‹ Contribution à l'étude du traitement des gangrènes par artérites par la méthode de SilbertChapitre 14 sur 32 · CAUSES DÉTERMINANTES · texte numérisé non relu

CAUSES DÉTERMINANTES

1° Le froid et les gelures détermineraient une vVaso-Constriction et, par la suite, la formation de la gangrène. C'est pourquoi on a vu un grand nombre de cas de thromboangéite oblitérante après la guerre et la révolution russe où le nombre Le pe selés a été considérable,

2° Les intoxications chroniques, telles que l’ergotisme, Palcooïisme et, surtout, le tabagisme, ont été invoqués comme causes déterminantes. S. SILBERT y attache une importance considérable en raison du spasme vaso-constricteur ct des plaques d’endartérite que produit la nicotine. Ï a d'ailleurs remarqué que 95 % des malades atteints de gangrènes par artérite étaient de gros fumeurs.

Les autres intoxications peuvent servir de point d'appel à des infections. thrombosantes surajoutées.

3° Les troubles du at consécutifs à un dys-

fonctionnement des glandes endocrines ont été considérés comme causes déterminantes par de nombreux auteurs.

4 Les agents infectieux joueraient un rôle A Pétiolo-

-8ie des gangrènes par artérite. Pour BUERGER, on aurait

affaire à un virus. neurotrope, mais il n’a pu le démontrer expérimentalement, Pour d’autres auteurs, comme Lian, Pierre PuEcH, Oscar VrAU et GRÉGOIRE, le rhûmatisme articulaire aigu, la fièvre typhoïde, Ie typhus exanthématique, l’hérédo-syphilis, pourraient être invoqués.

Diverses théories ont été émises pour expliquer le mécanisme de formation de ces gangrènes.

I —— Théories du dysfonctionnement endocrinien : £

1° Von OPPEL et ses élèves avant constaté que le sérum des malades atteints de gangrène spontanée par artérite avait, sur l’oreille du lapin isolée, un plus grand pouvoir vaso-constricteur que le sérum normal, ont attribué ce phénomène à un excès d’adrénaline dû à un hyperfonctionnement des capsules surrénales:

Pour eux, l’hyperadrénalinémie engendrerait des spasmés des parois vasculaires qui, avec les spasmes des vasavasorui conditionneraient certains troubles trophiques des parois, la desquamation de leurs endothéliums, la dégénérescence de la couche musculaire et, finalement, la throm-

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bose. De plus, certains auteurs ont découvert un épaississement de la couche pigmentaire des surrénales (LIALIN), une hyperplasie corticale (BORGOMOLETZ, ABRIKOSSOF, GORTBERG, VITOUCHINSKI) afin de faire reposer cette théorie sur une base anatomique.

Sans doute, l’adrénaline existe dans le sang à des doses très infinitésimales, mais il est si difficile de la doser, qu’on n’a pas pu dire sûrement s’il y a excès d’adrénaline et qu’on n’a pas pu vérifier les expériences d'OPPEL, ainsi que celles d'ORNATSKI et de MAGNuSs, qui cherchent à démontrer l’action de l'hyperadrénalinémie dans la thrombo-angéite oblitérante. On a cherché aussi à prouver le bien-fondé de cette théorie de l’hyperadrénalinémie grâce aux résultats obtenus par la surrénalectomie. Maïs certains auteurs ont démontré que la surrénalectomie peut agir uniquement par la suppression . d’un maillon d’une chaîne dont le premier maillon est ailleurs dans une autre glande, peut-être dans la parathyroïde et, qu'au fond, l’ablation de la surrénale agit par action sur le sympathique.

M. CARCASSONNE (de Marseille) n’a- t-il pas obtenu un ré-. sultat identique à cAui obtenu par la surrénalectomie dans une tentative infructueuse de surrénalectomie, puisque l’examen histologique a révélé qu’il n’y avait aucune trace de tissu surrénal dans le fragment enlevé. L’hyperadrénali-

némie, à elle seule, ne peut donc pas expliquer la cause de

l’artérite génératrice de la gangrène.

2° Il y a deux ans, Basrai et DoGLiorni, ont mis en évidence que la fonction parathyroïdienne joue un rôle considérable dans la physiopathologie des vaisseaux et des capillaires.

Ils ont relevé PE dans les endartérites oblitérantes une augmentation plus où moins remarquable de la calcémie au-dessus des chiffres normaux. Il était logique de rapprocher ce fait d’un hyperfonctionnement des para: thyroïdes, car, die l'hyperparathyroïdie et, respective-

ment, la parathormone, sont à même d'augmenter le taux du calcium sanguin. Dans ces conditions, ils ont supposé que l’hyperactivité parathyroïdienne, en tant que cause de Phypercalcémie, provoquait une exagération de la stimulation du système sympathique qui se traduit, pour les vaisseaux, en une augmentation de la fonction vaso-motrice, par conséquent en un angiospasme qui est à la base de l’étiopathologie des endartérites. La mobilisation très accentuée du calcium dans,les os va augmenter le taux du calcium dans le sang et dans les tissus. Il est bien facile de présumer une augmentation proportionnelle de la par-

