‹ Contribution à l'étude du traitement des gangrènes par artérites par la méthode de SilbertChapitre 8 sur 32 · OBSERVATION DE LOPEZ LOMBA · texte numérisé non relu

OBSERVATION DE LOPEZ LOMBA

Le malade, âgé de 62 ans, vient consulter en octobre 1928, parce qu’il était atteint d’une ulcération, entourée d’une gangrène sèche au troisième orteil du pied droit. Il souffrait à ce niveau de douleurs intenses, aggravées par la marche et avait des crampes au mollet, réalisant le syndrome de la claudication intermittente. Ces symptômes dataient de plusieurs mois. Le malade n’avait comme antécédents pathologiques qu’un diabète léger, découvert six

années auparavant, et des évanouissements sans cause apparente.

Il était grand fumeur.

À l'examen général des organes, on ne constate rien d’anormal, sauf un foie un peu USERS de volume.

Les pressions auscultatoires étaient: à l’humérale et à la

poplitée gäuches: 16 maxima et 7, minima, tandis qu’à la ‘poplitée droite, elles n'étaient que 12,1 maxima et 5,7 mini-

a purs

ma, Le pouls battait à 80, Les urines alcalines contenaient 5 ur. 80 de glucose par litre et donnaient des réactions intenses de sels biliaires et d’urobiline. L

Le malade fut mis sans tarder au régime hypoglycémiant et traité par l'insuline pendant un mois à la’ dose de 60. à 80 unités par jour et par l’acétylcholine à la dose de 0 gr. 40 par jour. Sa glycosurie disparut et sa glycémie descendit de 1 gr. 78 à 1 gr. 24.

En quelques jours, la gangrène fut arrêtée dans son avance, le sillon d'élimination apparut, puis la première phalange de lorteil se détacha presque spontanément. La cicatrisation du moignon, aidée par les injections d’insuline, était complète deux mois après et tout semblait rentré dans l’ordre. Mais ce n’était qu’une rémission et quelques mois après, de nouvelles plaques de gangrène apparurent sur le même pied. |

Le malade consulta d’autres médecins. L’un d’eux dut exciser l’orteil en totalité. Un autre-lui fit des applications de. diathermie sans résultat. Les autres lui proposèrent -l’amputation haute comme unique solution pour son cas.

On lui proposa le traitement de S. SixBerT, On lui fit des injections intraveineuses de sérum salé hypertonique à 5 %, aux doses de 300 cc, deux fois, puis trois fois par semaine pendant trois mois et demi, on constata la guérison des troubles artéritiques qui se maintient encore, c'est-à-dire deux années et demi après ses accidents.

Les pressions auscultatoires furent les suivantes: humérale et poplitée gauches: 1,25 et 6,5; poplitée droite: 9,5 et 4,5 ; tibiales postérieures : gauche : 10 et 5 ; droite : 8,5 et 4

Il avait une bradycardie avec 35 et 50 pulsations. 4.900.000 globules rouges, un temps de coagulation de 12 minutes et la viscosité sanguine était de 5,6.

Le malade a pu guérir parfaitement sans le sacrifice de son membre dont il se sert normalement encore le

18 novembre 1933, c’est-à-dire deux années et demi après

les accidents.

OBSERVATION

due à l'obligeance de Monsieur le Professeur KR. Leibovici

Vient consulter le 3 novembre 1933 por des troubles - d’artérite oblitérante.

Le début clinique remonte à 7 mois auparavant. À AE tantinople, en mars 1933, le malade a été pris d'accidents | de claudication intermittente. L’insuffisance circulatoire était extrême, car il était obligé de s’arrêter au bout de 50 à 60 mètres de marche.

Un médecin consulté parle: d'angio-spasme et donne un traitement.

Quelques semaines après apparaît une petite ulcération entre les deux premiers orteils gauches, ulcération très douloureuse qui se cicatrise spontanément en quelques semaines, réapparaît à nouveau et se cicatrice encore une fois peu à peu.

Malade fatigué. Etat général médiocre, inquiet, tourmenté, dormant mal. C’est un grand fumeur depuis toujours (20 à 30 cigarettes par jour). Depuis qu’il souffre, ül fume, encore davantage. N’est pas: israélite.

À noter que sa profession de vendeur l’oblige à Fier

NI UE on à

RE

debout toute la journée dans une boutique humide di

froide, <

À A er — Diagnostic: Maladie de Buerger. Le pied

gauche est pâle et froid. Ischémie, érythrose de GS vité.

À droite, le Lo est Deroptilel jusqu’à la tibiale pos-

térieure. Par contre, à gauche, on ne sent pas le pouls poplité, ni la pédieuse, ni la tibiale postérieure. ,

Au Pachon : à gauche, E 9.:— 0 à Ja cheville ; 1/4 à la

jarretière;

À droite, I. O: — 6 à la jarretière, 5 à la cheville.

