CHAPITRE II
Manuel Opératoire
Nous n'avons en vue ici que le manuel] opératoire de la suture osseuse, les autres procédés, enchevillement, ligature, engainement des fragments dans un cyliadre osseux, sont en effet des procédés d’excep= tion ou de nécessité et semblent infidèles dans leurs résultats. Cependant, la ligature jointe à la suture est appelée à rendre souvent de réels services.
Le malade étant soumis à l’anesthésie et les précautions antiseptiques usuelles étant prises, voici comment nous comprenons le manuel opératoire de la suture osseuse.
Premier temps. — I faut faire sur la face supérieure de los une longue incision des téguments : cette incision doit avoir huil ou dix centimètres environ et son milieu correspondre au trait de la fracture.
d'ire
So
Second temps. — On isole alors les deux extrémités de l'os ; sur la face supérieure et la face antérieure la chose est facile. Sur les faces postérieure et inférieure il importe de prendre des précautions, en raison de la présence du paquet vasculo-nerveux qui, dans la majorité des cas se trouve un peu en dedans du trait de la fracture. On saisit alors avec un davier de Farabeuf l'extrémité d’un des fragments et on exerce sur lui une traction qui le porte en haut. Alors, armé d'une rugine courbe, on sépare la face inférieure des attaches du muscle sous-clavier.
On opère de même ensuite pour l’autre fragment. Il importe d’aller à petits coups, l'os étant bien fixé pour ne pas faire d’échappée.
Troisième temps. — Perforation de l'os et passage du ou des fils d'argent. On pourra se servir pour cette opération du perforateur à volant. Si on ne pose qu'un fil il faudra faire tout son possible pour que sa direction soit telle qu'il vienne croiser le trait de fracture à angle droit, la suture oblique au trait de fracture n’assurant pas une immobilité suffisante.
Pour pratiquer la suture, d’après le procédé du Docteur Hennequin, on perfore les fragments mis en contact parfait, on passe un fil double dont on laisse l’anse en avant ; puis on fait passer les deux extrémités du fil l’une au-dessus, l’autre au-dessous de los, on les fait pénétrer en les croisant dans l'anse, on
UE
sert fortement et l’on tord les extrémités du fil qu’on sectionne aussi ras que possible. |
Ajoutons qu'il sera souvent utile de poser deux fils ou de joindre la ligature à la suture (cas du Docteur Sébileau) car il importe de s’assurer que la coaptation des fragments restera parfaite après l’opération.
Quatrième temps. — La suture du périoste étant facultative, ce temps ne comprend strictement que la suture de la peau sans drainage.
L'opération terminée on immobilisera le membre dans un appareil plâtré pendant vingt jours environ.à moins de complications extrêmement rares qui pourraient nécessiter de l'enlever plus tôt.
L'appareil enlevé au bout de ce temps, on commencera immédiatement à faire exécuter au membre opéré des mouvements progressifs.