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À la période de gangrène confirmée, le diagnostic est facile à faire. Les symptômes primordiaux : douleurs, claudication intermittente, phlébite migratrice, troubles trophiques et accidents de sphacèle permettront de le faire
- sans hésiter. l
Pour confirmer le diagnostic de gangrène par artérite,
, on se servira de l’oscillomètre de Pachon. L'indice oscillométrique traduit la valeur du calibre vasculaire, mais il ne vise que l’état du tronc artériel principal. Les oblitérations artérielles réduisent les oscillations à la fois dans leur étendue (réduction en longueur de la courbe oscillo-
métrique) et dans leur hauteut (diminution de l'indice oscil-
lométrique). Souvent même, on note une disparition totale des oscillations sur toute l’étendue d’un membre.
Cependant, le Pachon ne nous renseigne pas sur la circulation collatérale. C’est pourquoi il faudra faire des explorations complémentaires pour déterminer le siège et l'importance de l’oblitération artérielle.
On recherchera, en premier lieu, les pulsations artérielles de la pédieuse, de la poplitée et de la fémorale. On essayera l’épreuve de Moscowiez, qui consiste à provoquer une hyperhémie qui s’arrête en regard de l’oblité-
ration artérielle où un peu au-dessus, en enroulant une A à /
bande d’'Esmarch pendant cinq minutes autour du membre et en l’enlevant rapidement.
Certains auteurs préconisent l’épreuve de la raie vasomotrice, d’autres les frictions de la peau à Palcool-éther, d’autres la rechérche de la turgescence des veines superficielles, d’autres enfin Pépreuve thermo-circulatoire de Brooks et JOSTES. |
On a essayé aussi la capillaroscopie, mais cette méthode d'investigation est trop sujette à des causes d'erreurs.
Au cours de ces dernières années, SICARD et FORESTIER ont essayé une nouvelle méthode d'investigation : l’artériographie. Cette méthode consiste à injecter dans l'artère maîtresse du membre une substance opaque aux rayons X : le thorotrast. De nombreux cas de dramatiques complications ont été publiés et on doit considérer que cette méthode sera dangereuse tant qu’on injectera des substances étransères au sang artériel. Le principe est excellent, maïs il ne : semble pas devoir être appliqué encore avec succès.
Pour se rendre compte de la part du spasme vasculaire dans la production de l’artérite, on utilisera une série d'épreuves telles que : la diminution de l’index oscillométrique sous l’influence de la marche, du froid, de certaines irritations cutanées, comme Ja pose du brassard de l’oscillomètre ou l’augmentation de l'index oscillométrique sous l'influence du bain chaud ou de l'injection d’acétylcholine.
Pour pouvoir appliquer avec plus de chances de succès la méthode de traitement que nous préconisons, il serait bon de faire le diagnostic d’artérite avant l’apparition de la gangrène. A la période prémonitoire l'attention du médecin devra être aiguillée vers le diagnostic d’artérite : si le malade aecuse de la fatigue rapide d'yn membre infé-. rieur, des douleurs dans un orteil ou dans la plante du pied, le praticien devra se gardér de porter le diagnostic de rhumatisme chronique, de troubles statiques dus à un pied plat et d’élancements douloureux relevant d’une né-
Ld
à FA vralgie sciatique. Si le gros orteil présente au bord de l’ongle une fissure douloureuse, il ne faudra pas conclure à un ongle incarné banal ; et si, pendant l'hiver, les orteils deviennent sensibles, froids et rouges, on se gardera d’affirmer que ce sont des engelures. IL faudra, en tous cas,
explorer les membres avec l’oscillomètre de Pachon.
Plus tard, quand les troubles vaso- -Mmoteurs ou les petits accidents trophiques dominent le tableau. clinique, le diagnostic doit être fait d’avec une catégorie de névroses vasomotrices simulant les artérites oblitérantes,
La maladie de Raynaud, dans ses formes atypiques, sitgeant aux membres inférieurs et s ’accompagnant de lésions d’artériolite, simule souvent la {hrombo-angéite oblitérante. Les acrocyanoses peuvent être confondues avec le début d’une artérite juvénile, mais le pouls et les oscillations sont conservées.
L’érythromélalgie de Weir-Mitchell peut prêter à confu- sion, mais la rougeur est active et le pouls, de même que les oscillations, sont conservés.
‘ Le sphygmomanomeètre de Pachon seul, permettra de les différencier et une diminution de l'indice oscillométrique - fera admettre l’endartérite oblitérante.
Lorsque les. artériles ont abouti à la gangrène d’un orteil, on fera une analyse d'urine pour savoir si on a affaire à une gangrène diabétique et, grâce aux réactions sérologiques, on saura si la syphilis est à l’origine de lPartérite.
Enfin, dans quelques rares cas d’allure aiguë, la thrombc-angéite chlitérante détermine une gangrène rapide, ex- -tensive, véritablement pseudo-embolique par son début brutal et douloureux. On pourrait penser à une embolie artérielle, mais il n’y a aucune cardiopathie gauche et les oscillations sont supprimées à partir d’une limite nette.
Quand aux gangrènes par artérite aiguë au cours d’une infection générale en évolution : typhus, fièvre typhoïde,