‹ Contribution à l'étude du traitement des gangrènes par artérites par la méthode de SilbertChapitre 13 sur 32 · OBSERVATION DE M. CARCASSONNE N · texte numérisé non relu

OBSERVATION DE M. CARCASSONNE N

M. L., 37 ans, phénomènes douloureux à type claudication intermittente du mollet droit ayant précédé l’apparition d’une plaque de gangrène au niveau de l’extrémité du petit orteil droit.

Malade maigre, sans antécédents. N’a jamais quitté la France,

L'histoire actuelle remonte à trois ans. Crises douloureu-

ses du membre inférieur droit avec petites réactions thermiques. \ .

Depuis quinze jours, après une crise plus violente, l’orteii est devenu violet, puis, une plaque noirâtre est apparue à l'extrémité. Pied cyanique. Ces douleurs du membre inférieur droit sont, en réalité, généralisées à tous les autres membres et, en particulier, les deux bras sont le siège de crises asphyxiques très marquées.

B. W. : négatif ; glycémie : 0,95 ; calcémie : 0,105.

Indice oscillométrique persistant à droite, mais sujet à de nombreuses variations.

Un traitement à l’acécoline prolongé a été pratiqué sans résultat. Actuellement, le malade souffre beaucoup. Sa

AD AE cuisse est douloureuse, surtout au niveau de petits noduies inflammatoires superficiels rouges et sensibles.

Le 11 décembre 1934, injection intraveineuse de la: solution de Silbert. Le soir même, la température monte à 46°2. Le. pouls passe à 140. Les douleurs s’exagèrent. Le malade accuse une sensation d’angoisse. Grands frissons. Etat lipothymique.

Pas d’hémoglobinurie. ;

Le 13 décembre 1934, nouvelle tentative au niveau du bras du côté opposé à cause de la thromboôse veineuse.

Les mêmes phénomênes se reproduisent et le malade refuse une nouvelle injection que, devant la gravité de son état, après l’instillation très lente, je ne saurais imposer.

Ganglicctomie lombaire le 19 décembre 1935.

Amélioration actuelle après chute de la plaque dé gangrène du petit orteil. Persistance de crises douloureuses spasmodiques du côté opposé, mais plus espacées. Les crises du membre supérieur se sont atténuces. |

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ETIOLOGIE ET PATHOGENIE

Les artérites, génératrices des gangrènes, sont une des maladies que nous connaissons le moins, malgré leur fréquence. Tous les auteurs qui se sont occupés de la question, reconnaissent que leur cause réelle reste toujours mystérieuse mais que, cependant, on connaît de nombreuses causes, soit prédisposantes, soit déterminantes, Comme nous le verrons, diverses théories s'affrontent prétendant expliquer leur formation. |

Le traitement que nous préconisons $s ut surtout aux gangrènes par artérites chez les adultes, nous envisagerons seulement dans cette étude les deux variétés anatomiques d’artérites nécrosantes chez l'adulte :

1° La thrombo- AnBete oblitérante, qui est la cause la plus fréquente. à

2° L’artériosclérose juvénile, qui ont, cependant, une étiologie et une pathogénie identiques.

CAUSES PRÉDISPOSANTES

1° La race : Jusqu’à ces dernières années, il était classique de dire que la thrombo-angéite oblitérante était l’apapage de la race israëlite, car les auteurs qui l'avaient décrite

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étaient Russes où Américains ; cette maladie n’avait étér constatée que chez des individus originaires de l'Europe Centrale et de la Russie, Actuellement, nous pouvons affirmer qu’elle est répandue dans le monde entier, qu ’elle n’a aucune localisation géographique et qu’elle n’est- l'apanage ni de certaines races ni de certaines régions : GEMMIL en rapporte des cas chez les nègres et KOYANO en mentionne. de nombreux cas chez les Japonais. La race ne prédispose. donc pas à cette maladie.

2 La misère, les privations, la famine, la mauvaise hygiène ont été considérés comme des conditions fréquen- tes d'apparition de la thrombo-angéite oblitérante ; car les cas de gangrènes spontanées se sont multipliés après la. guerre de 1914-1918 et surtout après la révolution en, Russie. |

3 Le sexe masculin est surtout prédisposé à cette maladie, mais le sexe féminin n’en est pas indemne, puisque SILBERT et MaRCHAK en rapportent des cas chez des femmes ét BORCHARD a même décrit une véritable épidémies familiale atteignant aussi bien les frères que les sœurs dans une même famille. k

4 L'âge adulte entre 25 et 60 ans est l’époque de la vie où l’on voit le plus de gangrènes pe thrombo-angéite oblitérante. é

Plus le malade est jeune, plus la marché envahissante de la maladie est grave.

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