Examen général. = Au Cœur, léger souffle d’insuffi-

sance mitrale Dire compensée. Rien d’anormal

d'un peu de gêne au niveau du Pi

par ailleurs. =

Le malade est mis au traitement de SicgerrT. Les injecuons sont pratiquées par le Docteur KaPanbur. En même feimps il cesse nl et définitivement de fumer.

Repu le 4 décembre 1933, il ne souffre plus. Il dort, H a engraissé de 3 kilos. Il marche plus facilement et peut faire maintenant 150 à 200 mètres avant d’être obligé de s'arrêter. L'amélioration circulatoire commence également à se manifester. Au Pachon : à gauche : L O.

minities oscillations à la chevile; 1/2 à Ja jarretière.

Le traitement est continué patiemment pendant les mois qui suivent.

Revu le 29 janvier 1934. L” amélioration continue. I] peut marcher maintenant une demi-heure sans s'arrêter. I] n’y a plus d'accidents spasmodiques. Il se plaint tout au plus

Au Pachon : à gauche, I. O. — à ja cheville. Les oscillations sont très nettes et très franches.

IF a maintenant engraissé de plus de 5 kilos. Je prescris en plus du traitement de SILBERT des injections d’acétylcholine-yohimbine. ;

Revu le 27 février 1934. — Etat général transformé. Le malade quitte Paris pour retourner dans son pays.

16 juin 1934 - Le malade écrit: € L'état général est aussi satisfaisant que possible ». La première série dinjections hypertoniques faites à Constantinople lui avait provoqué .de fortes réactions fébriles.

Mepuis que sur mon conseil on utilise des solutions stérilisées extemporanément, ces réactions ont cessé.

La

DE PSE

20 juillet 1934. -— Revient me consulter. Marche actuellement sans fatigue pendant plusieurs heures. Reste debout sans souffrir aussi longtemps que cela est nécessaire.

A l'examen au Pachon: amélioration circulatoire indiscutable.

A gauche : à la cheville, IL O — 1,5 au lieu de 0 ; à la jar-

retière 2,5 au lieu de 1/4.

J'envoie le malade faire une cure à Royat. Soigné. par

le docteur BERTHIER qui lui a fait des bains carbo-gazeux, des injections sous-cutanées dè gaz thermaux et une légère cure de boisson,

Le malade repart pour Constantinople en excellent état.

Le 2 janvier 1935 il écrit: « Depuis quatre mois je me

porte toujours aussi bien. La jambe gauche est aussi chaude que la droite. Je ne boite plus. Cependant, les jours

pluvieux et froids je me sens plus facilement fatigué. » Par contre, il y a des jours, écrit-il, « où je sens ma jambe si légère que je me dis être guéri pour. toujours. Mon état général est parfait, je travaille très régulièrement sans mè

fatiguer ». Aie ne | Le 5 juillet 1935, il écrit : « Je ne boite plus comme auparavänt. Aucun nouveau trouble de refroidissement n’est

survenu. L'état général est toujours parfait. L'aspect des

deux jambes est le même. Même couleur, aucune diffé- rence de. température. Au Pachon les oscillations sont inchangées, » Pre st |

En résumé:

Thrombo-angéite oblitérante avec oblitération des artères du membre inférieur gauche à partir de la poplitée.

Suppression du tabac et traitement par. la méthode de SILBERT.

Amélioration considérable équivalant à une guérison clinique se maintenant depuis bientôt 3 ans. a ,

Il convient de noter que le malade a été vu mois après

ah

“Je début clinique de la maladie, par conséquent à la plus

mauvaise période.

À mon avis, s’il reste encore guéri pendant deux ans, on peui presque répondre qu’il ne fera pas d’accidents gancréneux obligeant à une amputaion.

OBSERVATION

due à l'obligeance de M. le Professeur R. Leibovici

M. Charles Scheff.. (35 ans), vient consulter en juin 1935 à la Salpétrière. | |

Début. — Le début de la maladie semble remonter à

3 ans (1932).

l/- A cette époque, le malade accusait:

1° Des crampes dans le membre inférieur gauche, sur-

venant au cours de la marche. Celles-ci augmentaient

| progressivement d'intensité, obligeant le malade à s’arré-

ter. Rapidement, les crampes disparaissaient et la Sri à nouveau était possible;

Des fourmillements* survenant à la marche et au repos; d |

3° Quelques troubles vaso-moteurs, membres froids violacés.

IT. — 11 y a deux ans (1933) apparurent des douleurs très vives dans le gros orteil du pied g gauche, à type d’élancements et de piqûres, survenant électivement pendant la

- nuit, La mise en déclivité atténuait considérablement ces

douleurs. À

Parallèlement apparut une petite escarre au St9s orteil avec suppuration légère. Le malade va consulter le docteur LAURET qui pratique Pablation de l’onêle : douleurs

PO) 1e

intolérables pendant douze heures, mais aucüne amélio-

ration. : | è

JT. -— Le 20 décembre 1934, le malade se décide à en--

trer à l'hôpital Lariboisière (service du docteur SAUVÉ).

