EXPOSÉ DES OBSERVATIONS
Du 15 novembre 1938 au 1* janvier 1944, nous avons relevé 51 placentas prœvia pour un ensemble de 2.485 accouchements, soit 2,05 %. Nous ne retiendrons que 45 observations, déduction faite de - la période de guerre du 1% septembre 1939 au 1° septembre 1940. Nous éliminerons tout de suite deux cas d’avortement au 5° mois (observations 230 bis de 1939 et 408 de 1943, celle-ci concernant, d’ailleurs, une gémellaire). Les 43 cas restants peuvent être divisés
de la facon suivante :
1° Le diagnostic de placenta prœvia a été fait
» avant l’accouchement ou seulement soupçonné (mais confirmé par l’examen de l’arrière-faix) à cause de l’existence d’hémorragie, mais il n’a entraîné aucune sanction thérapeutique pendant le travail : 15 cas ;
. 2° Le diagnostic de placenta prœvia a été affirmé pendant la grossesse ou seulement au cours du travail, mais l’hémorragie a obligé à intervenir : 28 cas ; F
soit dans 65,11 % des cas de placenta prœvia et
1,51 % du total des accouchements. Ce pourcentage
est plus élevée que la moyenne habituelle qui, comme nous l'avons vu, oscille entre 0,50 et 1. Ce chiffre élevé tient au fait que la Matrenité de l’Hôtel-Dieu reçoit plus spécialement les dystocies.
Compte tenu des observations dé pratique privée que nous avons signalées, les méthodes -obstétricales se sont partagé les indications de là façon suivante :
Rupture large des membranes .... 14
Ballon de Champetier de Ribes ... 2 Version de Braxton-Hicks ........ 1 Version et extraction :.:::...::.% 3)
Les méthodes chirugicales employées furent :
Césarienne haute ......:.... Pi eee 1 Cesare Das EE nee dou 9 Césarienne et hystérectomie ....... 3
Nous envisagerons successivement ces différents traitements et la discussion des observations s’y rapportant.
PROCÉDÉS OBSTÉTRICAUX RE
Rupture large des menbranes
Cette méthode a été mise au point et codifiée par PinarD en 1886. Si MAURICEAU, DEVENTER pratiquaient déjà la rupture des membranes, PINARD a eu le méritè de montrer que, pour être efficace, elle devait être faite largement et qu’on ne devait pas se contenter d’une simple perforation. :
L’écoulement du liquide amniotique diminue. la tension intra-utérine, Il permet à la tête de descendre
et de comprimer le placenta réalisant ainsi l’hémostase. Enfin, il supprime les tractions exercées par les membranes sur les bords du placenta, cause d’hémorragie à chaque contraction.
Le mode opératoire est simple. Il faut d’abord prendre les précautions d’asepsie habituelle à toute manœuvre obstétricale. Par le toucher vaginal, on va à la recherche des membranes que l’on trouvera le plus souvent en haut et à droite, au besoin en s’aidant de valves et en décollant un peu le placenta. On glisse le long de l’index un perforateur ou une branche de pince de Kocher et on déchire largement les membranes. ;
Les avantages de la méthode Pinard résident dans sa simplicité, son innocuité et son efficacité : elle est à la portée de tout médecin praticien et doit être : employée chaque fois qu’elle est possible.
Son indication est formelle dans le cas de :
1° Femme au début du travail, col un peu dilaté ; 2e Hémorragie moyenne et bon état général ;
3° Placenta latéral ou marginal ;
4° Présentation longitudinale.
Ses contre-indications sont surtout tirées de son impossibilité, par exemple : l’absence de tout travail
ou l’existence d’une variété centrale. PINARD affirme
n’avoir pas rencontré de cas où il serait impossible de pénétrer dans l’utérus, car, généralement, il s’agit de multipares, mais il rejette la perforation du placenta. Il faut y adjoindre certaines complications comme les présentations vicieuses et la procidence
du cordon. L’abondance de l’hémorragie qui met immédiatement la vie de la femme en danger nécessite une thérapeutique plus rapide et plus sûrement radicale.
Surtout, nous insisterons sur la nécessité d’opérer aseptiquement, comme il se doit toujours, d’ailleurs. Ainsi, nous ménagerons la possibilité d’autres maneuvres en cas d'échec et, spécialement, la césarienne basse pourra être tentée, si c’est nécessaire. ;
Les résultats sont très bons pour la mère et assez bons pour le fœtus.
PaucorT et REEB, se basant sur un ensemble de 19 statistiques, donnent, en 1933, les chiffres suivants :
Mortalité maternelle ........ 2,40 % Morbidité maternelle ........ 10,40 % Mortalité fœtale:::::27.:.: 34,50 %
Tout dernièrement, les Lyonnais (RoCHET) donnent en 1943 :
Mortalité maternelle ........ | 3,80 % Morbidité maternelle ........ 15,24 7
Mortalité fœtale ............ 19,00