guerre. Le résultat fonctionnel a toujours été satisfaisant.
Dans quelques cas (obs. XI), on à obtenu une consolidation en hypocorrection, le fragment supérieur et le fragment inférieur font un angle ouvert en arrière. Cette hypercorreetion ne gêne pas considérablement le malade, mais elle l'oblige à marcher sur la pointe du pied. Cette consolidation en hypercorrection a été d’ailleurs obtenue quelquelois par Fresson, qui le signale dans quelques-unes de ces 47 observations. Il y a lieu par conséquent d'y faire attention. Mais il faut dire que, dans le cas de notre malade de l’observation XIIL, c'est une des premières broches que nous ayons placée, nous n'avions pas alors léxpérience de la méthode et, surtout, nous ne disposions pas à ce moment de l’appareil de suspension de Rouvillois; le malade muni de la bro-
RE
che avait été immobilisé dans un appareil de fortune conslitué par une attelle de Thomas coudée.
Dans deux observations (obs. XII et XIV), le résultat a été excellent; il s'agissait dans les deux cas de sujets assez âgés : l'un déjà infirme, l’autre obèse, avec fractures comminutives s’accompagnant de l'éclatement de l'extrémité inférieure du fémur; quatre mois après leur fracture, ces malades marchaient pliaient le genou à plus de 90 degrés avec un raccourcissement négligeable du membre.
Nous avons eu un mauvais résultat (obs. XV); il s'agissait d'une fracture ouverte avec déplacement formidable, cette méthode de traction a permis d'obtenir le bout-à-bout, mais là encore on a obtenu de l’hypercorrection avec légère angulation ouverte en arrière, Dans ce cas, en outre, la broche a cheminé dans l’os et a produit une arthrite à bas bruit en lésant probablement secondairement le cul-de-sac de l’articulation. Elle avait été laissée en place trop longtemps, plus de deux mois; elle avait été placée au marteau et on peut se demander s'il ne s'était pas produit une petite fêlure au niveau du condyle interne, comme nous l’avons souvent constaté au cours de notre expérimentation, car c’est surtout au niveau de ce condyle que la broche a cheminé dans l'os.
3° FRACTURES SOUS-TROCHANTÉRIENNES. — Nous n'avons que deux observations de fractures sous-trochantériennes traitées par cette méthode. On corrige d'habitude très bien la déviation, et dorénavant nous nous proposons de l’employer quand nous serons en présence de cette variété de fracture.
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