Il présentait alors des douleurs extrèmement vives dans

le membre inférieur gauche, s’atténuant lorsqu'il mettait les jambes pendantes sur le bord du Ht. ÿ

La suppuration du gros orteil pérsistait.

Traitement dans le Service du docteur SAUVÉ

—— Sympathectomie ‘fémorale basse le 7 janvier 1935, qui, n’amena aucune amélioration. Acétylcholine. |

Le 28 janvier 1935, on pratique une deuxième sympathectomie fémorale gauche haute qui n’atténua pas les douleurs, mais des phénomènes parétiques apparurent en même temps que :

— des œdèmeés remontant jusqu’au genou:

-— des troubles vaso-moteurs importants:

— membre inférieur gauche violacé et froid.

IV. — Le 5 février 1935, sept ou huit jours après l’apparition de l’œdème on pratique l’amputation du membre

inférieur gauche (au tiers moyen de la cuisse).

Suiles opératoires: suppression totale des douleurs. Em-.

bolie pulmonaire le 8 mars, un mois après l'opération.

Le malade quitte le service en mai 1935, ne présentant

aucune douleur.

V. — Quatre mois environ après l'amputation: Le mala-. de présente des picotements, des fourmillements, des

crampes dans le membre inférieur droit.

Ces symptômes augmentent progressivement d'intensité. |

Pas de troubles cutanés ni de troubles vaso-moteurs: À.ce moment, le malade est envoyé au docteur LEIBOVICT.

Traitement: Suppression du tabac. Injections de SéTUM

hypertenique à 5 % intra-veineuses. Injection de 300 ce.

tous les deux jours. Ce traitement est pratiqué depuis {rois

mois. 1i a amené une amélioration considérable. Atténuation des douleurs. Le malade a engraissé de plusieurs

kilos (5 à 6). *

Antécédents: Fumeur invétéré (deux paquets au moins de cigarettes par jour); aucun antécédent pathologique

“autre. B.-W. négatif.

leurs,

Notons que le malade est. né à Paris de parents 1 non israélites (père alsacien, mère normande).

Revu en mars 193# : La « guérison » se maïntient, le

malade marche « des heures >» sans aucune fatigue, pas

de claudication intermittente, Pas de douleurs, ni diurnes, pi nocturnes. Se déclare guéri.

Dar v one OBSERVATION

due à l'obligeance de M. le Professeur R. Leibovici

M. Arthur Rich», 46 ans.

Le malade entre dans le service de M. le Professeut GossEr pour des douleurs violentes au niveau des orteils, s’accompagnant de plaqués de gangrène au niveau des

deux premiers orteils à droite. ‘

1926. — Dès cette période, jusqu’en 1925, il ressentail des douleurs peu violentes au niveau des orteils, survenant uniquement l'hiver, s’accompagnant d'œdeme peu important au niveau ces pieds. Ces troubles, quoique peu importants gênaient cependant le malade pendant les longues marches. Ils dÉDAARe aient dès les premières cha-

7 ë 1925. Pendant l'hiver de cette année, surviennent des douleurs extrêmement violentes, siégeant au niveau - des orteils, bi-latérales survenant surtout la nuit, lorsque 1:

Aux

ui fee

# A] , . LA A VA PS malade est couché. Elles étaient calmées lorsque les or

teils étaient mis en position déclive. à

D'autre part; après une marche un peu longue, la malade ressentait des douleurs à type de brülure, ‘amenant

une claudication intermittente.

Douleurs et troubles de la marche disparurent pendant

tout l’été de la même année pour réapparaître absolu-

. ment analogues les hivers SuVARS

1928. — Des plaques rouges, luisantes, très douloureuses, apparaissent cet hiver-là au niveau des moblets, pour disparaître aussi pendant l'été.

1929. — Au niveau des malléoles apparaît un œdème, en même temps que, au niveau des gros orteils droit el

gauche, apparaissent des plaques rouges et luisantes extrêmement douloureuses qui bientôt deviennent violacées.. Il se forme alors un sillon de limitation: douleurs et pla-

ques disparaissent pendant lété.

1930. — Les douleurs, et surtout la claudication inter- L

mittente, sont telles que le malade doit cesser tout travail. ne pouvant presque plus rester debout.

Pendant l'été, le malade peut reprendre son travail.

1932. -— Pendant l'hiver, apparition d’ulcères au niveau des jambes, au nombre d’une quinzaine environ, de gros- :

seur variable, depuis celle d’un pois jusqu’à celle d’une

pièce de 1 franc, extrêmement douloureux, avec élimination du tissu nécrosé, ne suppurant pas, laissant une ulcé- 3

ration profonde violacée, à bord taillé à pic.

AAC ES

Soie

Ces ulcérations aussi cicatrisent pendant l’été . tre

1933. =- Au niveau du gros orteil (aux deux pieds), le è

malade remarque un œdème rouge, luisant et aussi extrê-

imement douloureux, un peu calmé cependant par l’em- ploi d’une pommade (?).

Le malade ne peut marcher jusqu? au mois davril: où œdème et douleur disparaissent presque complètement.

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