- tie ionisée du même élément, l’ion Ca, auquel on doit l’ac-

tivité de cet élément dans l’organisme. Cette augmentation amène un changement de l’équilibre neuro-végétatif avec

-prédominance du tonus sympathique ; et, cela, pour plu-

sieurs causes. En premier lieu, à cause de Paction directe sympathicotonique de lion Ca ; en deuxième lieu, parce que d'autres éléments à action sympathicotonique, l’adrénaline par exemple, deviennent plus actifs dans un milieu riche en calcium ; et, enfin, parce que l’action du calcium stimule la fonction surrénale, d’où une plus abondante sécrétion d’adrénaline, d’où augmentation du tonus sympathique qui agit à son tour sur lorganisme entier. On observe une augmentation de la contractilité qui pourra même ‘devenir permanente et une augmentation de l’état angiospastique. BINET et WELLER ont signalé que les surrénales des chiens privés des parathyroïdes ne contiennent plus d’adrénaline.

À l’appui de cette théorie, les auteurs rapportent les résultats obtenus à la suite de la parathyroïdectomie ou de la thyroïdectomie partielle. Ils ont constaté : un abaïssement plus ou moins manifeste de la calcémie jusqu’à des chiffres normaux, une cessation immédiate des douleurs, même les plus intenses et datant de très longtemps, une augmentation subjective et objective de la température

CET D RP iocale des parties atteintes et une augmentation de la sécré-. tion sudorale, une délimitation et une guérison quelquefois avec une surprenante r rapidité, de plaies ayant résisté aux traitements, enfin un abaissement de la pression artériclle s’il y avait hypertension auparavant.

Pour l'instant, la seule objection que l’on puisse formuler à l’égard de cette théorie, est son manque de contrôle car elle est trop récente, ainsi que le trop petit nombre de cas qui ont pu bénéficier de la parathyroïdectomie.

3° À la suite des expériences du physiologiste SÉPHIROFF, À MARCHAK, a émis l'hypothèse que l’endartérite oblitérante pourrait être due à l'absence d’une hormone sexuelle. On sait que chez l’homme normal les deux hormones maseuline et féminine se trouvent en quantité presque égale or, chez les malades atteints de thrombo-angéite oblitérante, l'hormone féminine manque presque totalement et l’hormone masculine se trouve en quantité très diminuée. Lorsque l'hormone du sexe opposé manque chez un ani-

mal, elle détermine chez celui-ci des signes identiques. Une

souris mâle perd sa queue si-on nettoie soigneusement à l’alcoo!l la cage où elle se trouve avec une femelle, car elle 1 trouve les hormones du sexe opposé dans les excréments de! la femelle. Les lésions que lon trouve dans la queue spontanément amputée ressemblent à celles d’une endartérite. | Le traitement de l’endartérite oblitérante par les extraits Ovariens ou les injections de sang de femme viennent à l appui de cette théorie!

I. — Théorie de l'hypertonie sympathique 5 de Pour R. LERICHE et R: FONTAINE, dès que la thrombose s’est produite dans une artère, il y a une apparition de spasmes au niveau des artères collatérales. Cet élément. spasmodique serait dû, d’une part, à la continuation dus trouble endocrinien, d'autre part, aux réflexes vaso-cons-

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trictifs qui partent de la ‘paroi artérielle oblitérée ‘quand le travail d'organisation inflammatoire atteint l’adventice, IL y aurait aiors une irritabilité globale du sympathique vaso-moteur qui expliquerait les récidives qui se sont prodüuites souvent après certains modes de traitement. |

Les réflexes nerveux ayant leur origine dans les parois des: vaisseaux altérés joueraisnt un rôle capital dans la

production, en aval de l’oblitération artérielle constituée,

d’une nouvelle dystrophie vasculaire qui expose les malades à. de nouvelles oblitérations.

Ainsi serait réalisé un cercle vicieux prolongeant et entréténant la maladie. Les symptômes graves n’apparaitraient que lorsque surviendrait un défaut de la circulation collatérale. À Pappui de cette théorie, LERICHE et FoN- TAINE préconisent, le traitement par l’artériectomie combiné à la sympathectomie où la gangliectomie lombaire. Ces modes de traitement comportent des risques et les résultats ne sont pas très probants jusqu'ici.

} À : ‘ . [IT - T'héorte circulatoire :

RoLANDO (de Gênes) veut que lPartérite oblitérante juvenile soit une maladie du système artériel et du cœur gauche et, pour lui, les veines n’y participent que secondairement par propagation de linfection partie des foyers de gangrène. Les candidats à cette maladie présentent une hypoplasie, décelable à la radiographie des gros troncs, totale ou segmentaire ,du système artériel. Le cœur doit compenser par un travail plus énergique le défaut de nutrition des organes. Qu'il survienne un facteur pathologique tel que le froid où une intoxication comme le tabagisme, il s’ensuivra de petits infarius périphériques, des thromboses qui sont à Forigine des premières douleurs.

L'organisation des segments thrombosés va exiger de la part du cœur un excès de travail pour lutter contre

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