QUELQUES CONSIDERATIONS ANATOMIQUES ET STRUCTURALES DE L’OLECRANE
Dans les deux cas de fracture de la diaphyse humérale que nous rapportons et que nous avons décrits dans le chapitre précédent, le choix du procédé thérapeutique s’est fixé sur la méthode de traitement par extension continue sur le squelette.
C’est sur l’olécrane que devront s’exercer les tractions, ayant pour but la réduction et la contention de la fracture.
Cet os, s1 facilement repérable et dont la dispositioti anatomique permet, en agissant sur lui, d’exercer les fractions, pour ainsi dire, directes sur l’humérus, paraissaient le lieu d’élection pour la transfiction osseuse.
L’olécrane ou la tête du coude est un os, situé directement sous la peau et qui ne présente nullement des rapports intimes avec les organes vasculaires où nerveux, que l’on aurait pu craindre de léser en le transfixant. Le nerf cubital, longeant la gouttière olécranéo-trochléenne, et facilement repérable et le risque de le blesser avec le fil, est pratiquement inexistant.
Dans la position d’extension de l’avant-bras sur le bras, l’olécrane accroche directement l’épiphyse infé-
note
rieure de l’humérus, réalisant ainsi un prolongement direct du squelette du bras. Dans la position de flexion du coude, l’olécrane, uni à l’humérus par un appareil ligamenteux très résistant, permet la réalisation de tractions, dans l’axe même de l’humérus. C’est cette dernière position que l’on choisit pour la mise en œuvre au traitement par l’exension continue sur le squelette. Elle a l’inconvénient de provoquer quelques fois des douleurs, dues à un étirement des ligaments, et de créer un certain degré de raideur articulaire, d’ailleurs passagère, mais elle a le grand avantage d’être bien supporté par le malade.
Au point de vue de son architecture, l’olécrane paraît être l’épanouissement du bord postérieur du cubitus; dont il continue la direction. L’extrémité supérieure du cubitus est constituée par du tissu spongieux, qui est relativement dense au niveau des deux apophyses coronoïde et olécranienne. Les travées osseuses, au voisinage du corps de l’os, forment des ogives, qui se superposent au-dessus du canal médullaire. Plus haut, dans l’épaisseur même des apophyses olécranienne et coronoïde, on distingue deux sortes de travées, les unes ascendantes (verticales ou plus ou moins obliques), les autres transversales, s’entrecroisant avec les premières sous les angles les plus divers.
Cette conformation intérieure de l’olécrane en fait un os relativement résistant, ce qui a fait supposer qu’il s’opposerait avec succès à l’action du fil et de l’appareil de traction.
Nous verrons plus tard qu’il n’en est pas toujours ainsi.