‹ Contribution à l'étude du traitement des fractures de la claviculeChapitre 16 sur 18 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation 1 (Inédite)

Fracture de la clavicule gauche, comminulive.— Réunion opératoire. — Ablalion dune grosse esquille intermédiaire, enclavement el ligalure des fragments.

A..., {1 ans, tailleur de pierres, entre à l'hôpital Beaujon, salle Robert, n° 39, le 18 novembre 1895, avec une fracture de la clavicule gauche. À

L'accident a eu lieu la veille au cours d’une violente chute sur l'épaule gauche. L'impotence du membre est complète, la douleur très vive au moindre mouvement,

Ep)

La région est très déformée, et un relief irrégulier, occupant à peu près le milieu de l'os, montre le niveau de la fracture ; on sent en ce point une grosse et multiple crépitation, et l’on acquiert aisément la preuve qu'il s'agit d’une fracture comminutive.

Il n’y a pas signe de lésions nerveuses, mais le caractère de la brisure, le raccourcissement de la clavicule, la multiplicité probable des fragments et le cal volumineux

qui devra s'en suivre, paraissent des indications très nettes de la suture osseuse.

L'intervention est pratiquée le 20 novembre sous l’éther, Une longue incision, d'environ sept centimètres est faite sur le bord antérieur de l'os : on découvre tout de suite le foyer de fracture, et, après avoir évacué le sang et les caillots, on reconnait la présence de deux fragments principaux, irrégulièrement coupés, et d’une grosse esquille large de 1 centimètre et demi, prélevée en coin aux dépens de la face antérieure et complètement détachée: quelques brides périostiques seules la retiennent encore, mais de façon Si précaire qu’elle tombe d'elle-même sous le doigt.

L'extrémité des deux fragments, très oblique et fissurée en long se prête peu à une perforation régulière : de plus, le perforateur à volant dont on s'était servi avec avantage chez un précédent malade et qu’on voulait utiliser de nouveau ne fonctionne qu'imparfaitement. Aussi prend on le parti de creuser une cavité avec la pince gouje, sur le fragment interne, le plus épais et d'y enclaver l'extrémité amincie du fragment externe ; puis une anse de fil d'argent est passée autour des deux extré-

mités osseuses accolées et coaptées aussi complètement que

possible ; les deux bouts de l’anse sont tordus et la ligature serrée très fortement.

C’est donc une ligature simple, c'est-à-dire un mode de réunion en général peu satisfaisant ; mais combiné à l’enclavement partiel qu'on avait d’abord réalisé, elle semble donner un résultat suffisant et la « stabilité » est bien solide.

Le fil d'argent est coupé ras le nœud ; un surjet de catgut réunit le périoste et le plan fibreux péri-claviculaire. On pratique la réunion cutanée totale sans drain.

Le membre supérieur est immobilisé dans un appareil plètré. Les suites de l'intervention furent simples.

Au 26° jour, l’appareil fut enlevé, la réunion primitive était complète et la consolidation semblait achevée. On cessa l'immobilisation et l’on commença à faire exécuter au malade des mouvements progressifs du membre opéré.

Le 24 décembre, il quittait Phôpital dans un état fonctionnel excellent,

Observation © (1!

(Inédite)

Cal vicieux de la clavicule gauche. — Désordres fonctionneis du membre Supérieur. — Modelage opératoire @u cal. .

W.., 30 ans, boulanger, entre à l'hôpital Beaujon, salle Robert, n° 27, le 8 octobre 1897, se plaignant d'une impotence marquée du bras gauche.

Ces désordres remontent à un mois: ils ont succédé à un accident dont les conséquences et la nature exacte ne semblent pas avoir été tout d'abord reconnues. Le malade était tombé sur l'épaule; quelques jours après, la région étant tuméfiée et douloureuse, il se présentait à une consultation où l’on se serait contenté de lui faire poser des ventouses. Durant quinze jours il lui fut totalement impossible de se servir de son bras, et bien que le gonflement ait peu à peu disparu, les mouvements sont aujourd'hui encore limités et pénibles. Enfin sur la clavicule gauche, un gros relief, un énorme cal, donne tout de suite l'explication de ces troubles fonctionnels.

C'est l'abduction du bras qui réveille surtout les dou-

(1) Cette observation, ainsi que la précédente, nous a été communiquée par M. le D' Lejars ; nous tenons à lui exprimer ici tous nos remerciements.

Page 1